2020 : qui s'en sort, qui en souffre?

En raison de la pandémie, les ventes automobiles ont chuté de 20% en 2020, passant de 1 942 717 unités à 1 553 555. Un nombre inférieur à ce que l’on vendait il y a vingt ans, et à peine supérieur à celui de 2009, alors que l’industrie vivait une crise financière qui avait d’ailleurs causé la faillite de GM et Chrysler.

Soyez-en certains, ces chiffres grimperont drastiquement pour 2021, bien que plusieurs manufacturiers aient toujours à composer avec d’importantes pénuries de véhicules. C’est notamment le cas de Ford, chez qui plusieurs modèles demandés se font attendre. Pensez au Mustang Mach-E, dont l’arrivée se voit encore reportée d’environ deux mois, ainsi qu’au très rentable F-150 2021, et qui entre au compte-gouttes chez les concessionnaires, parce qu’il est clairement lucratif de d’abord fournir le marché américain.

Cela étant dit, certains constructeurs se sont malgré tout très bien débrouillés en 2020.Prenez par exemple Kia qui, dans le contexte, a vu ses ventes ne baisser que de 5,5%. Un résultat qu’il faut applaudir, et qui s’explique non seulement par l’arrivée du déjà populaire Seltos, mais aussi parce que le constructeur y a mis du sien. Congé de paiements de six mois, promotions massives sur plusieurs modèles et omniprésence des publicités ont clairement eu de fortes répercussions. D’ailleurs, en ne regardant que le marché du Québec, les ventes de Kia ont pour leur part grimpé de 0,7%. Est-ce que l’arrivée de Mélissa Désormeaux-Poulin y serait pour quelque chose?

À l’échelle nationale, Subaru et Mazda se sont aussi très bien tirés d’affaire, avec des baisses respectives de 9,4% et 13%, bien que la transition des voitures vers les VUS ait été drastique : les ventes de voitures chez Subaru chutaient cette année de 24,7% tandis que celles des VUS, ce qui inclut la Crosstrek, ne baissaient que de 3,5%. Puis, chez Mazda, la compacte Mazda3 perdait 40% d’adeptes, avec des ventes nationales de seulement 12 769 unités. Deux fois moins que le CX-5, alors qu’en 2014, Mazda vendait deux fois plus de Mazda3 que de CX-5 (40 974 contre 19 920). Comme quoi, le marché s’est rapidement retourné.

Photo: Mazda

Chez les constructeurs américains, General Motors et Ford se sont un peu mieux défendus que FCA, les baisses étant de 14,9% et 16,8%, contre 19,9% pour FCA. Cela dit, et malgré une forte pénurie dans ce segment, les ventes de camionnettes pleine grandeur se sont maintenues à flot, particulièrement du côté de GM qui écoulait pratiquement le même nombre de camionnettes que l’an dernier. Les ventes de camionnettes GM ont même surpassé dans la Belle Province, et pour une première fois depuis fort longtemps, les ventes de la Série F de Ford, par quelque 1 000 unités. Cela s’explique bien sûr par l’ indisponibilité de véhicules chez Ford, mais aussi par l’engouement pour les camions GM depuis leur refonte.

Du côté des marques luxe, Cadillac a vu ses ventes grimper de 4,2% au pays, et de 14% au Québec. Un exploit que l’on explique par les promotions attribuées au XT4, mais aussi par l’arrivée de modèles comme la CT5 et le XT6. Il s’agit d’ailleurs de la seule marque de luxe à avoir connu une année de croissance au pays, alors que même Genesis, en pleine ascension, subissait une légère baisse de 4%.

Photo: Genesis

Maintenant, il faut aussi mentionner que certaines marques de luxe ont beaucoup souffert. Pensez à Acura (-27,8%), à BMW (-30,5%) qui se voit dépassée par Audi, à Jaguar (-41%), mais particulièrement à Infiniti, dont la chute est en constante accélération, avec une baisse de 47,3%. Une véritable catastrophe au point où en 2020, Infiniti vendait 40% moins de véhicules que Volvo. Seulement 5 783 véhicules pour 39 concessionnaires. Faites le calcul.

D’ailleurs, de tous les constructeurs, Nissan (qui englobe aussi Infiniti) est sans aucun doute celui qui a le plus souffert. En combinant les deux marques, les ventes sont passées de 134 729 unités en 2019 à 88 450 pour 2020. À peine 15 000 véhicules de plus que Kia, qui ne propose qu’une seule bannière, et de qui on se moquait il n’y a que quelques années.

Photo: Nissan

Évidemment, le lancement raté de la Sentra et l’arrivée retardée de certains modèles ont eu un impact significatif sur les ventes de Nissan au Canada. Or, pourrait-on aussi s’interroger sur la façon dont Nissan Canada a géré ses inventaires en 2019 et 2020, ainsi que la crise reliée à la pandémie? Sans doute que le constructeur en tirera une bonne leçon, l’objectif n’étant désormais plus de jouer à la grenouille qui voulait devenir aussi grosse  que le bœuf. Parce qu’en effet, il fut une époque pas si lointaine où Nissan ne cherchait qu’à faire du volume. Une stratégie casse-cou qui, vous l’aurez constaté, a lourdement affecté la valeur des produits de la marque.

Reste à voir si 2021 sera une année de renaissance pour Nissan, alors que d’autres nouveautés comme le Pathfinder et la camionnette Frontier se joindront aux Sentra, Kicks et Rogue, fraîchement renouvelés, et à la nouvelle Versa.

Quant à Fiat, qui n’a vendu que 228 véhicules en 2020, dont 50 au Québec, considérez son départ du pays comme étant confirmé. Surtout avec la création officialisée de Stellantis (mariage entre FCA et PSA), consortium qui n’acceptera certainement pas qu’une marque soit ainsi laissée à l’abandon.

En vidéo: une année 2020 exceptionnelle pour Tesla

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