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La voiture électrique chinoise débarque au Canada

Voilà qui est fait. Le gouvernement Carney autorise son homologue chinois à vendre des véhicules électriques sur le marché canadien. Des véhicules de fabrication chinoise, mais qui ne pourront être vendus au-delà des 35 000 $ et dont le nombre d’unités est limité à 49 000. L’entente stipule également que le gouvernement chinois devra investir au Canada pour la fabrication de pièces et/ou de véhicules électriques, de façon à ce que l’industrie automobile canadienne déjà menacée ne souffre pas davantage.

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Peu de détails sur les échéanciers et règles concernant ce dernier point sont pour l’heure dévoilés, mais le gouvernement Carney a selon moi choisi une avenue rassurante pour le Canada qui, inévitablement, allait tôt ou tard permettre la vente de ces véhicules sur notre territoire. Un plafond de 35 000 $ pour 50% des véhicules vendus d'ici à 5 ans permettra aussi aux consommateurs de bénéficier d’offres que les autres constructeurs ne sont pas en mesure de proposer sur le marché actuellement.

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Photo: BYD

Rappelons que pour l’heure, les véhicules électriques les moins coûteux au prix de détail suggéré du manufacturier sont offerts à environ 40 000 $. La Fiat 500e, la nouvelle Kia EV4 et la Chevrolet Bolt 2027, qui effectue un retour sur notre marché. Autrement, les prix grimpent drastiquement. Ainsi, avec un plafond à 35 000 $, les constructeurs chinois devront être créatifs. Cela forcera aussi les constructeurs qui proposent des véhicules à des prix plus élevés à s’ajuster, surtout s’il est question de modèles se trouvant dans un créneau similaire.

Par exemple, en commercialisant un véhicule comme le BYD Atto 3, le constructeur entrerait en compétition directe avec la Chevrolet Bolt, la Nissan Leaf et le futur Toyota C-HR. En effet, s’il y a un constructeur qui risque de s’imposer chez nous, c’est BYD (Build Your Dreams). Le seul constructeur ayant réussi à surpasser à l’échelle mondiale les ventes de véhicules Tesla, ce qui en dit long sur son succès. BYD  est installé partout sur la planète, propose des produits de qualités et compétitifs en matière de prix. On pourrait ainsi bénéficier de modèles comme la Seal, le Seal U et la Dolphin. Et clairement, même si la profitabilité n’est y pas au cours des premières années, BYD n’y verra sans doute pas un enjeu. L’objectif est d’abord de mettre le pied dans l’engrenage, pour ensuite s’installer et gagner la confiance du public. Un exercice qui passera par un réseau de concessionnaires bien établi, une image de marque séduisante et surtout, par une qualité et une fiabilité qui clouerait le bec à tous ceux qui craignent justement que les Chinois ne nous servent que de la camelote.

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Photo: BYD

Soyez-en certains, les produits BYD s’imposeront. Ils l’ont fait partout dans le monde. Et puisque les Canadiens et surtout, les Québécois, sont friands de bonnes valeurs, le public y verra un intérêt. Au point où il se pourrait que les 49 000 unités annuelles ne s’écoulent qu’en quelques mois. Or, une fois installés, les Chinois auront la liberté de renégocier leurs ententes, surtout s’ils font preuve de bonne volonté.

Photo: MG

Pourquoi un plafond à 49 000 unités?

Cela évitera de voir les différents constructeurs chinois s’installer en faisant ce qu’on appelle dans le jargon, du « dumping ». C’est-à-dire, de vendre à perte et à fort volume dans le seul objectif d’inonder le marché pour ensuite l’envahir. Ce n’est évidemment pas ce que souhaite le gouvernement et l’industrie automobile en quête d’équilibre.

Pour vous donner une idée, le constructeur Mazda vendait à lui seul l’an dernier environ 80 000 véhicules au pays. Hyundai en vendait environ 150 000 alors que General Motors en écoulait tout près de 300 000. Même un petit joueur comme Mitsubishi vend plus de 35 000 véhicules annuellement au pays, signifiant ainsi qu’au mieux, deux ou trois constructeurs chinois pourraient d’abord décider de s’installer chez nous dans l’optique de vendre un nombre limité de modèles.

Qu’à cela ne tienne, le seul fait de mettre le pied au pays signifie un changement drastique dans la façon de vendre des véhicules chez nous. Dans un marché alors sans subvention, où plusieurs constructeurs devront s’ajuster et où certaines marques seront davantage menacées. Tesla? Bien sûr. Mais encore plus VinFast, qui vivote en ce moment avec seulement 5 points de vente au pays. Un constructeur où la qualité des produits est inégale et qui déçoit par leur non-réparabilité comme par de multiples vices de conception. Si en 2023, pour VinFast, la disponibilité, le prix et la garantie étaient de bons arguments de ventes, ce n'est plus le cas plus aujourd’hui. Et avec l’arrivée de constructeurs chinois, c’est un peu comme si on clouait le cercueil.

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Quelle est la réelle menace?

Clairement, celle d’une réaction négative de la part de Donald Trump, suite à cette annonce. Comment pourrait-il réagir? Quelles pourraient être les conséquences? De nouveaux tarifs imposés sur les véhicules d’importation canadienne? Qui sait comment cet homme imprévisible et impulsif pourrait réagir? Chose certaine, cela ne va pas améliorer les relations commerciales avec les États-Unis, qui tentent par tous les moyens de limiter leur dépendance à la Chine.

Cela dit, Mark Carney a bien joué ses cartes selon moi . En plafonnant les prix, et limitant le nombre d’unités et surtout, en obligeant la Chine à investir chez nous et à créer des emplois. Et en imposant des règles qui protègent jusqu’à un certain point les joueurs en place comme l’industrie automobile canadienne.

Les Chinois pourraient toutefois être créatifs en contournant certaines règles. Par exemple, en jouant avec l’année-modèle de leurs véhicules pour tenter d’étirer les négociations et ainsi vendre un peu plus d’unités que permis. En diminuant le prix de détail suggéré, mais en imposant des frais de transport démesurés, portant la facture à plus de 40 000 $.

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Aussi, en abaissant drastiquement la valeur résiduelle de leurs véhicules qui selon le contrat, ne pourraient être rachetés par les consommateurs locateurs à la fin du terme. Cela permettrait ainsi de louer à plus fort prix et de récupérer une somme supérieure à la valeur résiduelle lors d’une revente sur un marché d’encan. Une manière d’offrir chez nous des véhicules dont la valeur serait de 40 000 $, voire 50 000 $, mais affichés à 34 999 $...

Bref, un nouveau défi et de nouveaux horizons pour une industrie toujours en mouvement, mais qui au final, profitera sans doute aux consommateurs. Parce qu’on paie toujours de plus en plus cher, faute d’offres alléchantes, et parce que l’arrivée de nouveaux constructeurs chinois va forcer certains constructeurs à revoir leurs stratégies. Ceux-ci pourraient choisir de ramener des véhicules plus simples, plus accessibles, et qui au passage, pourraient eux aussi, être assemblés en Chine.

À voir aussi : les véhicules électriques avec la meilleure autonomie en 2026

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