Jaguar F-Type 2023 : tout à fait mon type

Points forts
  • Silhouette à couper le souffle
  • Une aubaine comparativement à une Porsche 911
  • Rendement du moteur V8
Points faibles
  • Fiabilité et coûts d’entretien
  • Disparition des 4 cylindres et V6
  • Aménagement intérieur vieillissant
  • Modèle qui disparaîtra sous peu
Évaluation complète

En 2014, Jaguar a épaté la galerie en introduisant la F-Type. Déclinée en coupé et en cabriolet, elle avait le mandat de reprendre le flambeau de l’emblématique XK qui était sur le point de tirer sa révérence. Voilà une tâche on ne peut plus ambitieuse et colossale.

Dix ans plus tard, ce sera au tour de la F-Type de disparaître en 2024. En effet, c’est ce que le constructeur britannique a annoncé cet automne. C’est dans cet esprit que nous avons pris le volant, possiblement pour une dernière fois, de la Jaguar F-Type P450 R-Dynamic AWD 2023 sur les routes de Montréal, de la Montérégie et de l’Estrie.

Le plus beau chat de l’animalerie

Bien que le coup de crayon de la F-Type remonte à la précédente décennie, la bagnole n’a pas pris une ride. Elle continue d’être l’une des plus belles voitures actuellement sur le marché. Élégante, racée et suffisamment agressive dans son approche, la F-Type se rapproche carrément de la perfection sur le plan du design. Nous apprécions particulièrement son long capot qui renferme la mécanique et qui symbolise les voitures de grand tourisme de Jaguar. Entre son devant et sa portion arrière condensée, l’équilibre est atteint.

Comme on peut le constater sur les photos, le modèle mis à l’essai était peint en Vert British Racing. Non seulement cette teinte lui va à merveille, mais en plus, elle respecte parfaitement l’héritage anglais. Si je devais commander une F-Type, elle serait de cette couleur et je n’hésiterais pas un seul instant. En revanche, je n’opterais pas pour des jantes noires qui rappellent bêtement les roues d’acier que l’on utilise l’hiver… J’opterais pour des jantes grises, histoire d’accentuer le contraste avec la peinture de la carrosserie.

Photo: Germain Goyer

Seulement le V8

Avant d’être rationalisée pour l’année-modèle 2022, l’offre mécanique de la F-Type était étendue. En effet, on retrouvait un moteur turbocompressé à quatre cylindres de 2,0 L ainsi qu’un V6 suralimenté. Le but était de proposer une F-Type pour celui dont les poches étaient un peu moins creuses ou encore, pour celui qui n’avait pas besoin d’une puissance astronomique. Dorénavant, seul le moteur V8 suralimenté de 5,0 L figure au catalogue. Celui-ci développe précisément 444 chevaux et un couple de 428 lb-pi, ce qui est amplement suffisant. En revanche, Jaguar propose au sommet de la gamme une démentielle version R P575 : 567 chevaux et 516 lb-pi!

Photo: Germain Goyer

Bien que le moteur V8 soit une masse importante située dans la partie avant du véhicule, la F-Type demeure d’une grande agilité. Mais attention, ce n’est pas une sportive au sens strict du terme. Encore une fois, c’est une voiture de grand tourisme.

Il est d’ailleurs à noter que les consommateurs peuvent opter pour une version propulsée ou dotée du rouage intégral. Dans tous les cas, la F-Type est équipée d’une transmission automatique à huit rapports. Selon le mode de conduite sélectionné, celle-ci tarde parfois à rétrograder, mais il s’agit essentiellement du seul reproche que l’on puisse lui adresser.

Je doute qu’il y ait une sensation plus fabuleuse sur Terre que celle d’enfoncer l’accélérateur, d’entendre le V8 gronder, d’apprécier le sifflement du compresseur volumétrique et d’admirer l’aileron arrière se dresser à 113 km/h.

Photo: Germain Goyer

Un habitacle vieillissant

La F-Type est une voiture de niche pour laquelle les acheteurs sont peu nombreux. Au Québec, on n’en a vendu que 41 exemplaires en 2021, ce qui représentait tout de même une hausse de plus de 50% par rapport à l’année précédente.

Le volume annuel de vente est minime et le budget accordé à la recherche, au développement et à l’amélioration est famélique. Ainsi, quand on monte à bord de la F-Type, on sent qu’elle a vieilli quelque peu. La finition est sans reproche et les matériaux sont de bonne facture. Par contre, l’écran du système d’infodivertissement , l’instrumentation de même que la présentation générale nous rappellent que la conception du modèle ne remonte pas à hier….

Photo: Germain Goyer

Moins chère qu’une Porsche 911

Étiquetée à partir de 89 850 $, la Jaguar F-Type cadre évidemment avec le budget d’une infime partie des foyers québécois. En outre, avec sa configuration à deux places, elle n’est pas des plus pratiques. En revanche, quand on analyse froidement la F-Type, on réalise qu’elle est en quelque sorte une aubaine lorsqu’on la compare. Aussi absurde que cela puisse paraître.

En effet, dès son introduction, la F-Type visait à donner du fil à retordre à la championne dans le segment, soit la Porsche 911. Si cette dernière n’a pas été impactée un seul instant, force est de constater qu’elle est bien plus coûteuse car elle est offerte à partir de 125 800 $. Dans les faits, une 911 décemment équipée coûte rarement moins de 200 000 $. Ça commence à faire beaucoup de sous. Pour la moitié du prix, on obtient une F-Type haut de gamme. C’est à bien y penser. 

Photo: Germain Goyer

Ça sent la fin pour Jaguar

Il y a de ces marques dont l’avenir nous paraît peu prometteur. Et Jaguar en fait malheureusement partie. Ce constructeur de prestige au riche passé fonce tranquillement vers un mur.

Avec la disparition de la F-Type, le catalogue de Jaguar sera on ne peut plus dégarni. Il ne restera que la XF (8 unités vendues en 2021 au Québec) parmi les voitures si elle ne part pas d’ici là.

Quant aux VUS, le E-Pace (13 unités vendues en 2021 au Québec) n’est pas très populaire. Il agit à titre de piètre figurant dans son segment. Pour ce qui est du I-Pace (21 unités vendues en 2021 au Québec), il se veut avant-gardiste en étant parmi les premiers VUS électriques aux côtés du Tesla Model X. Hélas, Jaguar ne l’a jamais fait évoluer et ne déploie aucun effort sur celui-ci au Canada. Il ne reste que le F-Pace (229 unités vendues en 2021 au Québec) qui arrive à garder la tête hors de l’eau. C’est maigre. Très maigre. En poussant l’exercice encore plus loin, nous pouvons même imaginer les quelques acheteurs du F-Pace être récupérés par Land Rover qui appartient, elle aussi, au groupe Tata Motors.

Chez Jaguar, on entend tic-tac, tic-tac…

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