Le Acura MDX 2010: Le plus gros Acura jamais vu... Mais est-il le meilleur?

Points forts
  • Habitacle spacieux
  • Excellent traitement de bruits et de vibrations
  • Qualité de roulement douce
  • Bon assemblage, matériaux de haute qualité
Points faibles
  • Prix
  • Économie d’essence
Évaluation complète

À l’intention des lecteurs vivant de l’autre côté des montagnes Rocheuses, laissez-moi vous annoncer un fait au sujet de la ville de Vancouver : cette ville est pleine de gens extrêmement fortunés. Tenez-vous sur un coin de rue à Yaletown, lieu à la mode, et vous verrez un défilé de véhicules à moteur qui seraient chez eux à Dubaï, tels que des Gallardo, des DB9 et des F430, qui n’attirent que le regard distrait des préposés au parking en attente de clients. Bien qu’aucun de ces préposés au stationnement ne sera porté à oublier son premier tour à bord d’un véhicule fabriqué par Maranello ou Sant Agata, seulement quelques mois lui seront nécessaires pour devenir quelque peu blasé et ce n’est que lorsqu’un véhicule de marque Enzo ou Reventon se pointera que certains sourcils se relèveront d’ébahissement.

Bien sûr, ici à Vancouver, ces véhicules exotiques trop coûteux sont à peu près inutiles durant la majeure partie de l’année puisque notre climat local est en pleine compétition avec la mousson du Pacifique Sud en termes de précipitations pluvieuses records. Mais si vous possédez une Lamborghini stationnée au-dessous de votre appartement à la mode au centre-ville, vous n’êtes probablement pas prêt à utiliser les transports en commun pendant les dix autres mois de l’année, ce qui nous mène au point suivant : le Acura MDX. L’un des premiers véhicules utilitaires sport (VUS) haut de gamme sur le marché au tournant du siècle et le premier multisegment à pouvoir transporter sept passagers, le MDX (lettres qui signifient luXe MultiDimensionnel) a connu un succès sans équivoque à cause de l’espace disponible à bord, de ses capacités dans toutes les conditions climatiques et, bien sûr, à cause du positionnement branché de cette marque. Après plusieurs récentes modifications en profondeur, ce VUS au style dramatique ne manquera pas d’attirer même les regards des autochtones les plus narcissiques de Vancouver.

À cause de son style de type “Power plenum”(Pleine Puissance) maintenant obligatoire, il est absolument impossible d’ignorer ce véhicule, qu’il soit en mouvement ou simplement garé au commerce Lululemon du coin.

Cependant, alors que le même style peut paraître une erreur flagrante sur les modèles les plus petits de la gamme des Acura, la face plus large du MDX sert fort bien les stylistes de Acura au crayon lourd et leur permet ainsi de s’exprimer. De chacun des côtés de la calandre tout à fait à l’échelle des dimensions du véhicule, on trouve des phares tout aussi intéressants qui, bien que rappelant certaines des formes de véhicules du reste de la gamme Acura, parviennent à donner une allure un peu plus « organique » au véhicule. Sur les deux côtés, les ailes évasées du MDX ressemblent étroitement à celles retrouvées chez son compagnon d’écurie, le Honda Pilot, et réussissent à faire paraître les flancs sculptés de façon minimale plus intéressants. À l’arrière, une paire d’embouts de pots d’échappement façonnés de telle sorte qu’ils semblent faits d’un morceau solide de billette, un des traits de style que j’apprécie le plus sur le MDX.

De façon intéressante, bien qu’il soit plus large que tous ses compétiteurs (le X5 est tout près, mais mesure quand même environ 1.27 cm / 0.5 po de moins entre les roues), le MDX présente un style de carrosserie qui peut être vanté pour ses formes aérodynamiques impressionnantes en efficacité, battant même en performance le gros Bavarois dans la soufflerie aérodynamique. En testant le véhicule dans une soufflerie équipée d’une plaque tournante, les ingénieurs de Acura sont parvenus à placer le véhicule de façon perpendiculaire à la direction du vent. Ils cherchaient ainsi à évaluer le niveau de bruit dans l’habitacle lors de l’exposition à de forts vents de travers aussi bien que lors de tests de conduite simulée sur l’autoroute : les résultats sont probants. Le comportement et la stabilité du MDX n’ont pas été affectés par les vents forts de la plaine sans coupe-vents des terres agricoles autour de Vancouver non plus.

Bien sûr, seuls des vents extrêmement violents viendraient à bout d’une telle bête pesant jusqu’à 2 098,7 kg (4 627 lb). Ajoutez un duo de passagers et vous vous retrouvez à faire bouger la bascule de pesée grâce à deux tonnes et demie de VUS de luxe, chiffres qui conspirent sérieusement contre les aspirations à la performance du MDX. Bien que poussé par un robuste moteur V6 de 3,7 litres produisant 300 chevaux et 270 livres-pied de couple, le MDX doit peiner pour faire bouger sa masse imposante lors des accélérations en puissance, pour ne rien dire des effets de tout ce poids sur le freinage et la maniabilité.

Bien sûr, le côté positif de toute cette masse est l’effet d’amortissement massif ressenti quand la route devient cahoteuse, amortissement supporté par des matériaux qui étouffent les sons afin de maintenir l’impression de voler sur un tapis magique. Équipé de tous les machins et gadgets qu’on peut s’attendre à trouver à bord d’un tel véhicule, ainsi que de cinq sièges solides, spacieux et procurant un excellent support (la rangée de sièges arrière est quelque peu exiguë), l’habitacle est un endroit agréable où passer du temps. Les vitres de haute taille et le toit ouvrant le plus large de toute la compétition assurent un bon apport en lumière et une atmosphère aérée dans ce très grand habitacle. L’utilisation de matériaux de qualité procurent une sensation de classe et de sophistication absente dans la Honda Pilot. Le volant et la colonne centrale abritant les contrôles de température et les interrupteurs du centre de divertissement sont bien organisés (comme sur tous les produits Honda) et fabriqués de matériaux de premier ordre, et chacune des facettes de l’assemblage a été soigneusement effectuée.

De la rétroaction des boutons en passant par la précision de syntonisation de ces boutons, tous les éléments de contrôle ont été passés au peigne fin par votre humble serviteur. Je suis fier de pouvoir affirmer que les contrôles sur ce produit de Acura sont les premiers à pouvoir être comparés à ceux retrouvés sur la Lexus. Ceci dit, l’accent mis sur le style et la sophistication dans le MDX laisse quelque peu à désirer du côté pratique, alors que je réalisais le manque relatif d’espace de stockage. Le fait de déplacer le sélecteur de vitesses du tableau de bord (tel qu’il l’est sur le Pilot) vers la console centrale diminue grandement l’espace de rangement facilement accessible dans la console. J’ai développé une haine particulière pour les consoles centrales à accès fractionné sur le côté, car elles ne facilitent nullement l’accès et rendent les choses plus difficiles à repérer. Mais pour une conduite silencieuse, douce, confortable et généralement décontractée, le MDX est superbe. Isolant de façon excellente les passagers, il s’avérerait un très bon cruiser de longues distances pour ceux qui posséderaient un montant significatif d’actions dans une compagnie majeure de pétrole ou de gaz.

Parce que, faites-moi confiance, ce véhicule boit vraiment beaucoup. Poussé par « seulement » un V6 à aspiration naturelle, ce véhicule pourrait être perçu comme relativement peu gourmand par certains acheteurs, comparé à ses rivaux munis deV8 puissants et ces gens seraient vraiment dans l’erreur.  Depuis maintenant plusieurs années, j’essaie d’expliquer aux amis et aux membres de ma famille qu’il faut une certaine quantité d’énergie pour déplacer un véhicule d’un certain poids à une certaine vitesse et que les lois de la physique n’ont rien à « cirer » du positionnement du moteur qui produit la puissance. Malheureusement ils n’ont jamais bien compris cet argument, jusqu’à ce qu’ils voient le MDX. En le conduisant comme tout autre véhicule testé, je me suis rendu compte que le MDX ne pouvait faire mieux que 15,4 litres / 100 kilomètres de consommation d’essence de première qualité, chiffres pires que ceux obtenus par le Range Rover Sport Supercharged (qui, par coïncidence, est un véhicule fonctionnant à l’essence à octane élevé, comme le MDX), que j’ai testé plus tôt cette année. Ce qui me mène au cœur de la question : le coût.

À un prix suggéré de 51 990 $, même le modèle le plus de base du MDX coûte quelques milliers de dollars de plus que l’excellent Honda Pilot Touring, un véhicule qui partage à la fois sa plate-forme et plusieurs de ses composantes avec le Acura. Et si votre intérêt se portait davantage vers le modèle haut de gamme MDX Elite, vous vous retrouveriez devant une facture salée 61 990 $, presque le double du prix d’un modèle Honda Pilot de base. Mais ici à Vancouver, où le prix haut de gamme du MDX peut être expliqué par la qualité haut de gamme de la marque, le gros Acura va faire face à des problèmes de taille venant de la part de marques déjà mieux établies telles que BMW, Mercedes, Audi, et peut-être surtout Land Rover et leur tout nouveau LR4 au prix de 59 900 $. Procurant aux acheteurs un cachet de marque supérieur et dans certains cas plus d’aspects pratiques, les compétiteurs européens posent une question : le luxe du MDX est-il multidimensionnel?

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