Porsche Cayman, l'héritage !

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Nous sommes en l’an 152 010. Une équipe de paléontologues vient de découvrir les restes d’une civilisation qui aurait vécu sur la Terre il y a environ 150 000 ans. Ces êtres primitifs semblaient posséder la faculté de la parole, un certain sens sociétal et se déplaçaient dans de drôles de petits bidules roulants. Mais un détail laisse les chercheurs perplexes. Un sigle, tout simple, a été trouvé dans une grotte près du squelette 4N12, celui qui paraît sourire : « Cayman S ». Ce qui prouverait que malgré leur rusticité, ces individus pouvaient ressentir du plaisir. Le débat est ouvert…

Mais revenons 150 000 ans et des poussières en arrière ! En 2006, Porsche lançait ce que plusieurs croyaient être une Boxster coupé, la Cayman S. Bien que cette dernière soit construite autour du même châssis et des mêmes organes mécaniques, le comportement des deux voitures est suffisamment différent pour dire que la Cayman n’est pas qu’une Boxster coupé.

La quintessence

Tout d’abord, précisons que si la Boxster se veut la quintessence du plaisir décapoté, la Cayman en fait autant… autrement ! Le fait que la voiture possède un toit fixe améliore la solidité du châssis. Mais le longeron fixé derrière les deux sièges et reliant les deux côtés de la voiture n’y est pas étranger non plus ! Grâce à cette plate-forme incroyablement ferme, le plaisir en est décuplé, surtout sur une piste de course. Car sur une route maganée, c’est une autre histoire…

Porsche propose deux Cayman. Le modèle de base et la « S ». Il faut avoir piloté la « S » sur une piste pour ne plus jurer que par cette délicieuse petite voiture. Par contre, une Cayman « tout court » n’est pas à dédaigner non plus. Après tout, un six cylindres à plat de 2,9 litres de 265 chevaux et 221 livres-pied de couple dans une bagnole d’à peine 1 330 kilos, ce n’est tout de même pas rien ! Et comme les suspensions de la « tout court » sont un peu moins fermes et les pneus moins agressifs, la conduite quotidienne s’en trouve bonifiée. Les 12 000 $ économisés peuvent aussi jouer dans la balance…

Bien entendu, tout le monde n’a d’yeux que pour la fabuleuse S dont le six cylindres à plat de 3,4 litres ne livre pas moins de 320 chevaux et 273 livres-pied de couple. Certes, ces chiffres sont bien loin de ceux, par exemple, d’une Dodge Challenger SRT8 mais puisque cette dernière pèse 540 kilos de plus, la Porsche s’avère infiniment plus agile. En fait, il s’agit sans doute du pire exemple que je pouvais trouver, ces deux voitures se situant aux antipodes du prisme de l’automobile sportive. L’une est trop lourde et trop grosse et, tout en pouvant tenir son bout sur une piste de course, est surtout destinée à effectuer des départs fumants et à faire frissonner son pilote par la seule sonorité de son gros V8 sans fond. L’autre est d’une agilité extraordinaire tout en pouvant réaliser le 0-100 dans des temps très courts même si la sonorité de son moteur, au demeurant des plus lyriques, ne rejoint pas toujours la fibre émotive d’un baby-boomer nostalgique de l’époque des muscle cars. Pour apprécier la Cayman, il faut y aller en toute subtilité. C’est le mot que je cherchais, « subtil ». Tout dans la Cayman, S ou pas, est subtil. La direction qui répond avec une fabuleuse vivacité et avec l’un des meilleurs retours d’information de toute l’industrie automobile. La boîte de vitesse manuelle à six rapports et l’automatique PDK à sept rapports qui sont des merveilles d’ingénierie et d’utilisation. Les freins qui semblent avoir été pris dans les stocks de Boeing tant ils sont efficaces. La liste pourrait continuer longtemps. Cette subtilité pourrait ressembler à de la frivolité si, sur une piste, la Cayman, surtout en version S, ne pouvait pas tenir tête à une voiture de très haut calibre, sa grande sœur, la 911, moins agile tout en étant passablement plus dispendieuse à l’achat.

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