Porsche 911 Targa 4S 2021 : une sportive qu’on aime découvrir sans cesse

Points forts
  • Conduite inspirante
  • Puissance bien dosée de la mécanique
  • Habitacle découvrable très appréciable
  • Cinématique du toit impressionnante
Points faibles
  • Places arrière inutiles
  • Suspension pas toujours confortable
  • Instrumentation complexe qui nécessite un temps d’adaptation
Évaluation complète

La Porsche 911 Targa est idéale pour profiter du vent et du soleil, tout en préservant la silhouette intemporelle de cette remarquable sportive allemande.

On n’oublie pas sa première Porsche. La mienne, c’était la 911 1967 qui avait appartenu au chanteur Claude Gauthier. J’ai fait mes débuts en course automobile au volant de cette voiture. Le novice que j’étais croyait pouvoir remporter des épreuves avec elle simplement parce que c’était une Porsche. J’ai fait mes classes et j’ai compris. Avant la fin de la première saison, je l’ai vendue pour la remplacer par une 911S 1967 qu’avait utilisé Jacques Duval. Celle-là était préparée pour la course. Alors, les choses ont changé.

Moi, je misais sur une Porsche pour gagner des courses. Mais à l’époque comme aujourd’hui, la majorité de ceux qui achetaient ces voitures n’était pas des pilotes. C’était des gens ordinaires prêts à mettre le prix pour se payer une sportive de grande qualité. Or, certains d’entre eux souhaitaient conduire cheveux au vent. C’est pour eux que le constructeur de Zuffenhausen a créé la 911 Targa.

Un modèle cinquantenaire

La Targa a été dévoilée en septembre 1965, au Salon de Francfort, le même événement où, deux ans plus tôt, le coupé 911 faisait ses débuts. Mise en marché un an plus tard, la 911 Targa n’était pas qualifiée de cabriolet. Sa carrosserie décapotable avait un arceau de sécurité massif en acier inoxydable. Ce concept inédit pour l’époque avait été mis au point pour répondre à une menace formulée par l’administration américaine, qui envisageait d’interdire les décapotables!

Devant l’arceau, un toit pliant amovible recouvrait l’habitacle, alors que derrière, une capote pliable avec lunette en matière synthétique intégrée reproduisait la courbure du toit du coupé. Cette solution novatrice permettait de découvrir l’habitacle presque entièrement, mais au prix d’une manipulation très laborieuse. Voilà pourquoi, après quelques mois, une lunette en verre fixe viendra de série dès 1968.

Encore plus attrayante

Un demi-siècle plus tard, nous voici au volant d’une 911 Targa 4S 2021. C’est une des trois carrosseries offertes par le constructeur pour la huitième génération de cette sportive devenue une icône de l’industrie. Après tout, n’a-t-elle pas décroché le 5e rang à la compétition de la Voiture du siècle, en 1999?

Appelée « 992 » chez Porsche, cette huitième itération a fait ses débuts en 2018. On a d’abord dévoilé le coupé à Los Angeles, en novembre de cette année-là. Puis, le cabriolet a été lancé en janvier 2019 (Porsche fabrique des cabriolets 911 depuis 1983) et la Targa en mai 2020.

Quoique nouvelle, cette voiture conserve la silhouette typique d’une 911. Elle se reconnaît donc par quelques détails. Marginalement plus large que sa devancière, sa carrosserie est faite presque entièrement en aluminium. Elle a des passages de roue avant plus proéminents, un capot avant anguleux et des phares à DEL. Dominé par un large aileron escamotable, enfin, son bouclier arrière se pare, la nuit venue, d’une fine lame lumineuse transversale pour annoncer sa présence sur la route.

Fonctionnement spectaculaire

La Targa est l’entre-deux de la gamme. Au premier coup d'œil, on croirait voir un coupé. Cependant, en un tournemain, elle expose ses occupants aux chauds rayons du soleil, et ce, de manière simple, rapide et spectaculaire. En appuyant sur un bouton logé à l’extrémité de la console centrale, ou même en utilisant la télécommande de verrouillage depuis l’extérieur de la voiture, le conducteur déclenche un ballet mécanique qui ne dure que 19 secondes. Alors s’activent la capote Softtop et un grand panneau incorporant la lunette arrière pour le plus grand plaisir des badauds.

Le panneau de la lunette se soulève et bascule en se déplaçant vers l’arrière. Deux clapets s’ouvrent simultanément sur l’arceau Targa et libèrent la Softtop, qui surplombe l’habitacle. Cette capote se plie en Z en un mouvement qui l’entraîne à l’arrière, dans un logement prévu à cet effet. Les clapets de l’arceau et la lunette se referment ensuite, et voilà les occupants du bolide exposés à Galarneau! Pour ne décoiffer personne, le constructeur a même prévu un déflecteur que l’on fixe manuellement au pare-brise. Il réduit considérablement les courants d’air dans l’habitacle entre 50 km/h et 145 km/h! On est loin de la première Targa...

Monstre de puissance

La motorisation aussi a beaucoup changé, bien que notre bolide soit toujours animé par un moteur « Boxer » monté à l’arrière. On est passé d’un 6 cylindres à plat atmosphérique de 2 litres refroidi à l’air, qui produisait 130 ch, à un 6 cylindres biturbo de 3 litres refroidi par liquide qui livre 443 ch! Le moteur de la 4S n’est d’ailleurs qu’une des trois variantes offertes par Porsche pour la Targa. Celui de la Targa 4 libère 385 ch, tandis que celui de la Targa 4 GTS en crache 473. On peut également différencier ces trois Targa par le 0 à 100 km/h de chacune : il nécessite 4,4 s pour la Targa 4, 3,8 s pour la 4S et 3,5 s pour la 4 GTS. Ces secondes que l’on retranche au temps ont naturellement un prix : 138 000 $ pour la 4, 156 100 $ pour la 4S et 173 700 $ pour la 4 GTS. Les nostalgiques se souviendront qu’à la fin des années 60, au Canada, la Targa frôlait les 10 000 $. Bien sûr, à cette époque aussi, une Coccinelle se vendait un peu plus de 2 000 $...

La boîte manuelle à 4 ou 5 rapports des premières 911 a cédé sa place à une boîte de vitesses sophistiquée. Cette boîte robotisée à double embrayage et 8 rapports est appelée PDK (Porsche DoppelKupplung). Elle offre le choix d’un mode automatique à l’action discrète et d’un mode manuel très réactif. En avril 2020 cependant, à la demande des puristes de la marque, le constructeur a choisi d’offrir de nouveau une boîte manuelle à 7 rapports pour la 911. Elle fait partie de l’ensemble optionnel Sport Chrono, une des nombreuses options proposées pour cette voiture. Bien étagée, ses rapports s’engagent avec précision. Sur une piste de course, elle sera sans doute un vecteur de stimulation, mais dans un centre-ville congestionné, son embrayage ferme fatigue et irrite le conducteur. De plus, à 100 km/h sur l’autoroute, cette boîte ne procure aucun bénéfice et rend la PDK d’autant plus désirable.

Le « 4 » inscrit dans les appellations des Targa rappelle qu’elles sont dotées d’une transmission intégrale, une technologie embarquée sur certains modèles depuis le début des années 90.

Conduite exigeante

Sur la route, on apprécie hautement la rigidité étonnante du châssis, de même que la direction hyperprécise et la puissance du freinage. En outre, la Targa dispose en équipement de série d’un système électronique de gestion active de la suspension (« PASM » dans le vocabulaire de la marque). Mais n’allez pas croire que ce système aplanit les bosses pour autant. Même en utilisant le mode Normal du PASM, comme le disait Mario Andretti, mieux vaut ne pas se mettre la langue entre les dents lorsque l’on roule sur un mauvais revêtement!

L’assemblage soigné et la grande qualité des matériaux employés à l’intérieur demeurent un des points forts de cette Porsche. De plus, l’habitacle évoque celui des 911 Carrera par son esthétique. Fidèle à la tradition Porsche, derrière le volant, le compte-tours prédominant en position centrale est flanqué de deux écrans d’information non cerclés.

Au centre du tableau de bord, le conducteur jouit d’un écran de 10,9 po pour le système d’infodivertissement. Il dispose également d’un repose-pied large, qui s’avère pratique lors de longues randonnées. En outre, les sièges baquets fermes soutiennent bien le corps. Voilà un avantage évident lorsque l’on attaque une route sinueuse de l’arrière-pays.

Rappelons, enfin, que la 911 Targa 4S est une 2+2. Cela signifie qu’il y a deux petites (très petites) places derrière les sièges baquets. En réalité, elles sont essentiellement... décoratives! Comme dans un coupé ou un cabriolet 911, l’espace pour les jambes derrière les sièges baquets est carrément inexistant. C’est connu. Mais dans la Targa, la présence de l’arceau réduit drastiquement le dégagement pour la tête des éventuels occupants de ces places arrière. Bref, ces deux places servent à déposer une bourse ou un sac de voyage, sans plus. De toute façon, lorsque l’on a les moyens de s’offrir une 911, c’est parce que l’on a aussi un autre véhicule à 4 places ou plus à la maison. Au moins un autre véhicule...

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