Volkswagen New Beetle, amour du passé

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2007

Ferdinand Piech était carrément contre la New Beetle. Pour lui, cet élégant coupé aux lignes rétro inspirées de l’ancienne Beetle ne serait qu’un feu de paille et presque exclusivement en Amérique du Nord. Pour le reste, il n’y voyait aucun avenir et ne cessait de répéter que cette aventure allait se terminer sans suite. Pourquoi l’omnipuissant professeur Piech a-t-il cédé à la pression populaire et donné le OK pour la mise en marché de cette voiture ? Probablement pour prouver qu’il avait raison et que la New Beetle n’avait aucun avenir à long terme !

Tandis que l’Eos sera présentée en tant que modèle 2007 et que la Rabbit vient remplacer la Golf, rien ne porte à croire que la New Beetle aura un successeur. En attendant, pour que ce modèle puisse être davantage dans le coup, elle a bénéficié de quelques retouches l’an dernier, mais c’est sans doute pour permettre aux mordus de ce modèle de trouver une excuse pour remplacer leur adorée. Et il faut souligner au passage que cette voiture est particulièrement appréciée par une clientèle presque exclusivement féminine. Une autre raison qui explique son déclin progressif au chapitre des ventes. Ignorée pratiquement par la moitié des clients potentiels, c’est plus difficile de survivre. D’autant plus que cette marque nous propose la Rabbit en version trois et cinq portes et que l’Eos est un choix alternatif pour les personnes à la recherche d’une Volkswagen décapotable. Bref, l’avenir ne s’annonce pas très rose pour cette allemande assemblée au Mexique. Mais il ne faut pas perdre de vue le modèle toujours en place qui ne manque pas de qualités, même si le roman d’amour de la New Beetle avec sa clientèle cible est en train de se terminer.

Dictature des formes

La New Beetle doit son succès à sa silhouette géniale unique en son genre qui lui a d’ailleurs permis de séduire tant de personnes lors de son dévoilement au Salon de Detroit au milieu des années 90. Mais toutes géniales soient-elles, ces formes dictées par le passé handicapent quand même cette voiture, originalement conçue avec un moteur arrière et qui est devenue une traction afin de respecter un marché plus moderne. Ce qui signifie, entre autres, que le coffre arrière est d’une capacité plus que moyenne. Et les places arrière sont également exiguës. En fait, seuls deux enfants de moins de dix ans peuvent se trouver à l’aise sur cette banquette dont les coussins sont nettement trop durs pour des personnes normalement constituées. Heureusement, les places avant sont plus accueillantes, et pilote comme passager peuvent y prendre leurs aises ou presque. Par contre, le conducteur se retrouve quasiment au milieu de la voiture, affrontant un tableau de bord très profond ce qui permet au pare-brise d’épouser la courbe du toit. Et pas moyen d’y échapper puisque la silhouette est dictée par le passé. Les gens ont beaucoup d’espace pour les pieds, les coudes et les jambes, mais il se perd quand même beaucoup d’espace et ce sont les occupants des places arrière qui trinquent. Et la version cabriolet n’est pas plus avantageuse à ce chapitre. Une fois la capote baissée, celle-ci est partiellement remisée sur le rebord de la carrosserie arrière, obstruant la vision du conducteur. Mais que le toit soit abaissé ou en place, la visibilité arrière est toujours mauvaise. Et je tiens à attirer votre attention sur la housse qui recouvre la capote une fois celle-ci repliée. Sa mise en place vous fera sacrer, c’est garanti. En revanche, le toit souple est bien isolé et la lunette arrière est en verre et chauffante.

Toujours au chapitre du style, le tableau de bord est sobre, trop sobre aux yeux de certains. Par contre, toutes les commandes sont très design en plus d’être à la portée de la main tandis que leur utilisation est très simple. Bien entendu, le porte-vase à fleurs est encore de la partie. Cela aurait été un crime capital de la part de Volkswagen de l’enlever puisque cette New Beetle s’adresse essentiellement aux nostalgiques du Flower Power et des années soixante.

Bonne routière

Si cette voiture doit sa popularité, ou du moins ce qu’il en reste, à son allure, il ne faut pas oublier que sa plate-forme est celle d’une Golf et même s’il s’agit maintenant de celle de l’avant-dernière génération, c’est tout de même une référence en la matière. Depuis 2006, elle est dorénavant équipée d’un nouveau moteur, un moteur cinq cylindres  2,5 litres de 150 chevaux, le même qui équipe la Jetta et la nouvelle Rabbit. Ce moteur est fort adéquat et n’a rien à voir avec le misérable moteur 2,0 litres de jadis dont la seule qualité était d’être économe à fabriquer. Les 150 chevaux de ce nouveau moteur ne le transforment pas en bolide de course, mais permettent tout au moins d’améliorer les performances. Dorénavant, le 0-100 km/h est bouclé en moins de neuf secondes. Et si la boîte manuelle est correcte, la boîte automatique à six rapports permet à ce moteur d’en donner davantage sans pour autant consommer plus. Toujours au chapitre des groupes propulseurs, le moteur diesel 1,9 TDi n’est plus au catalogue because les nouvelles règles en fait de normes d’émissions des moteurs diesel.

En dépit de la position de conduite pratiquement centrale et d’une visibilité trois quarts arrière assez pénible, c’est encore pire sur le cabriolet, cette voiture tient fort bien la route, sa direction est précise tandis que son assistance est bien dosée. Elle est donc agréable à conduire. Mais la Rabbit offre encore un meilleur agrément de conduite, son équipement est quasi complet tout en se vendant moins cher. Comme c’est le cas depuis une couple d’années, la New Beetle ne semble intéresser qu’une clientèle qui veut se démarquer ou qui tente de renouer avec le passé ou presque. Ça augure mal pour le futur.

feu vert
Silhouette géniale
Moteur 2,5 litres
Tenue de route correcte
Cabriolet toutes saisons

feu rouge

Élimination du moteur TDI
Fiabilité problématique
Coffre petit
Places arrière inutiles
Avenir incertain du modèle

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