Ford Bronco 2021 : le vrai

Points forts
  • Incontestable charmeur
  • Capacités hors route
  • Très belle exécution esthétique
  • Bon choix mécanique
  • Grand choix de modèles
Points faibles
  • Facture salée
  • Consommation élevée
  • Vices de conception à corriger
  • Disponibilité limitée
Évaluation complète

Pour se rendre au lancement du très attendu Ford Bronco, lequel se tenait dans l’environnement du circuit de Mosport en Ontario, quelques collègues et moi avons partagé le volant d’un Bronco Sport. Celui qui n’est certainement aussi « sport » que le Bronco « non sport », et qui aurait certainement pu par nostalgie être baptisé Bronco II. Un véhicule en version Outer Banks, équipé du moteur à trois cylindres turbocompressé, et qui pour une facture de plus de 40 000 $, ne nous a pas impressionnés.

Sans l’ombre d’un doute, mes collègues et moi allions être plus enthousiastes à la découverte du « vrai » Bronco.

Celui qui repose sur un châssis à échelle et qui cible directement l’acheteur du Jeep Wrangler. Celui qui circule depuis plus d’un an sur les réseaux sociaux, fraîchement débarqué chez les concessionnaires, et qui avait d’ailleurs fait la couverture du Guide de l’Auto 2021. Celui qui devait initialement toucher le sol à la fin de l’année dernière, ralenti par la COVID-19 et les retards de production. Également, celui qui fait actuellement l’objet d’un rappel massif pour des toits rigides laissant pénétrer l’eau et dont les plastiques se dégradent à vitesse grand V. Bref, celui qui a fait couler beaucoup d’encre au cours de la dernière année, et que j’ai finalement eu le plaisir de conduire.

Avant de nous laisser prendre la route, ou devrais-je plutôt dire, le sentier, les stratèges de Ford nous ont présenté leur joujou. Un produit qui transpire la passion jusque dans les moindres détails, comme en témoignent les six versions disponibles, autant en deux qu’en quatre portes. Au bout de quelques secondes, l’impression d’une présentation Jeep était d’ailleurs palpable, puisqu’on évoquait des sujets comme la personnalisation et l’accessorisation très importante pour la clientèle (et les concessionnaires), de même que le goût de l’aventure à travers des sessions de conduite hors route offertes aux acheteurs. Il faut dire que les gens de Ford n’ont que très peu baigné dans cet environnement au fil des dernières décennies, n’ayant pas offert d’authentique baroudeur des bois depuis la disparition du…Bronco!

Photo: Antoine Joubert

La gamme

De la version de base sur jantes d’acier jusqu’à la version Wildtrack s’adressant à l’amateur de conduite hors route le plus exigeant, le Bronco peut rejoindre une large clientèle. Toit souple ou toit rigide rétractable sont offerts, avec bien sûr ces panneaux amovibles que ne sont pas sans rappeler ceux du Jeep Wrangler. Sans cadre de fenestration, les portières d’aluminium sont elles aussi amovibles et conçues pour pouvoir être rangées à l’arrière (4 portes). De toutes les versions, attendez-vous à ce que la Bid Bend et la Outer Banks soient les plus populaires, bien que pour l’heure, les versions Badlands (plus luxueuse) et Wildtrack soient très en demande.

Reposant sur le châssis du Ford Ranger avec qui il partage aussi sa chaîne d’assemblage, le Bronco est offert avec deux choix mécaniques. D’abord, le quatre cylindres turbo de 2,3 litres du Ranger, lequel produit entre 275 et 300 chevaux selon le type d’essence utilisé. Puis, en option, mais de série avec la version Wildtrack, l’excellent V6 turbo de 2,7 litres produisant entre 315 et 325 chevaux. Le seul moteur qui était disponible dans le cadre de nos essais, et qu’on jumelle à une boîte automatique à dix rapports. Fait intéressant, le moteur à quatre cylindres peut aussi faire équipe avec une boîte manuelle à sept rapports (incluant un rapport de démultiplication), laquelle sera disponible sous peu.

Photo: Antoine Joubert

Comme pour le Bronco Sport, on troque ici l’ovale bleu pour le cheval athlétique, bien en évidence sur le volant. Le premier d’une longue série d’éléments qui nous confirment que ce camion est conçu pour l’aventure. Pensez aux poignées d’accès à la cabine, aux interrupteurs juchés au sommet de la planche de bord, aux filets de rétentions très design logés dans les portières et derrière les sièges, sans compter ces contrastes de couleurs tout sauf ennuyants. De façon générale, l’aménagement de la planche de bord est irréprochable, ce qui n’empêchera toutefois pas le soleil de venir gêner la vue de cet écran central pouvant atteindre 12 pouces, lorsque vous roulez à ciel ouvert. Les sièges y sont également confortables, laissant présager des sévices amoindris par rapport au Jeep Wrangler si vous devez effectuer de longs trajets.

Hors route…pour la forme

Soyons honnêtes, les exercices que nous avaient réservés les gens de Ford n’étaient pas très complexes. En somme, ce qu’il fallait pour découvrir certaines des qualités hors route du véhicule, mais sans qu’on ne puisse se retrouver en eaux troubles. Des pentes, des bosses, un peu de boue et de roches, ainsi qu’une marre d’eau dans laquelle n’importe quel petit VUS aurait pu plonger. Cela dit, ces exercices m’ont permis de découvrir la grande facilité avec laquelle on peut verrouiller ou déverrouiller les différentiels (au moyen de simples boutons), tout en exploitant les divers modes de conduite du système que Ford baptise GOAT (Goes Over Any Types of Terrain). Également, cette technologie que l’on nomme Trail Turn Assist qui consiste à verrouiller la roue arrière intérieure pour réduire de façon considérable le cercle de braquage. Il est même possible, dans certaines circonstances, de conduire à une seule pédale, de la même façon qu’avec une voiture électrique comme la Tesla Model 3. Un dispositif qui fait appel au frein moteur pour faciliter le contrôle en situations précaires, mais très mal adapté à autre chose qu’un sentier.

Photo: Antoine Joubert

Chose certaine, le Bronco est capable. Ses angles d’attaque et de sortie impressionnent au même titre que sa maniabilité, qu’importe le type de surface sur lequel vous circulez. Pas de doute, la version deux portes à empattement court est la plus amusante en dehors des sentiers battus. Et il est clair qu’avec le poids allégé du quatre cylindres, le plaisir sera encore plus présent. N’oublions pas que ce moteur produit une puissance comparable à celle du quatre cylindres et du V6 offerts chez Jeep, mais avec l’avantage d’un couple plus généreux. Naturellement, la version à quatre portes sera en revanche celle capable d’offrir un minimum de confort, à un niveau certainement plus élevé que celui du Jeep. Notre très courte incursion sur l’asphalte ne nous aura hélas pas permis d’obtenir de réelles impressions de conduite sur route, ce pour quoi mon plan initial était de revenir au bercail à son volant, sur plus de 450 kilomètres. Sauf que…

Oups !

Le véhicule qui devait m’être confié pour mon retour vers Montréal avait à mon départ un petit pépin mécanique. Un témoin lumineux indiquant un problème au niveau du circuit de charge, probablement causé par une accumulation d’eau et de boue. On allait donc m’offrir un second véhicule parfaitement identique, lequel avait été conduit pour l’événement par un collègue. Hélas, le même problème allait aussi survenir sur ce dernier. Même témoin lumineux, avec en plus, des témoins pour la vérification du système 4x4 et relatif à l’entretien périodique, le véhicule n’affichant pourtant que 1 600 kilomètres au compteur. Clairement, quelque chose n’allait pas.

Photo: Antoine Joubert

Heureusement, la possibilité d’un troisième véhicule s’offrait à moi, alors que mes collègues avaient déjà quitté pour leur retour au volant du Bronco Sport (utilisé pour l’aller). Or, quelle ne fut pas ma surprise de constater que ce véhicule affichait lui aussi ce problème de charge, me confirmant que le Bronco pourtant conçu pour la conduite hors route affiche un sérieux vice de conception (un autre), qu’il faudra certainement corriger. J'ai donc repris la route vers Montréal au volant d’un cabriolet Mustang emprunté à un employé. Une balade qui fut bien sûr très agréable, même si j’aurais préféré pouvoir compléter ce premier essai dans les règles de l’art.

Armez-vous de patience

Comme pour tous les véhicules qui sont actuellement très en demande, il faut être patient avant de mettre la main sur un Ford Bronco. Les carnets de commandes débordent pendant que les retards de production s’accumulent. La pénurie de semi-conducteurs peut expliquer le problème, mais sachez que le problème conceptuel du toit force également le constructeur à stationner temporairement des milliers d’unités qui verront leur couvre-chef prochainement remplacé.

Placer une commande aujourd’hui pourrait ainsi vous valoir un an d’attente, et ce peu importe la version convoitée. Remarquez, cela pourrait aussi donner le temps à Ford de régler quelques pépins de jeunesse visiblement sérieux, sur un produit d’une importance capitale. Voilà d’ailleurs pourquoi en me plaçant dans la peau d’un acheteur, je patienterais encore un an avant d’en faire l’achat. Parce qu'il s'agit d'un véhicule qui fait appel à la passion plutôt qu'à la raison et parce qu’un modèle 2022 ou 2023 sera assurément meilleur.

Photo: Antoine Joubert

En terminant, quelques mots pour mentionner que les prix ne sont pas très alléchants. Le tout débute juste au-delà des 40 000 $ pour atteindre (sans options) le plateau des 60 000 $. Quant au véhicule d’essai qui aurait dû se retrouver dans mon entrée de garage après cette rocambolesque journée, son prix affiché était de 74 539 $, transport et préparation inclus. Une somme colossale, mais ironiquement dans la mire du Jeep Wrangler, qui a lui aussi vu ses prix exploser au cours des dernières années. Et puisque cette hausse ne semble pas freiner les acheteurs, on peut s’imaginer qu’il en sera de même pour les acheteurs du Bronco.

En vidéo : l'essai du Jeep Wrangler 4xe 2021

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