Lincoln Corsair 2021 : à découvrir

Points forts
  • Confort remarquable
  • Présentation intérieure soignée
  • Puissance
  • Qualité de fabrication / insonorisation
Points faibles
  • Options coûteuses et trop nombreuses
  • Image de marque toujours problématique
  • Aucun ensemble sport/dynamique
  • Dépréciation supérieure à la moyenne
Évaluation complète

Et si l’on vous proposait une Lincoln? Vous serez curieux, ou rejetteriez-vous d’emblée la proposition du revers de la main?

Admettez que la question se pose. Car la perception de la marque est telle qu’en dépit du produit, plusieurs refuseraient catégoriquement de s’y identifier ou de conduire un véhicule portant son emblème. Il faut dire que depuis bien trop longtemps, la division de luxe de Ford nous fait miroiter une ère de renaissance. Or, vous l’admettrez, l’accouchement s’avère interminable.

Pour 2021, la gamme Lincoln se voit néanmoins simplifiée : on élimine les deux seules berlines restantes de la marque que sont les Continental et MKZ, pour ne conserver que les VUS, clôturant ainsi le chapitre des véhicules MK. Vous savez, ces modèles soi-disant fleurissants qui devaient relancer la marque avec une série d’appellations rappelant ces modèles d’antan. Les MKC, Z, X, S, T, maintenant tous disparus, et qui ne passeront certainement pas à l’histoire.

Comme en ce qui concerne Infiniti, Genesis ou même Acura, on se procure une Lincoln d’abord pour le produit lui-même, et non pas pour l’emblème qui orne son capot. Le consommateur doit donc passer la barrière de l’image pour s’attarder au véhicule. Et c’est à ce moment qu’il a de fortes chances d’être conquis.

Tirant son nom d’une défunte Edsel commercialisée il y a de cela maintenant plus de soixante ans, le Lincoln Corsair, le plus petit VUS de la marque, tire sans surprise son architecture du Ford Escape. Or, là s’arrête le parallèle avec ce dernier, puisque la carrosserie comme l’habitacle diffèrent totalement de son proche cousin, proposant une élégance et un raffinement jamais vu dans un si petit véhicule de la marque. En effet, non seulement le Corsair attire-t-il les regards, mais il laisse planer le doute sur son identité, que l’on pourrait confondre avec celle d’un produit allemand. Remarquez, Lincoln n’a pas forcé sur la taille de ses emblèmes ou de sa calandre, comme le font les concurrents. Or, bien que certains détails stylistiques nous permettent de rapidement confirmer son identité américaine, ce VUS joue avec brio une carte esthétique internationale.

Photo: Antoine Joubert

Pourtant loin d’un sportif de salon

Si les performances du Corsair étonnent outre mesure, il est curieux que Lincoln n’ait pas eu l’idée d’une identité réellement plus dynamique pour certaines de ses versions. Certes, l’option maladroitement baptisée Ensemble monochrome est proposée, n’harmonisant que les jantes et l’intérieur de la calandre avec la carrosserie. Or, le chrome y demeure omniprésent, ce qui est contraire à ce que choisit une majorité d’acheteurs chez la concurrence. Pensez à Acura, dont plus de 70% des ventes de RDX s’effectuent grâce à la version A-Spec. Même chose chez Audi avec les ensembles S-Line, pratiquement livrés sur la totalité des modèles vendus. Ainsi, en remplaçant par exemple le chrome par des garnitures noir lustré, on parviendrait sans doute aussi à rajeunir l’image de la marque, encore péjorative aux yeux de plusieurs.

Photo: Antoine Joubert

Cela dit, n’allez pas croire que le Corsair est incapable de belles prouesses sur la route. Je me suis personnellement surpris à apprécier la conduite de ce véhicule, même avec son moteur 2,0 litres de base (250 ch). Évidemment, avec un gain de 45 chevaux, l’option du moteur de 2,3 litres turbocompressé (295 ch) est à envisager, lui qui ne consomme pas une goutte de plus que le moteur de base. Il faut dire que le 2,0 litres n’est pas le plus frugal qui soit, brûlant sans gêne environ 10 L/100 km.

Équipé d’une suspension optionnelle réglable et proposant divers modes de conduite, le Corsair impressionne aussi par sa tenue de route et sa maniabilité. Vif et nerveux, il n’a pas la précision d’un Audi Q5, ce qui ne fait toutefois pas de lui un véhicule pataud. Au contraire, son équilibre et sa grande facilité de conduite font partie de ses avantages, au même titre que cette palpable qualité de fabrication ressentie sur la route. Puis, il faut aussi applaudir les ingénieurs d’avoir su l’insonoriser avec une rigueur telle que l’on se croirait pratiquement dans une chambre forte.

Photo: Antoine Joubert

Première classe

À la fois classique et contemporain, l’habitacle du Corsair demeure un élément de séduction. Si plusieurs compétiteurs ne donnent pas l’impression de véritables véhicules de luxe, il en va ici tout autrement. La richesse des matériaux, l’élégance du design, l’heureux mariage des teintes de même que la forte présence technologique permettent d’obtenir un environnement douillet, où l’attention au détail étonne chaque fois. Même l’ergonomie d’ensemble est à souligner, bien que les places arrière ne soient pas les plus spacieuses du segment.

Remarquez, le modèle mis à l’essai avait l’avantage d’une longue liste d’options, ce qui contribuait bien sûr à rehausser le niveau de luxe et de confort de l’habitacle. Des options de technologie et de sécurité, de même que des sièges réglables d’innombrables façons, certes confortables, mais avec lesquels la parfaite position de conduite est ironiquement difficile à trouver.

Photo: Antoine Joubert

Évidemment, avec ces options vient un coût qui, dans ce cas-ci, était plutôt difficile à avaler. En effet, avec cette version Ultra, il fallait considérer une somme de 13 300 $ attribuable aux options, en plus des 50 500 $ exigés pour le véhicule lui-même. En ajoutant à cela les frais de transport et de préparation, la facture totale frôlait ainsi les 66 000 $.

Alors non, le Corsair n’est pas une aubaine. Et puisque les valeurs résiduelles ne sont pas nécessairement aussi compétitives que celles des marques allemandes ou de Lexus, les termes de location peuvent vite faire déchanter. À preuve, une mensualité à la location de 969 $ (taxes et frais inclus) pour le modèle d’essai. Cependant, vous pourriez très bien vous passer d’une grande partie de ces options tout en bénéficiant d’un véhicule franchement attrayant. Un élément qui, tout compte fait, est essentiel pour l’acquisition du Corsair, qui devient de moins en moins intéressant à mesure que grimpe la facture.

Photo: Antoine Joubert

À quand l’hybride rechargeable?

Baptisée Grand Tourisme, la version hybride rechargeable du Corsair devait débarquer l’automne dernier. Or, comme en ce qui concerne l’Escape PHEV, un vice de conception du système a forcé les ingénieurs à retourner à la planche à dessin, retardant ainsi de près d’un an son arrivée sur le marché. Il nous est donc pour l’heure difficile d’évaluer la réelle efficacité de ce modèle.

D’ici là, voyez le Corsair pour ce qu’il est. Un produit raffiné, convaincant, beaucoup plus agréable à conduire que vous ne pourriez le croire, et qui mérite considération surtout pour l’acheteur en quête d’un bel équilibre entre confort et plaisir au volant. Seulement, gardez en mémoire que la dépréciation peut être plus forte que la moyenne et qu’il est primordial de se modérer avec les options.

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