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Le premier ministre ontarien appelle à un boycottage des autos chinoises

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, hausse le ton contre l’entente conclue par Ottawa avec Pékin sur les véhicules électriques chinois et appelle les Canadiens au boycottage.

Selon lui, l’accord négocié par le premier ministre fédéral, Mark Carney, menace directement l’avenir du secteur automobile ontarien, pilier économique de la province.

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Lors d’une conférence de presse à Toronto, M. Ford n’a pas mâché ses mots. « Boycottez les véhicules électriques chinois. Soutenez les entreprises qui fabriquent des véhicules ici. C’est aussi simple que cela », a-t-il lancé, reprochant au gouvernement fédéral de ne pas l’avoir consulté avant d’annoncer l’entente.

Il estime que permettre l’entrée massive de véhicules chinois au pays affaiblira des investissements de plusieurs milliards déjà consentis au Canada.

L’accord en question a été scellé la semaine dernière lors d’une rencontre entre M. Carney et le président chinois, Xi Jinping.

Photo: BYD

49 000 VÉ par année

Il prévoit la levée quasi complète des droits de douane canadiens de 100% sur les véhicules électriques chinois et l’autorisation d’importer jusqu’à 49 000 unités par année. En contrepartie, la Chine réduirait ses tarifs sur le canola canadien.

Pour l’industrie automobile, le chiffre fait sourciller. Flavio Volpe, président de l’Association des fabricants de pièces automobiles, rappelle que ces droits de douane visaient précisément à donner une chance aux usines et aux fournisseurs canadiens de prendre racine avant l’arrivée de véhicules fortement subventionnés.

« 50 000 voitures, c’est environ un quart de travail dans une usine, soit près de 1 000 emplois directs, sans compter jusqu’à 5 000 travailleurs chez les fournisseurs », a-t-il averti en entrevue à La Presse canadienne.

La présidente nationale du syndicat Unifor, Lana Payne, partage ces inquiétudes. Elle doute fortement que les constructeurs chinois établissent des chaînes de production complètes au Canada.

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« La Chine fait face à une surcapacité massive de production. Ces entreprises ont peu d’incitatifs à investir sérieusement ici », a-t-elle soutenu, soulignant que, ailleurs dans le monde, l’assemblage local repose souvent sur des pièces importées de Chine, avec des salaires bas et d’importantes subventions d’État.

Photo: Unifor/YouTube

Véhicules moins chers

De son côté, M. Carney voit plutôt l’entente comme une occasion d’attirer des fabricants de véhicules électriques « abordables » au Canada, notamment en Ontario. Mais aucune garantie formelle n’accompagne cet intérêt potentiel, ce que déplorent les représentants du secteur.

Dans un contexte déjà tendu en raison des droits de douane américains et de l’incertitude commerciale, Doug Ford et les acteurs de l’industrie réclament maintenant des mesures concrètes d’Ottawa pour renforcer la compétitivité du secteur automobile canadien. « Nous menons un combat acharné pour protéger nos emplois et notre avenir industriel, et ce combat vient de se compliquer », a résumé Lana Payne.

À voir aussi : Les voitures électriques chinoises au Canada, une bonne nouvelle pour les consommateurs?

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