Nissan Maxima - Dans l’ombre de quoi ?

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2021

Introduite à l’époque où Phil Collins et Journey étaient au sommet de leur art, la Nissan Maxima continue d’évoluer avec les vapeurs restantes du passé. Si la refonte complète remonte à 2015, il faut reculer en 2019 pour une légère mise à jour stylistique. Et, mentionnons-le rapidement, car c’était plus que succinct.

Si vous avez lu les deux pages consacrées à la Maxima dans le livre précédant celui-ci dans votre bibliothèque, vous connaissez déjà les secrets liés à sa mécanique. Comme vous vous en doutez, la berline pleine grandeur de Nissan continue d’être animée par le moteur V6 de 3,5 L, et ce, que vous optiez pour la version SL, SR ou Platine. Générant pas moins de 300 chevaux et 261 lb-pi, ce moteur ne vous laissera jamais coincé dans la voie de droite. Nissan est plus que friand des transmissions à variation continue bien que le constructeur ait connu des ratés par le passé. Et la Maxima n’y échappe pas, c’est ce type de boîte auquel est jumelé son bloc. On n’a pas le choix d’admettre que le mariage est généralement harmonieux, mais on demeure convaincu qu’une transmission automatique traditionnelle qui serait étagée, par exemple, sur six rapports, offrirait un comportement routier amélioré.

Parce que oui, les coussins gonflables sont nombreux – je manque probablement de doigts pour les compter – et les systèmes d’assistance à ceci et à cela sont abondants, néanmoins un élément majeur de la sécurité a été négligé : la visibilité. Non, il n’est pas ici question de la visibilité trois-quarts arrière totalement obstruée par le pilier C si gros qu’il regarde de haut le Grand Canyon. Je parle plutôt de l’éclairage des phares qui était nettement insuffisant une fois la nuit tombée lorsqu’on sortait des grandes artères pourvues de lampadaires.

Pas très moderne, le système d’infodivertissement trahit quelque peu l’âge de la Maxima. La présentation des menus, la résolution de l’écran et la convivialité générale devraient être revus. Puisque la Maxima est une berline pleine grandeur, on s’attend à beaucoup d’espace à bord. Si le conducteur et le passager s’installent dans des baquets très confortables, la situation se gâche lorsque l’on s’assoit à l’arrière. La ligne de toit restreint malheureusement le dégagement pour la tête des occupants arrière. Dans une berline de cette taille, il est primordial de ne pas négliger cet élément.

Il lui en manque deux

Le gros handicap de la Maxima, c’est assurément ses roues motrices avant. En effet, on est nombreux à admettre que ce serait un sacré atout si elle pouvait minimalement être équipée en option du rouage intégral. Force est d’admettre que sur une surface glacée ou enneigée, il est très fréquent que les roues avant patinent. Surtout, ne négligez pas l’achat d’excellents pneus d’hiver. Serait-elle plus populaire avec quatre roues motrices? Allez savoir!  

On pourrait croire que la Maxima est dans l’ombre de sa petite sœur, l’Altima, puisque celle-ci est livrée de série avec le rouage intégral. En demeurant dans l’univers des berlines de la grande famille de Nissan, on pourrait aussi imaginer que la Q50 rend la vie difficile à la Maxima puisqu’elle a un soupçon de prestige additionnel en plus du rouage intégral. Mais non! Ces deux autres berlines, qui ne répondent plus aux désirs des consommateurs des années 2020, ne sont guère plus populaires.

Le plaisir d’une berline

J’assume pleinement ce que j’avance. Malgré les quelques défauts de la Maxima, j’aurai du mal à ne pas vous féliciter pour votre audace si votre choix s’est arrêté sur cette dernière plutôt que sur un VUS. En 2021, acheter une berline pleine grandeur, c’est carrément une déclaration. À une époque pas si lointaine, acheter une voiture tricorps était probablement l’acte de consommation le plus banal après celui d’acheter du pain ou du lait. J’exagère à peine. Tout ça pour dire qu’au volant d’une berline puissante comme la Maxima, on ressent un certain plaisir qui tend malheureusement à disparaître dans cet océan de VUS. Il n’y a pas à dire, la Maxima est une survivante.

« Et son prix? » me demanderez-vous, les sourcils froncés. On est bien d’accord, à plus de 41 000 $ dans sa version de base, la Maxima n’est pas vraiment une aubaine. Cela dit, sa dépréciation est relativement forte, ce qui pourrait vous permettre de mettre la main sur un exemplaire légèrement usagé pour une fraction du prix d’une neuve.

Feu vert

  • Moteur V6 puissant
  • Silhouette plutôt jolie
  • Rareté

Feu rouge

  • Forte dépréciation
  • Absence de rouage intégral
  • Avenir incertain au Canada

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