Lexus ES 350, la berline de luxe furtive

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

La berline ES est comme la sœur effacée qui mène de brillantes études et excelle en sport, en art et en sciences mais se retrouve irrémédiablement dans l’ombre de ses frangines ou frangins plus grands, plus forts ou simplement plus extrovertis. La ES 350 a beau se classer constamment au sommet de sa catégorie dans les différentes études et divers sondages de qualité, de satisfaction et de fiabilité, on en a toujours que pour sa grande sœur, la LS ou la turbulente IS-F et son V8. Bien à tort.

À vrai dire, la ES 350 est l’antithèse de la berline BMW de Série 3 dont virtuellement tous les journalistes automobiles raffolent et dont ils chantent les louanges à grand renfort de superlatifs. Et je ne suis certainement pas le moins coupable. La 3 est incontestablement l’étalon et invariablement la référence en matière de berline sportive, mais il existe d’autres principes et d’autres valeurs dans le monde de l’automobile. Lexus l’a prouvé de manière éclatante en imposant des normes de qualité, de raffinement, de fiabilité et de service inédites dès le lancement de sa première voiture. Mais quelles que soient les vertus de la grande LS, ce n’est pas la seule berline exceptionnelle que produit la marque. Là encore, mes collègues et moi avons tendance à négliger la série ES parce que c’est une traction dans un monde où les propulsions ont longtemps fait la loi et où le rouage intégral domine maintenant. Nous sommes également coupables de souligner à gros traits les liens techniques et les composantes qu’elle partage avec la Camry, une berline à vocation familiale de grande diffusion. Or, c’est plutôt injuste parce que Lexus bonifie invariablement ces composantes en fonction des objectifs de raffinement, de luxe et de silence de roulement supérieurs de ses créations. Et le reste est à l’avenant.

Maintenir le cap

Pour sa quatrième année, la ES 350 ne subit aucun changement profond. Lexus se contente d’effectuer les changements nécessaires pour qu’elle soit à jour en matière de sécurité et qu’elle demeure attrayante pour des acheteurs qui recherchent — et ont les moyens de s’offrir — les technologies, gadgets ou accessoires les plus récents. Côté apparence, puisqu’il faut quand même que le nouveau millésime se distingue des précédents, on a redessiné calandre, phares, phares d’appoint et pare-chocs à l’avant. Les blocs optiques arrière ont été modifiés du même coup, comme il se doit, et on a changé le dessin des roues d’alliage, y compris celles du groupe optionnel « Premium avec (système de) navigation ». Au rayon de la sécurité passive, la ES 350 est maintenant dotée d’appuie-tête actifs à l’avant et les coussins gonflables latéraux arrière sont de série. Concernant la sécurité active, la ES dispose d’essuie-glace automatiques et on peut désormais désactiver au besoin l’antidérapage en appuyant sur une touche « VSC off ». Et comme Lexus travaille toujours dans le détail, les rétroviseurs extérieurs sont équipés de répétiteurs ou de clignotants secondaires, si vous préférez. Dans l’habitacle, Lexus ajoute la connectivité Bluetooth et une prise audio USB tout en augmentant le volume et la conception des rangements dans le bloc de l’accoudoir central. Dites adieu, par contre, au lecteur de cassettes de la chaîne audio, et bonjour à la radio satellite XM intégrée. Un système de navigation à disque dur remplace également le système à lecteur de DVD, ce qui en accroît grandement la capacité. Côté présentation, Lexus affirme que la qualité du cuir et des boiseries a été améliorée, en précisant que le cuir parchemin remplace le cuir cachemire et qu’on peut s’offrir des boiseries en « érable moucheté brun foncé ».

Une sorte de révélation

La déclaration d’ouverture a été inspirée, comme il se doit, d’un essai complet de la ES 350. Cette voiture impressionne d’abord par la qualité remarquable de sa peinture, lisse comme le miroir du cliché, un trait caractéristique chez Lexus. C’est assez frappant pour le remarquer. En ouvrant ensuite la portière, on découvre une cabine vraiment cossue et raffinée où règnent le cuir lisse et mat, les boiseries brillantes et les plastiques d’un fini satiné dont Lexus a été la pionnière. Volant à réglage électrique, bon repose-pied, commandes et contrôles clairs et précis, l’ergonomie est plutôt exemplaire. Le siège est moelleux et confortable mais offre peu de maintien latéral. De toute manière, la ES 350 est nettement plus autoroutière que douée pour les routes en lacet. Aux autres, la conduite sportive ! Ici on préfère rouler sur un nuage. Elle n’est pas tellement agile et sa direction un peu floue, mais sa suspension relativement souple a pour mission première d’émousser les chocs.

Ce qui n’empêche pas la ES de bien tenir son cap et de savoir négocier un virage de manière correcte et sûre, comme la grande LS. Elle a de qui tenir, après tout. Et comme sa grande sœur, elle est dotée d’un groupe propulseur dont les prestations sont à l’image de sa peinture : impeccablement lisses ! La boîte automatique passe toujours ses 6 rapports délicatement et le V6 de 3,5 litres et 272 chevaux a cette douceur exquise des moteurs en V de Lexus et suffisamment de nerf pour un 0-100 km/h de 6,9 secondes, nettement mieux que les 7,7 secondes de l’Acura TL, une rivale pourtant plus puissante de 33 chevaux. Or, la ES 350 fait partie de celles qui cachent bien leur jeu, par dessein. Conservatrice et pépère dites-vous ? Sans doute, mais cette berline discrète mérite néanmoins la considération de tout acheteur pragmatique à la recherche d’une voiture raffinée, confortable, sûre et fiable. Je n’affirmerai certainement pas que l’essayer c’est l’adopter, mais ça pourrait certainement vous amener à découvrir une berline cossue, sans prétention et d’un raffinement impressionnant pour le prix demandé. Il est certain que vous n’impressionnerez pas autant vos copains et copines du club de golf qu’en arrivant en Bentley Flying Spur, mais est-ce la seule chose qui vous importe ?

Feu vert

Grande douceur de roulement
Finition et fiabilité exemplaires
Habitacle cossu
Bonnes performances
Touche pour désactiver l’antidérapage

Feu rouge

N’aime pas la conduite sportive
Pas de sonars de stationnement
Silhouette anonyme
Groupes d’options onéreux

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