Mazda RX-8, la sportive assoiffée

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2007

Qu’est-ce qu’elle aime boire celle-là, et du super par surcroît… La Mazda RX-8 est certes une sportive accomplie, mais sa consommation de carburant (et d’huile moteur) joue malheureusement contre elle. Conduire une RX-8 tous les jours, c’est accepter d’évoluer dans deux univers parallèles. En effet, la voiture est agile et rapide lorsqu’on a
l’occasion de rouler sur de belles routes sinueuses, mais il faut également composer avec ses caprices quand il est simplement question de se rendre du point A au point B.

Sur circuit, c’est un scalpel, rien de moins. En fait, la RX-8 a tout pour réussir en conduite sportive. Dans un premier temps, il s’agit d’une voiture légère, ce qui est le premier critère à considérer dans le cas d’une voiture sport. Ajoutez à cela, la localisation du moteur dans sa position centrale-avant qui donne une répartition des masses idéale de 50/50 à la RX-8, et le fait que cette voiture soit équipée de pneus d’origine très performants, et l’on n’est pas loin de l’équation parfaite. Comme la direction est extrêmement précise, la RX-8 est très à l’aise pour le pilotage sur piste où l’on peut faire valoir le caractère pointu et typé de son moteur rotatif en jouant dans les régimes de haute voltige. Et du fait que le levier de vitesse de la boîte manuelle est également un modèle de précision, on ne se lasse pas de changer de vitesse afin d’exploiter pleinement tout le potentiel de performance de la RX-8 sur circuit.

Les aléas du moteur rotatif

Il faut toutefois compter avec un phénomène particulier qui est propre au moteur rotatif : l’absence totale de frein-moteur. C’est la première chose que j’ai notée lors de ma toute première expérience avec ce type de moteur. Expérimentation qui n’a pas eu lieu au volant d’une voiture de série, mais bien au volant d’une Formule Russell Pro Series (maintenant appelée Formule Star Mazda) qui était alors dotée du moteur rotatif de la RX-7 de première génération. Ce principe est encore valide aujourd’hui puisque le relâchement de l’accélérateur de la RX-8 actuelle n’est pas accompagné par un début de ralentissement comme celui que l’on perçoit avec un moteur ordinaire, mais bien par la perception que l’on est en roue libre et qu’il faut tout de suite freiner afin de ralentir. L’autre particularité du moteur rotatif, c’est bien sûr l’absence de couple à bas régime qui oblige le conducteur à toujours pousser le moteur vers les révolutions les plus élevées. Une simple manoeuvre de dépassement sur route secondaire exige donc de rétrograder, parfois jusqu’au troisième rapport, afin de disposer de suffisamment de puissance, contrairement à un moteur habituel avec lequel il suffit des fois d’enfoncer l’accélérateur sans nécessairement avoir à rétrograder.

Comme tous les moteurs rotatifs qui l’ont précédé, le birotor de la RX-8 est lui aussi doté d’un appétit vorace pour les produits pétroliers, non seulement le carburant mais également l’huile moteur... En effet, la consommation d’huile d’un moteur rotatif est nettement plus élevée que celle d’un moteur ordinaire et les acheteurs devraient prendre la bonne habitude de vérifier le niveau d’huile régulièrement en plus de transporter un litre ou deux dans le coffre. Côté style, certains la jugent trop radicale, mais personnellement, je la trouve très réussie, et même si Mazda prétend que la RX-8 peut accueillir quatre adultes à son bord, je vous précise que les claustrophobes devront s’abstenir de voyager à l’arrière.

Moteur rotatif et hydrogène comprimé

Il peut sembler paradoxal de réunir les mots « écologie » et « voiture sport » dans la même phrase, mais c’est pourtant ce que Mazda a fait en créant quelques prototypes de la RX-8 capables de fonctionner à la fois avec de l’essence et de l’hydrogène comprimé. Depuis les débuts de la recherche du constructeur japonais en 1991, les récents prototypes représentent ainsi le neuvième véhicule roulant à l’hydrogène créé par Mazda. Cette RX-8 biénergie est donc dotée de son moteur rotatif habituel qui est alimenté soit par le réservoir à essence ou soit par le réservoir d’hydrogène comprimé qui occupe tout l’espace de chargement de la voiture. L’autonomie de la voiture est d’une centaine de kilomètres lorsqu’elle fonctionne à l’hydrogène et de plus de 400 kilomètres avec l’essence. L’ajout de l’alimentation en hydrogène entraîne également une augmentation du poids de la voiture de l’ordre de 140 kilos, et à l’heure actuelle, deux voitures de ce type circulent au Japon afin de recueillir des données permettant aux ingénieurs de poursuivre leurs recherches.

Pour l’instant, la RX-8 demeure une authentique sportive qui présente les défauts de ses qualités puisque les performances de la voiture sont doublées d’une consommation d’essence et d’huile que l’on ne peut que qualifier d’excessive.

feu vert

Très bonne tenue de route
Précision de la boîte manuelle
Prix intéressant
Moteur inédit
Style réussi

feu rouge

Consommation importante
Faible couple du moteur
Place arrière occasionelles
Visibilité vers l'arrière

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