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Les États-Unis craignent les VÉ chinois au Canada mais oublient ceux au Mexique

Le récent accord Canada-Chine qui prévoit l’élimination de la surtaxe de 100% sur 49 000 véhicules électriques chinois importés annuellement chez nous (pour ne garder que 6,1%) continue de susciter beaucoup de réactions. Au moins 50% de ces véhicules devront avoir un prix sous les 35 000 $ d’ici 2030, ce qui risque de faire le bonheur de plusieurs consommateurs mais aussi le malheur de certaines compagnies automobiles telles que Kia, Nissan et Chevrolet.

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Justement, en parlant de Chevrolet, la cheffe de la direction de General Motors, Mary Barra, vient d’ajouter sa voix aux critiques de cette entente commerciale, allant du premier ministre ontarien Doug Ford au président américain Donald Trump (qui préfèrerait voir une future usine de VÉ chinois sur son sol plutôt qu’au nord de la frontière) en passant par de nombreux représentants de l’industrie automobile au Canada et aux États-Unis.

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« Je ne peux pas expliquer pourquoi cette décision a été prise au Canada. Ça devient un terrain très glissant », a déclaré Barra selon des propos rapportés par The Wall Street Journal, faisant allusion à la menace concurrentielle que pose la Chine pour la production et les ventes de véhicules en Amérique du Nord.

Photo: General Motors

La haute dirigeante de GM a également souligné les avantages majeurs dont bénéficient les constructeurs automobiles chinois, par exemple les droits de douane élevés sur les voitures importées en Chine et les règles strictes en matière de transfert de technologie.

La décision du gouvernement Carney d’accepter quelques dizaines de milliers de VÉ chinois par année s’est faite aussi dans le but d’attirer des compagnies de la Chine à venir s’établir au Canada et y créer des emplois, chose qui effraie plus que tout Barra et ses homologues pour des raisons aussi bien manufacturières que de sécurité nationale.

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Ironiquement, GM a mis fin à la production de fourgons électriques Chevrolet BrightDrop à l’usine ontarienne d’Ingersoll en octobre dernier et supprimera ce vendredi un quart de travail – environ 700 emplois en tout – du côté d’Oshawa où sont assemblées des camionnettes Chevrolet Silverado. Pourquoi le Canada ne devrait-il pas se tourner vers d’autres partenaires, même chinois?

Autre ironie : ces mêmes chefs d’entreprises qui, face aux tarifs douaniers de l’administration Trump, martèlent que l’industrie automobile nord-américaine est hautement intégrée et que l’ACEUM est essentiel (pour reprendre les mots du président de Ford, Bill Ford) semblent oublier que les VÉ chinois sont déjà bien implantés au Mexique.

Photo: BYD

BYD, numéro un mondial dans l’électrique, y commercialise pas moins de quatre modèles 100% à batterie et six modèles hybrides rechargeables. Ce n’est qu’une marque parmi la dizaine en opération au Mexique. JAC Motors assemble même des véhicules localement. Selon des statistiques rapportées par le Mexico Daily News à la mi-janvier, les produits chinois représentent actuellement 20% des ventes totales de véhicules au Mexique.

On est bien loin des 3% du marché que viendraient chercher les 49 000 VÉ chinois dont le Canada veut maintenant faciliter l’importation.

À voir aussi : Les véhicules électriques chinois au Mexique pour conquérir l’Amérique?

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