Volvo XC90, le vieillissant suédois

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2007

C’est vrai, la Volvo XC 90 n’a jamais été réputée pour son style dynamique, et sa conduite ultrasportive. On lui a plutôt affublé le titre de véhicule utilitaire le plus sécuritaire (pas mal quand même pour un VUS !), ce qui prouve bien dans quelle direction le constructeur suédois voulait viser. Mais on semble assister à un changement de cap chez Volvo. Non pas que l’on néglige la sécurité, qui fait partie de la mission de l’entreprise depuis sa fondation, mais disons que l’on joue davantage la carte de la puissance, même dans le cas du plus gros utilitaire de la gamme.

La XC90 livre donc une chaude bataille à ses principaux rivaux que sont la Mercedes Classe M et le BMW X5. Mais alors que la M vient tout juste d’être refaite, et que le X5 sera vendu au début de 2007 en version remodelée, on peut certes se demander si, malgré toutes ses qualités, la XC90 fera le poids, surtout que les changements apportés en 2007 sont infimes...

D’abord, un moteur

Sous le capot de la XC90, on retrouve depuis l’année dernière un V8 assez solide avec ses 4,4 l de cylindrée et ses 311 chevaux de puissance. Pour rendre le moteur efficace, on a mis à la disposition du conducteur plus de 70 % du couple dès l’atteinte des 3 000 tours. Aussitôt que l’on sollicite l’accélérateur, la XC90 bondit littéralement en avant avec une sonorité, ma foi assez étonnante pour ce genre d’utilitaire. Mais la nouveauté vient cette année du petit frère, qui a abandonné son cinq cylindres en ligne pour grossir un tantinet en cylindrée et en puissance. Ce six cylindres en ligne 3,2 litres produit 235 chevaux. Utilisé aussi sur la toute nouvelle S80, ce moteur profite d’une technologie unique et surtout d’un mode d’assemblage sophistiqué. On a réussi à éliminer une partie des courroies de transmission, et par conséquent, des rouages d’entraînement qui s’y rattachaient. On dispose alors d’un bloc moteur très restreint, beaucoup moins lourd, qui même en ajoutant un cylindre n’additionne même pas un millimètre d’espace supplémentaire. Notons cependant que le moteur un peu plus petit ne bénéficie pas d’autant de souplesse que le V8. Les accélérations sont moins vives, évidemment, mais on a aussi l’impression qu’il s’essouffle plus rapidement. Tant le V8 que le 6 cylindres sont accouplés à une nouvelle boîte automatique à six rapports et à un système un peu plus perfectionné de transmission intégrale que sur les autres XC90 : le « Instant AWD » censé être encore plus réactif dans la répartition de la puissance aux quatre roues grâce à une précharge du couple dans le coupleur Haldex. Il peut même reporter 50 % plus de couple sur le train arrière.

Certaines limites s’imposent cependant d’elles-mêmes au gros utilitaire de la gamme. Le châssis, conçu d’abord pour la sécurité, n’est pas tout à fait à la hauteur des performances plus sportives du moteur V8 (qui réussit tout de même un 0-100 en moins de 7,5 secondes). Les suspensions, calibrées avant tout pour le confort des passagers, absorbent avec aisance le moindre soubresaut de la route, mais ne permettent pas d’apprécier autant qu’on le souhaiterait les qualités de la direction. Concrètement, en virage, la XC roule un peu sur elle-même, pas au point d’affecter le contrôle de trajectoire, mais suffisamment pour donner davantage une impression de voiture de luxe que d’utilitaire de performance.

Suédois dans l’âme

En matière de confort cependant, la XC90 est indéniablement suédoise dans l’âme. Comme c’est l’habitude chez Volvo, on nous gratifie de sièges moulants jusque ce qu’il faut, apportant le support exactement selon les besoins et le poids du conducteur. Volvo réussit une fois de plus à fournir les sièges parmi les meilleurs de l’industrie. Longue de plus de 4,8 mètres, soit quelques centimètres de plus que ses rivaux, la XC90 est proposée en déclinaisons 5 ou 7 passagers. Ses grandes mesures autorisent une habitabilité record, y compris en version 7 places même si, ici comme ailleurs, l’accès à la banquette arrière relève davantage de la contorsion que du simple geste. Et bien entendu, les dimensions des passagers devront être à l’avenant, c’est-à-dire réduites, s’ils veulent bénéficier d’un minimum de confort. Les deux sièges arrière d’appoint se replient aisément et viennent se glisser sous le plancher du coffre, dégageant ainsi un espace pour les bagages. Le dossier de la banquette arrière bascule aussi, offrant alors un volume imposant.

On ne peut parler de la XC90 sans parler de sécurité et dans cette optique, l’innovation la plus intéressante s’appelle le BLIS (système d’information sur les angles morts). À l’aide de caméras intégrées aux rétroviseurs latéraux, ce système détermine si un véhicule est dans les angles morts de la XC90. Si c’est le cas, un voyant s’allume dans le rétroviseur concerné afin d’alerter le conducteur. Le mécanisme s’est avéré d’une grande efficacité sur l’autoroute, mais n’a pu répondre avec autant d’acuité en zone urbaine. Il faut dire qu’il ne réagit qu’à des objets de la taille d’un véhicule, ce qui élimine toute détection d’un piéton, d’un cycliste ou même d’une moto... Sécuritaire et spacieuse, la XC90 est toujours au sommet de sa forme. Mais une bonne révision pourrait lui redonner un peu du lustre qu’elle risque de perdre au détriment de ses nouveaux compétiteurs.

feu vert
Sécurité au-delà de la moyenne
Moteur V8 puissant
Technologie BLIS
Sièges grand luxe

feu rouge

Banquette arrière minuscule
Ensemble vieillissant
V6 peu agréable
Châssis mal adapté

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