Les automobilistes pourraient économiser jusqu’à 500$ grâce au droit à la réparation
Les automobilistes pourraient économiser 500 $ par année sur des réparations courantes si les ateliers indépendants obtenaient un meilleur accès aux données de réparation des véhicules.
C’est ce que révèle un rapport publié mercredi par l’Association des industries de l’automobile du Canada (AIA Canada).
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« Nos membres nous signalent constamment des difficultés pour accéder aux données de service et de réparation des fabricants », a déclaré Emily Chung, présidente et directrice générale de l’AIA.
Le rapport souligne que les fabricants automobiles contrôlent actuellement l’accès aux données de réparation et d’entretien nécessaires aux ateliers indépendants pour entretenir les véhicules.
Cette situation pousse de nombreux automobilistes à se tourner vers les concessionnaires, où les coûts sont généralement plus élevés et les délais plus longs.
Les données révèlent que les changements d’huile coûtent entre 10 $ et 15 $ de moins dans les ateliers indépendants. Pour des réparations plus complexes, comme le remplacement d’amortisseurs ou de capteurs d’oxygène, les économies se situent entre 30 $ et plus de 200 $ selon la réparation et la région.
Impact sur les ateliers indépendants
L’étude estime que si chaque atelier indépendant perd une réparation par semaine, faute d’accès aux données, la perte de profits annuelle totale atteint 336 M$ à l’échelle nationale.

La firme MNP a interrogé 34 ateliers de réparation à travers le Canada et a réalisé 200 évaluations mystères auprès de concessionnaires et d’ateliers indépendants dans les dix provinces.
L’étude a également analysé les approches adoptées dans d’autres juridictions, notamment en Australie, dans l’Union européenne et au Massachusetts.
Les ateliers indépendants représentent environ 24 000 établissements au Canada, soit un ratio d’environ cinq ateliers indépendants pour un concessionnaire de véhicules neufs.
Enjeux en milieu rural
Les conducteurs en milieu rural font face à des coûts disproportionnés, selon le rapport. Les ateliers indépendants jouent un rôle vital dans ces régions, où le concessionnaire le plus proche peut se trouver à plusieurs heures de route.
Le rapport présente l’exemple d’une jeune mère vivant dans une communauté rurale située à 75 km d’un grand centre. Elle dépense environ 1750 $ par année en réparations et en entretiens chez son atelier local.
Si celui-ci fermait, les mêmes services lui coûteraient 460 $ de plus au concessionnaire, sans compter les frais de déplacement et la perte de revenus potentielle.
Contexte québécois
Au Québec, le projet de loi 29 sur la réparabilité est entré en vigueur le 5 octobre dernier. Cette législation oblige les fabricants et détaillants à garantir la disponibilité des pièces et des services de réparation pour tous les produits nécessitant un entretien, y compris les véhicules.

Les constructeurs se sont toutefois exclus du régime via un avis écrit aux consommateurs, une possibilité prévue par la loi, a indiqué la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec (CCAQ).
« À trop vouloir forcer, on crée un effet pervers inverse », a prévenu Ian Sam Yue Chi, directeur général de la CCAQ, dans les jours précédant l’entrée en vigueur de la loi.
Le cabinet du ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, a confirmé que la réforme irait de l’avant et que l’Office de la protection du consommateur assurerait la conformité des entreprises.
« Toutes les obligations prévues par loi 29 concernant le partage d’information sont respectées », a indiqué la CCAQ, jeudi.