Pontiac Grand Prix, en attendant le G8

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2008

Avec le G8 qui s’en vient très prochainement, l’avenir semble un peu incertain pour le modèle Grand Prix. Son talon d’Achille est d’être une traction avant, ce qui l’empêche de vraiment faire concurrence à armes égales aux Dodge Charger et Cie qui sont des propulsions. Malheureusement pour la Pontiac, elle demeurera toujours sous-estimée pour cette raison, car les purs et durs ne jurent que par la propulsion quand vient le moment de se payer une américaine à l’allure plus sportive.

En revanche, malgré le fait qu’il s’agisse d’une traction, les performances de la Grand Prix sont assez surprenantes, particulièrement avec le moteur V6 suralimenté qu’on retrouve dans la version GT. Ce moteur produit 260 chevaux comparativement au six cylindres de base de 200 chevaux qui vous laissera sur votre appétit. En version GT, les reprises et l’accélération nous démontrent que ce véhicule peut faire rougir quelques-uns de ses compétiteurs, mais si vous désirez vous gâter, il y a le modèle GXP. Mais là, c’est une autre histoire.

303 chevaux !

J’ai d’ailleurs effectué un essai de 8 000 km à bord de la version GXP. Équipé d’un gros moteur V8 de 5,3 litres déployant 303 furieux poulains, il est capable de très vives accélérations, principalement quand vient le moment de dépasser. Il rejoint alors rapidement les 200 km/h et, à cette vitesse, il fait sentir qu’il en a encore dans le ventre. Ce moteur est jumelé à une transmission automatique à 4 rapports seulement et c’est une de ses lacunes. Surtout lorsqu’on emploie le mode manuel de passage des rapports et qu’on change de vitesse au moyen des deux boutons situés derrière le volant. On souhaiterait qu’il y ait deux rapports de plus.

Mais tant de puissance dans une traction avant a un net désavantage au niveau de l’effet de couple dans le volant. Il faut le tenir bien serré si vous enfoncez l’accélérateur. Cet effet est si prononcé que si vous effectuez un dépassement en appuyant au fond, c’est garanti qu’en une fraction de seconde, votre GTP aura changé de voie. Il faut un certain temps avant de pouvoir bien le maîtriser lors d’une conduite plus énergique. En plus, les pneus Potenza dont il est chaussé adhèrent beaucoup au bitume, ce qui amplifie l’effet de couple. Dans les virages, la voiture colle au sol, mais si on pousse trop, un sous-virage assez marqué se manifeste.

La suspension indépendante aux quatre roues est équipée d’amortisseurs au gaz Bilstein de haute performance, permettant au GXP de profiter d’un rebond très lent et progressif, tout en étant capable de réduire au maximum le roulis en virage, au détriment du confort, surtout lorsqu’on roule sur les belles routes québécoises... À ce moment, on ressent toute la fermeté de ces amortisseurs. Pour la version GT, nous sommes pas mal plus gâtés au chapitre du confort quotidien et en plus, on se réjouit d’une consommation d’essence plus raisonnable si l’on compare au gros V8 qui n’a pu faire mieux qu’une consommation moyenne de 15,4 litres par cent kilomètres. Faites le calcul quand l’essence bondit à 1,18$ le litre...

La GT l’emporte

Peu importe le modèle choisi, l’habitacle a un bon dégagement pour les coudes, mais c’est tout autrement si on fait plus de 1,80 m, alors que la tête frôle le toit. Il faut donc abaisser le siège au maximum. Le volant en cuir offre une excellente prise, mais bizarrement, on a l’impression qu’il est trop gros et massif. Les cadrans sont de consultation facile, principalement le soir quand tout devient illuminé en rouge. Comme dit mon célèbre confrère Denis Duquet, « On a l’impression d’être installé devant un sapin de Noël », et je dois dire qu’il n’a pas tout à fait tort ! En revanche, l’habitabilité est correcte aux places arrière et le coffre à bagages est spacieux.

Un point important à mentionner est que la version GXP est équipée de pneus avant plus larges que ceux qu’on retrouve au train arrière. Ceci afin d’optimiser le transfert de puissance à la route du gros 5,3 litres à traction avant. En contrepartie, lorsque vient le temps d'acheter des pneus d’hiver, vous devrez débourser la bagatelle d’environ 450 $ le pneu.

Bref, la Pontiac Grand Prix est une voiture sous-estimée et il serait intéressant de mettre une version GXP sur une piste pour y faire quelques tours contre plusieurs de ses compétitrices, car je serais très curieux de voir où elle se situerait parmi les autres. Si vous désirez un modèle Grand Prix qui a une silhouette attrayante, tout en ayant un comportement plus sportif, la GT s’avère le meilleur choix pour vous. La GXP n’est pas très pratique ici, à moins de la sortir seulement durant la période estivale, tandis que la GT se débrouille bien mieux et est plus prévisible. Mais avec l’arrivée du G8, il faut se demander si les gens de GM vont la garder encore bien longtemps...

Feu vert
Moteurs performants, V8 carresse l'ouie,
lignes fluides,
consommation réservée

Feu rouge

Effet de couple important, transmission à quatre rapports seulement,
direction manque de précision, valeur de revente à la traîne,
finition quelque fois bâclée

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