Un porte-parole pour mieux vendre

Bien qu’il s’agisse aujourd’hui d’un sujet de controverse, GM ne peut nier le fait que Maripier Morin aura certainement contribué au succès du Buick Encore.

En fait, n’eut été d’elle, ce petit VUS aurait sans doute amassé la poussière dans les salles d’exposition des concessionnaires, comme c’est actuellement le cas pour le reste des produits Buick. L’apport de l’ex-porte-parole aura ainsi permis de vendre au Québec un nombre exceptionnel d’Encore, se chiffrant entre 35% et 40% des ventes canadiennes selon les années.

Bien sûr, General Motors n’aura par la suite eu d’autre choix que de se dissocier de sa porte-parole suite aux allégations d’inconduite la concernant. Or, au Québec, l’entreprise peut toujours compter sur Mariloup Wolf pour promouvoir ses véhicules Chevrolet, se croisant sans doute les doigts pour que ne surgisse pas un autre scandale issu d’un quelconque squelette dans le placard...

Le Québec, un marché distinct

Chose certaine, il est évident qu’un porte-parole dédié au marché du Québec est à mon œil une formule gagnante. Parce que l’on ne se reconnaît que peu dans une publicité canadienne ou américaine traduite et parce que pour plusieurs, le seul fait de pouvoir associer un personnage public à un produit réussit à convaincre.

Je ne compte plus le nombre de fois où, lors des précédentes éditions du Salon de l’auto de Montréal, des visiteurs sont passés me voir au kiosque du Guide de l’auto pour savoir où trouver le « char de Maripier ». Et l’ironie, c’est que souvent ils ne se souvenaient pas du modèle ou de la marque. Seulement du look, et de celle qui en vantait les mérites.

Photo: Buick

Actuellement, les stratèges torontois de Hyundai ne peuvent qu’aduler le travail de leur porte-parole qu’ils surnomment GLT, étant incapables de prononcer Guillaume Lemay-Thivierge. Sous contrat avec Hyundai depuis un peu plus de 10 ans, Guillaume aura certainement contribué à faire grimper les parts de marché du constructeur au Québec. Pareillement pour Martin Matte qui, pendant plus d’une décennie, nous faisait rire à travers de sympathiques publicités représentant les concessionnaires Honda du Québec. On peut aussi se remémorer Véro et ses Suzuki, Céline (Chrysler), André-Philippe Gagnon (GM), Marie-Soleil Tougas (Toyota), et même Jacques Duval qui, à une certaine époque, avait choisi de sauter la clôture pour mettre en lumière des Ford Tempo, Aerostar, Probe, et j’en passe.

Plus récemment, Mélissa Désormaux-Poulin décrochait le contrat de porte-parole pour Kia. Puis, du côté de Nissan, on choisissait la talentueuse Karine Vanasse. Assisterait-on à une recrudescence des porte-parole automobiles au Québec?

Pourquoi pas Acura?

Acura est une marque qui, selon moi, aurait tout intérêt à redorer son image et donc, à se trouver un porte-parole spécifique au marché du Québec. Une personne chérie du public, à laquelle on associerait non seulement l’image de marque, mais également le produit face à son mode de vie. Vite comme ça, Louis Morissette? Un gars sportif, près de sa famille et aux multiples talents, représentant des produits à la fois luxueux et dynamiques. Pourquoi pas? Mais encore faudrait-il que les concessionnaires du Québec y voient chacun l’intérêt de débourser quelque 20 000 $ ou 30 000 $, voire plus.

Photo: Acura

Vous aurez bien sûr compris qu’il s’agit là d’une idée parmi tant d’autres. Pour moi, une idée qui toutefois permettrait à Acura de se placer sous les projecteurs. Est-ce que Subaru aurait intérêt à faire de même avec, par exemple, Martin Petit? Est-ce que Christine Beaulieu pourrait mieux vendre les avantages environnementaux des futurs véhicules électrifiés de Ford ou GM? Et qu’en est-il de Mitsubishi, qui écoule au Québec plus de 40% de ses véhicules à l’échelle canadienne? Comment se fait-il que ses stratèges n’aient pas encore choisi une telle avenue, alors que ce constructeur tente par tous les moyens de gagner des parts de marché, souvent maladroitement?

Parce que le marché du Québec est distinct et que l’on ne s’adresse pas à ses acheteurs comme à un Torontois ou un Albertain, il me semble clair que pour une majorité de constructeurs automobiles, un porte-parole ne peut être que bénéfique. Or, l’art de le choisir réside aussi dans la capacité à anticiper le pire. Parlez-en à Buick!

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