Volkswagen Atlas Cross Sport 2021 : un autre qu'on coupe

Points forts
  • Direction précise
  • Bonne tenue de route
  • Bon espace intérieur en dépit de l'arrière tronqué
  • Freinage efficace
Points faibles
  • Moteur et boîte de vitesses en manque d'agrément
  • Consommation élevée
  • Qualité de finition à revoir
Évaluation complète

Quand on magasine un VUS, c’est habituellement parce que l’on souhaite profiter d’un grand volume de chargement. La forme carrée du véhicule et son hayon massif permettent généralement un très grand espace de chargement.

Tronquer la partie arrière d’un véhicule utilitaire pour lui donner des airs de « coupé» le rend inévitablement moins pratique et moins…utilitaire! Et pourtant, ces déclinaisons au toit fuyant connaissent un beau succès à travers le monde.

Le premier essai remonte à 2001 avec le controversé Renault Avantime. Une sorte de multisegment coupé à deux portes, qui connaîtra un échec retentissant à sa sortie. Il faudra attendre la fin des années 2000 avec le BMW X6 pour voir la mode des VUS coupés enfin décoller.

Depuis, beaucoup de constructeurs ont suivi cette tendance. Mercedes-Benz, Audi, Porsche, Infiniti et Volkswagen, avec l’Atlas Corss Sport. Basé sur l’Atlas régulier, ce modèle perd sa troisième rangée de sièges et voit sa capacité de chargement diminuer.

Pour réaliser une comparaison équitable, les données relatives à la troisième rangée de l’Atlas ne seront pas prises en compte, le Cross Sport en étant dépourvu. Lorsque la deuxième rangée de sièges est utilisée, l’Atlas peut emporter 1 571 litres, contre 1 141 seulement pour le modèle coupé. Une différence de 430 litres qui n’est pas négligeable.

Photo: Julien Amado

La différence de contenance s’accentue encore si tous les sièges sont rabattus. L’Atlas affiche un volume maximal de 2 741 litres, contre 2 203 litres pour le Cross Sport.

Vous l’avez compris, le modèle coupé fournit un espace déjà généreux, mais si vous avez besoin de transporter beaucoup de matériel, il serait peut-être plus judicieux de se tourner vers un Atlas classique.

Photo: Julien Amado

Des lacunes de finition

L’espace dévolu aux passagers avant est fort convenable, même quand on est grand. À l’arrière, le dégagement pour la tête, un peu moins important dans le Cross Sport, demeure malgré tout acceptable pour des adultes.

Si l’habitacle est accueillant et spacieux, la qualité des matériaux nous a en revanche laissés sur notre appétit. Lors de notre semaine d’essai, nous conduisions le modèle haut de gamme Execline, doté du moteur V6, d’un intérieur bicolore et de jantes optionnelles (1 690 $). Cependant, la qualité inégale des plastiques est difficile à accepter dans un véhicule qui coûte 56 810 $ dans cette configuration, soit un peu plus de 970 $ avec un financement sur 60 mois!

Bien que les sièges noirs et bourgogne apportent un peu de fantaisie, l’Atlas peine à convaincre face à une concurrence mieux armée. Par exemple, un Hyundai Palisade Ultimate Calligraphy, vendu à un prix similaire, propose un intérieur nettement plus qualitatif.

Photo: Julien Amado

Bon guidage du train avant

Les VUS intermédiaires ne se distinguent généralement pas par leur tenue de route. Sans être dangereux, ils n’apportent pas vraiment de plaisir à leur conducteur. Toutefois, l’Atlas Cross Sport fait mieux que beaucoup de ses concurrents en ce qui concerne la direction.

Bien dosée, directe et précise, celle-ci permet de profiter d’une bonne remontée d’informations en provenance du train avant. Globalement, le comportement dynamique donne satisfaction, avec un bon compromis trouvé entre dynamisme et confort des suspensions.

N’attendez pas du Cross Sport la même rigueur qu’un VUS BMW par exemple, il n’a pas été conçu pour cela. En revanche, son roulement plutôt conciliant lui permet de préserver les lombaires des occupants, y compris quand l’asphalte n’est pas parfaitement lisse. Le freinage, suffisamment puissant et facilement dosable malgré un poids élevé, est également un point fort.

Dommage que ces qualités soient ternies par un groupe motopropulseur déficient.

Photo: Julien Amado

Moteur gourmand et en manque d’agrément

Le V6 monté sous le capot de notre modèle d’essai est un bloc de 276 chevaux et 266 lb-pi de couple. Sur papier, le 6 cylindres de Volkswagen génère une puissance équivalente aux autres véhicules de la catégorie.

Mais sur la route, ses performances semblent un peu molles comparées à ce qu’indique la fiche technique. Les accélérations et les reprises sont suffisantes dans l’absolu, mais manquent d’éclat face aux concurrents.

C’est d’autant plus frustrant que la boîte de vitesses à 8 rapports donne régulièrement des à-coups à basse vitesse, et hésite parfois à rétrograder lorsque l’on a besoin de toute la puissance disponible.

Photo: Julien Amado

Et pour ne rien arranger, la consommation de carburant est supérieure à la moyenne des VUS intermédiaires. Selon Ressources naturelles Canada, l’Atlas V6 consomme 10,4 L/100 km sur la route et 13,8 L/100 km en ville.

Lors de notre semaine d’essai, nous avons obtenu une moyenne de 13,1 L/100 km alors que la majorité des trajets ont été réalisés sur la route.

En conclusion, le Volkswagen Atlas Cross Sport pourrait aisément faire partie des meilleurs VUS intermédiaires du marché. Son habitacle spacieux, son grand coffre et sa tenue de route efficace plaident en sa faveur.

Malheureusement, sa qualité de finition en retrait, sa consommation trop élevée et son groupe motopropulseur au fonctionnement saccadé lui font perdre trop de points pour qu’il puisse lutter à armes égales avec les meilleurs modèles du segment.

En vidéo: les meilleurs achats du Guide de l'auto 2021: catégorie des VUS intermédiaires

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