Smart Fortwo, revue et améliorée?

Lorsqu’une voiture connaît du succès, on a tous le même réflexe : ne pas vouloir que des changements trop importants soient effectués. La Smart a connu un succès inespéré au Canada. Alors qu’on prévoyait en vendre 3000 au cours des trois premières années, on en a vendu trois fois plus. Pour plusieurs, il était donc important que l’on conserve la même silhouette, la même économie de carburant tout en améliorant le rendement du moteur et de la transmission

Mais dans mon esprit, j’avais un doute quant à cette nouvelle génération de la « toute petite ». Après tout, elle serait dorénavant distribuée aux États-Unis via l’empire Penske et je craignais à une américanisation du produit. Cette crainte était d’autant plus forte que le moteur diesel de la première génération faisait place à un moteur trois cylindres de 1,0 litre, mais à essence. J’y voyais là le premier signe d’une dérobade face à l’oncle Roger.

C’est donc avec appréhension que je me suis présenté au lancement de la Smart Fortwo à San José en Californie. Mais au fil des milles, mes craintes se sont dissipées.

En tout premier lieu, les ingénieurs m’ont expliqué que le choix du moteur avait été fait non pas en raison de l’aversion des acheteurs américains pour le diesel, mais tout simplement pour faciliter sa distribution dans les 50 états américains, faute de quoi la Smart n’aurait pu être vendue en Californie par exemple. De plus, le moteur à essence permet d’améliorer les performances - cinq secondes de moins pour le 0-100 km/h- tout en proposant la même économie de carburant. Et sa boîte de vitesse semi automatique n’était plus une transmission à six rapports, ce qui peut paraître être un recul là aussi. Toutefois, à l’usage, il s’agit d’une amélioration tangible. Les hésitations et les délais entre les passages des rapports se sont fortement atténués.

Silhouette familière

Si la mécanique est toute nouvelle, les stylistes se sont contentés de raffiner la silhouette devenue si populaire. En fait, le véhicule a été allongé de 195 mm, ce qui a une incidence positive sur l’empattement qui a progressé de 55 mm tandis que l’espace réservé pour les bagages est plus important. En outre, habitacle est spacieux tandis que le confort est meilleur en raison de l’empattement plus long.

Puisque la configuration de la voiture est identique à la précédente, on retrouve donc avec plaisir un accès à l’habitacle toujours facile grâce aux larges portières. Il faut aussi souligner que les sièges sont confortables en plus d’offrir un excellent support lombaire et latéral. Et si les matériaux de l’habitacle de la première Fortwo étaient de qualité moyenne, ceux de la présente génération leur sont supérieurs tandis que l’insonorisation est également meilleure.

Par contre, le design de la planche de bord est moins original, mais c’est plus homogène et plus pratique. Par exemple, les commandes de la climatisation sont faciles à déchiffrer et à opérer. De plus, le système audio a une sonorité de beaucoup supérieure. Et même si la voiture semble minuscule de l’extérieur, les deux occupants profitent d’un bon dégagement pour les jambes, les coudes et la tête. À première vue, le compartiment à bagages ne semble pas trop grand, mais c’est suffisant pour avaler les bagages de deux personnes pour un voyage de trois à quatre jours.

Pour plusieurs, il semble inconcevable qu’une si petite voiture puisse offrir un minimum de sécurité. Pourtant, des tests d’impact ont démontré que la Smart était la voiture la plus sécuritaire de sa catégorie, surpassant même les résultats obtenus par des véhicules plus gros. Le secret de sa sécurité en cas d’impact est cette plate-forme en acier ultra-rigide qui permet de dissiper l’énergie de l’impact.

Une grande routière ?

Il est certain qu’une voiture au profil aussi vertical et à l’empattement aussi court ne sera pas une championne des autoroutes et sera certainement plus à l’aise dans la circulation urbaine. Par contre, la Smart surprend sur la grande route autant par sa capacité à négocier les courbes à des vitesses légales, mais par sa stabilité par vent latéral. Le pilote ressent la pression éolienne dans le volant, mais la voiture demeure stable. Et il lui faut 16 secondes pour se rendre à 100 km/h départ arrêté, une progression de plus de cinq secondes par rapport à la première génération. Et même si ce n’est pas recommandé, sa vitesse de pointe est de 145 km/h ! Le moteur trois cylindres de 61 chevaux fourni par Mitsubishi est toujours placé devant l’essieu arrière et il accomplit du bon travail même s’il est relativement bruyant au ralenti. Mais l’amélioration la plus notable est la transmission semi automatique qui peut être laissée en mode complètement automatique, activée par le levier de vitesses en passant les rapports manuellement ou encore par l’intermédiaire de palets placés derrière le volant. Les hésitations de la première transmission sont toujours présentes, mais les pauses sont presque imperceptibles alors que c’était vraiment ennuyeux sur une Smart 2007.

Et une fois qu’on a adapté sa conduite à cette transmission, on adopte un rythme qui nous permet d’obtenir des performances correctes. Et le plus important dans tout cela, c’est que la moyenne combinée de cette micro voiture est de 5,4 litres au 100 km. Le modèle le plus économique se vend 14 990$ tandis le cabriolet Passion, la version la plus huppée affiche un prix de détail suggéré 21 250$. Cela comprend un toit en toile rétractable tandis que le coupé Passion - 18 250$ - possède un toit translucide de série. Soulignons en terminant que toutes les versions sont munies de freins ABS et d’un système de stabilité latérale de série. Légèrement plus spacieuse, plus confortable et plus agréable à piloter, la seconde génération de la Smart conserve les attributs qui l’ont rendue si populaire tout en améliorant la motorisation. Ce qui permet de pouvoir aborder les sections d’autoroute sans appréhension. Et il faut souligner en terminant, que sa carrosserie est toujours constituée de panneaux en polymère résistant à la rouille et interchangeables.

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