Lexus RX 300, l'authentique utilitaire de ville

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2003

Il en va des utilitaires sport comme des breuvages de type coolers. En l'espace de quelques années, le marché s'est retrouvé inondé d'une pléthore de nouvelles marques qui, au-delà du fait qu'elles se départagent en quelques catégories, se ressemblent à peu près toutes. Les ingrédients de base étant sensiblement les mêmes, le succès d'une recette devient donc affaire de dosage : et une pincée d'utilitaire par-ci, et une touche de sportivité par-là !

Avec le RX 300, Lexus a mis au point une formule gagnante que la concurrence s'est empressée de reproduire. On y retrouve du luxe, bien sûr, puisque c'est la spécialité de la maison, mais surtout, surtout, un confort et un comportement routier qui sont pratiquement ceux d'une automobile.

Priorité au confort

À la base, le RX 300 utilise un châssis dérivé de celui de la Lexus ES 300 de précédente génération. Le choix d'une caisse autoportante plutôt que d'une carrosserie fixée à une plate-forme permet d'éliminer les craquements dus aux joints et d'absorber plus en douceur les irrégularités de la chaussée. Ajoutons des suspensions indépendantes très souples qui contiennent assez bien les mouvements de caisse, et l'on obtient un comportement aussi civilisé que celui d'une berline? la plupart du temps, car il faut garder en tête que le RX 300 n'en est pas une. Son centre de gravité élevé provoque en effet des inclinaisons assez prononcées en virage, et entraîne un manque de stabilité sur route sinueuse.

Dans la même veine, les pneus Bridgestone, au profil haut et peu performants, ont été retenus en fonction du confort. La mollesse de leur enveloppe nuit à la précision de la direction, qui se révèle de surcroît légère et engourdie, en plus d'être affligée d'un fort diamètre de braquage. La conduite, il fallait s'y attendre, est dénuée de toute sensation, mais la promenade se révèle somme toute agréable tant qu'on respecte les limites du véhicule. Le freinage, adéquat, ne mérite pas de remarque particulière.

Le moteur, un V6 3 litres de 220 chevaux, est le même que celui de l'ES 300, mais il a été modifié afin d'offrir de meilleures reprises à bas régime. Il dispose de 80 % de son couple dès 1 600 tr/min, et se rend pédale au fond à 6 100 tr/min, tout juste 100 tr/min avant la ligne rouge, sans rechigner. Doté du système VVT-i propre à Toyota, c'est une mécanique onctueuse mais sans personnalité, un Universal Japanese Engine aux sonorités peu mélodieuses, mais qui accomplit très efficacement son boulot. Il est bien appuyé par une transmission automatique à 4 rapports qui effectue les changements de vitesse avec douceur et au bon moment. On peut s'attendre à ce que celle-ci hérite éventuellement du 5e rapport dont jouit l'ES 300 depuis l'an dernier, même si la chose apparaît superflue tant la boîte actuelle se montre compétente en toutes circonstances. Ajoutons qu'elle est pourvue d'un mode Neige qui permet de démarrer en 2e vitesse afin de faciliter les départs sur les surfaces glissantes. La possibilité que le RX 300 s'enlise dans une congère paraît d'autant plus improbable qu'il est doté de l'antipatinage et d'un dispositif de contrôle du dérapage, en plus du rouage intégral avec différentiel central à visco-coupleur qui répartit la puissance motrice au train arrière en cas de perte d'adhérence. Attention, cependant : ce système ne comporte pas de boîte de transferts, et il ne permet donc pas au RX 300 de s'aventurer bien loin hors piste. Mais de toute faÇon, qui voudrait risquer de barbouiller sa belle Lexus dans la boue ?

Des détails bien pensés

Non seulement le RX 300 ne se comporte pas comme un VUS classique, mais il n'en a pas l'air, non plus. De toute évidence, cela faisait partie du mandat des dessinateurs, et il faut reconnaître qu'ils se sont bien acquittés de leur tâche, même si l'on peut s'interroger sur l'opportunité des petites glaces latérales avant qui n'apportent rien à la ligne et ne servent à rien non plus.

Notons, au passage, la qualité exceptionnelle de la peinture qui recouvrait notre Coach Edition à l'essai. Cette version haut de gamme comporte un intérieur d'une grande élégance, avec appliques en érable madré, joli volant glissant combinant la même essence de bois et du cuir, ainsi que des sièges recouverts de cuir perforé de bonne qualité. À l'avant, les confortables fauteuils possèdent assez de possibilités d'ajustement pour satisfaire tous les gabarits. Les places arrière offrent des dégagements généreux pour la tête et les genoux, mais l'assise centrale de la banquette est trop dure et trois personnes s'y trouveront à l'étroit. Le dossier inclinable et rabattable 40/60 s'ouvre sur une soute assez logeable, dont la toile servant à recouvrir les bagages s'avère cependant encombrante.

L'aménagement regorge de trouvailles bien pensées. Je songe notamment au positionnement astucieux du levier de vitesses, qui libère un espace pour la console modulaire centrale comprenant porte-verres et tiroir de rangement. Plus contestable (et plus contesté) est l'écran à cristaux liquides situé au centre de la planche de bord qui dispense une foule d'informations concernant l'heure, le chauffage, la radio, etc. Les uns y voient une mine de renseignements pratiques, et les autres, une source de distraction inutile.

Mais ce n'est qu'un détail ne changeant pas grand-chose aux qualités qui ont fait du RX 300 une référence en matière de VUS. Celui de la prochaine génération, qui sera construit à Cambridge, en Ontario, profitera sans doute de modifications devant lui permettre de suivre le rythme imposé par la concurrence, nommément l'Acura MDX, qui est plus logeable et tient bien la route. Mais on peut déjà parier que le RX 300 continuera à suivre la voie du confort et de l'urbanité qu'il a lui-même tracée.

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