Au volant d’une smart, direction le cercle arctique !

Dans notre métier de journaliste, il arrive fréquemment que l'on participe à des premières médiatiques un peu partout dans le monde. Ces événements sont normalement toujours bien encadrés, laissant peu de place à l'aventure. Je dois par contre avouer que l'idée de participer à une expédition au cercle arctique au volant d'une....smart est tout sauf quelque chose de commun. Voilà certainement une voiture qui aurait été placée assez loin dans ma liste des véhicules de choix pour une telle aventure. Mais puisqu'il n'y a pas de gloire à vaincre sans péril, le constructeur Mercedes-Benz a choisi rien de moins que la smart pour accomplir ce périple.

D’ailleurs, le choix de la petite smart ne tient pas du hasard. Alors que cette voiture est sur nos routes depuis déjà quelques années, l’un des éléments qui semble toujours préoccuper les acheteurs potentiels touche les qualités hivernales de la voiture. Alors, quoi de mieux que d’inviter des journalistes automobiles à conduire la smart dans le nord-ouest canadien pour répandre la bonne nouvelle ! Voilà certainement de quoi prouver que sa petite smart est en mesure d’affronter les pires conditions hivernales, si toutefois la voiture s’avère à la hauteur du défi !

Le début d’une aventure

Il faut avouer que la table était mise pour une randonnée hors du commun. Dans la liste de préparation, des suggestions peu usuelles comme celle de ne pas oublier d’apporter des vêtements très chauds, d’éviter de porter des jeans et de nous préparer à ne plus avoir de moyens de communication. Quoi ? Qui peu vivre de nos jours sans son Blackberry et ses courriels ? Ajoutez dans la liste un numéro de téléphone satellite pour que nos proches puissent nous rejoindre en cas de force majeure et vous obtenez une expédition qui vous sort de votre zone de confort, surtout lorsque les premières personnes rencontrées à notre arrivée nous avouent avoir peur d’aller à Inuvik en 4X4, alors imaginez en smart !

L’expédition était répartie en trois segments. J’ai parcouru la première partie du périple alors qu'elle débutait dans la ville de Kelowna en Colombie-Britannique, pour se terminer à Whitehorse au Yukon. Vous pourrez lire sur le site du Guide de l’auto le compte rendu de ma collègue Nadine Filion qui participe à la seconde étape, un périple les amenant jusqu’à Inuvik, directement au cercle arctique. L’expédition prendra ensuite fin avec la troisième étape qui se terminera à Vancouver.

Jour 1, une balade dans le parc

Après avoir reçu préalablement les directives de sécurité et un bref aperçu de notre périple, nous avons pris place à bord de l'une des sept smart faisant partie de l'expédition. Les voitures n'avaient subi aucune modification majeure, si ce n'est que le l'ajout de bon pneus d'hivers, un « must » et du lave-glace certifié à -49 degrés. Premier constat, pas évident de mettre tout notre attirail dans ce biplace. La smart est loin d'avoir l'espace de chargement d'un VUS, mais on a tout de même réussi à fermer le hayon avec, disons, un peu d'aide du genou droit. Un premier défi relevé. Par mesure de sécurité, ou de survie devrais-je dire, nous étions accompagnés de deux Mercedes de Classe GL et d’un Mercedes-Benz G d’armée. D’ailleurs ce dernier transportait tout l’équipement nécessaire en cas de pépin, notamment de l’essence, des roues, des pièces de rechange et des pare-brise. L’élément le plus utile de cette liste aura sans doute été….les pare-brise !

La ville de Kelowna transpirait les Jeux Olympiques. On a même eu droit au passage de la flamme sur notre chemin. Quelques 580 km nous ont menés à la ville de Quesnel, où nous avons passé la première nuit. La route nous a offert des décors magnifiques, dignes du far ouest, surtout dans la région de Kamloops. Cette partie du trajet a cependant été marquée par des routes sèches, une température plus que clémente et l’absence de neige. Bref, une vraie promenade dans le parc, même pour une smart.

Premier constat, même si nous ne sommes pas en zone urbaine, la smart de débrouille bien sur la route. Il faut certes faire quelques arrêts pour s’étirer un peu, mais la voiture n’est pas trop punitive. Son moteur trois cylindres de 70 chevaux pourrait en faire rire plusieurs si on compare avec la concurrence, mais le ratio poids/puissance de la voiture permet de compenser. Bref, il faut tout de même prévoir des dépassements un peu plus laborieux qu’au volant d’une AMG.

Jour 2, la route de l’Alaska

Départ tôt le matin en direction de Fort ST.John, une balade de plus de 560 km. Voilà que le climat devient de moins en moins invitant, alors que les voitures deviennent de plus en plus rares, faisant place aux lourds camions de transport de bois qui ne tirent non pas une, mais deux remorques à la fois. Ces camions nous font sentir très petit à bord de notre smart. Les chauffeurs semblaient d’ailleurs bien étonnés de voir une rangée de smart sur leur chemin et, croyez-moi, vous ne voulez pas vous retrouver en sens inverse face à eux. Après de petites villes, nous sommes maintenant à traverser des villages qui semblent sortis de nulle part. Le temps semble s’être arrêté dans ce coin de pays et on se demande bien comment on ferait pour adopter un tel mode de vie. Qui sait, ce sont peut-être eux qui ont la belle vie après tout !

Voilà que l’on circule de plus en plus sur des routes enneigées, alors que l’on gagne en altitude et que le mercure est à la baisse. Enfin, nous arrivons à Dawson Creek, là où l’on retrouve Miles Zero, soit le début de l’autoroute de l’Alaska. Cette étape marque également la fin de la promenade du dimanche, laissant place un peu plus à l’aventure.

Jour 3, sortie de piste !   

Alors que nous sommes de plus en plus au nord, le départ de la troisième journée se fait à la noirceur. Destination, Muncho Lake pour une balade de 630 km. Fini les jolies routes, on se croirait dans un sentier de motoneige alors que la chaussée fait place à la glace. Sur notre passage, quelques concessionnaires qui n’ont en stock que des camionnettes. En fait, nous sommes au royaume des « pick-up » et des 4X4, alors que les voitures se font quasi inexistantes. Plusieurs nous décochent d’ailleurs des regards étonnés, la smart n’était certainement pas un véhicule familier dans leur région.

Alors que la route nous présente des paysage féeriques, le GL de tête nous alerte des camions de transport qui arrivent en sens inverse. La route de glace est étroite et très bombée, alors nous tentons d’utiliser le centre le plus souvent possible histoire de ne pas glisser dans les fossés. Ajoutez une visibilité difficile en raison de la neige soulevée par toutes les voitures, des routes sinueuses et montagneuses bordées d’escarpements et vous obtenez une randonnée qui n’a rien d’une promenade du dimanche. Cependant, on réussi à maintenir une vitesse de croisière plus qu'honorable et le tout est facilité par la maniabilité et la légèreté de la smart. En fait, sur la glace, la smart s’est avérée plus agile que les gros VUS qui nous accompagnaient, ces derniers étant affligés d’un poids plus important et d’un centre de gravité plus élevé. Tel un kart, la smart s’est avérée solide comme le roc, bien appuyée par son système de contrôle de la traction qui venait corriger certains petits excès.

Alors que ma copilote est au volant, un camion de transport déporte le Mercedes GL de tête un peu trop à droite et c’est la sortie de route. Il s’en est suivi une pluie de smart de travers sur la route alors que je lance à ma partenaire « Don't hit the brake! » (ne touche pas aux freins!). Trop tard, nous voilà sortis de route alors que la smart s’enfonce dans la neige. Une fois le jeu de quille calmé, notre chef technique, qui ferme la marche, lance d’un ton plus que calme « Que toutes les voitures qui n’ont pas été impliquées dans l’accident poursuivent leur chemin » Il n’en fallait pas plus pour que je me dise « Enfin, de l’action et de bonnes photos ! »

Même constat pour Jerry, pilote du Mercedes G d’armée qui d’un sourire difficile à masquer, pouvait enfin utiliser ses jouets pour dégager les deux véhicules. Voilà un événement qui n’a certes pas égayé les dirigeants de Mercedes, mais qui a drôlement plu aux journalistes. Mais non, Madame Caza, responsable des relations publiques chez Mercedes-Benz du Canada, elles sont sécuritaires vos voitures. Elles sont comme tous les autres véhicules, à la merci de celui qui est dernière le volant.

Jour 4, l’arrivée à Whitehorse

Un autre départ nocturne de Mucho Lake, alors que le jour se lève plusieurs heures après nous. Le soleil ne restera présent que peu de temps, décrivant un petit arc, sans jamais passer au-dessus de nos têtes. Si vous croyez que l’on manque de lumière ici, allez passer un hiver dans le coin et vous serez bon pour une thérapie après quelques mois. Encore une fois, les paysages enneigés se succèdent alors que l’on croise régulièrement des animaux sauvages en bordure de la route.

On sent que l’on s’approche de Whitehorse alors que se succède une suite de commerces spécialisés dans la réparation de pare-brise. Et oui, notre seul avarie furent trois fissures assez majeures dans le pare-brise et deux bons éclats de verre, le lot de toutes les smart d’ailleurs. Il faut cependant avouer que se suivre en convoi n’a pas aidé la cause. Voilà sept pare-brise à remplacer !

Il faut avouer que la smart s’est admirablement sortie de cette première étape. Reste à voir si le tout se poursuivra jusqu’au cercle arctique. Certes la smart n’est pas la plus spacieuse des voitures, mais ses petites roues, sa légèreté et son électronique nous a permis chaque jour de nous rendre à destination. Seule une tempête avec de grandes accumulations aurait pu stopper notre expédition.

La morale…

De nos jours, alors queplusieurs accusent l’automobile de tous les maux de la terre, il est bon de se souvenir et de constater que peu d’expériences sont aussi enrichissantes qu’une longue balade en voiture avec amis et famille. Il n'existe aucun autre mode de transport qui vous permettre d’accéder et de découvrir des coins de pays aussi intéressants. Lors de prochaines vacances, passez par-dessus la semaine à Cuba et prenez la route pour découvrir des endroits hors du commun, vous en reviendrez transformé.

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