Chrysler 300 2020 : évitons les blagues faciles

Points forts
  • Look unique
  • Confort au rendez-vous
  • Places arrière spacieuses
  • Système Uconnect toujours aussi efficace
Points faibles
  • Dispendieuse malgré son age
  • On aimerait un peu plus de couple
  • Plus de version de performance
  • Présentation de l'habitacle dépassé
Évaluation complète

C’est loin d’être la première fois où je suis amené à écrire un texte sur la Chrysler 300 dans le cadre de mon travail. Et disons que plus ça change, plus c’est pareil.

Depuis que j’ai commencé dans le merveilleux domaine du journalisme automobile, en 2013, la Chrysler 300 n’a pas changé. Son offre a même été amoindrie, avec la triste disparition du modèle SRT8, alors que FCA a souhaité migrer les produits de performance vers Dodge.

Il est donc facile de rire de la Chrysler 300. On peut la traiter de dinosaure, de fossile vivant, de relique , d’anachronisme sur quatre roues; bref, de véhicule totalement dépassé.

Photo: Marc-André Gauthier

D’un côté, vous auriez raison de le faire. Elle a un vieux moteur, une vieille transmission, une plate-forme qui date de l’époque où Mercedes-Benz et Chrysler étaient associées, et globalement, elle représente une formule pratiquement disparue, celle d’une grosse voiture à propulsion.

Cela dit, ce n’est pas parce qu’une chose est antique dans sa conception qu’elle est pour autant mauvaise. Il y a des formules qui vieillissent bien. Prenez un délice de mon enfance, par exemple, le Map-O-Spread. La recette et l’emballage n’ont pas changé en 30 ans. Et chaque fois que j’en mange, je me régale!

La 300 est un peu le Map-O-Spread de l’industrie automobile actuelle. Même si elle ne propose rien de neuf depuis un bon moment, c’est une bagnole qui peut nous satisfaire, jusqu’à un certain point.

Photo: Marc-André Gauthier

Style gangster

Il faut le dire, le style de la Chrysler 300 ne semble pas vouloir vieillir. Pour un modèle lancé en 2004 et qui n’a pratiquement pas changé depuis, disons qu’elle se débrouille très bien.

Encore aujourd’hui, la Chrysler 300 affiche un look imposant, que l’on ne retrouve plus vraiment ailleurs, sauf chez des marques comme Rolls-Royce et Bentley, peut-être. Cela dit, la Chrysler 300, dans certaines versions, est disponible avec un style moins pompeux, tronquant le chrome pour du noir et du métal brossé.

À l’intérieur, on a droit à un design qui commence à laisser paraître son âge vénérable, mais le tout reste plaisant à regarder. Autrement dit, l’habitacle de la 300 a lui aussi bien vieilli. Au centre du tableau de bord trône un écran plutôt petit dans les standards modernes, mais qui est au moins habité par l’un des meilleurs systèmes d’infodivertissement du marché, le logiciel Uconnect de FCA.

Photo: Marc-André Gauthier

Qu’est-ce qui fait la force du système Uconnect? Sa simplicité et son efficacité, tout simplement. Peu importe le menu dans lequel on se trouve, les icônes dans le bas demeurent affichées, ce qui nous permet de passer promptement d’une section à l’autre. On peut également personnaliser ces icônes, de façon à choisir les menus auxquels nous voulons pouvoir accéder rapidement. Sinon, un bouton nous permet facilement de revenir à l’écran d’accueil, et ce, même si l’on utilise un logiciel comme Apple CarPlay.

Une conduite digne d’un VUS?

La Chrysler 300 n’a rien d’une auto sport : on a ici affaire à une grande berline avec une conduite super confortable, même sur les mauvaises chaussées, et même si on a de grosses roues.

On pourrait lui reprocher un manque d’agilité, une direction floue, et tout ce qui va avec, mais c’est justement ces manquements qui font d’elle une voiture rafraîchissante. On dirait que toutes les berlines modernes, celles qui restent du moins, essaient de justifier leur existence en adoptant une conduite de plus en plus sportive. Combinez ça avec nos routes défoncées, et vous comprendrez pourquoi les gens se tournent massivement vers les VUS. La Chrysler 300, elle, demeure fidèle à elle-même. Elle nous cajole, et en offrant des places arrière où nous sommes particulièrement bien assis, peu importe notre taille, elle permet d’en faire profiter plus d’un.

Photo: Marc-André Gauthier

Notre version d’essai était mue par le bon vieux V6 Pentastar de 3,6 litres, dont la puissance est ici à 292 chevaux, et le couple à 260 livres-pied. Accouplé à une transmission automatique à 8 rapports qui envoie la puissance du moteur aux quatre roues, on a droit à des accélérations plutôt souples, mais on aimerait plus de couple par moment. Heureusement, il est uassi possible d’opter pour un V8 HEMI de 5,7 litres. La puissance passe alors à 363 chevaux et le couple à 394 livres-pied. Quand on vous dit qu’on a affaire à un véhicule d’une autre époque!

Photo: Marc-André Gauthier

Le rouage intégral est efficace, dans la mesure où même lorsque la route est glissante, on se sent stable.

Finalement, la 300 continue d’offrir de nombreuses qualités qui font d’elle une berline unique sur notre marché en 2020-2021. Cela dit, elle coûte cher. Son PDSF de 43 095 $ peut grimper rapidement, surtout si vous optez pour le V8 offert en option.

La Chrysler 300 a beau être due pour une nouvelle génération, force est d’admettre que cette berline purement américaine remplit encore son mandat avec aplomb. Pour les amateurs de grandes bagnoles du genre, il n’y a pas vraiment d’alternative, de toute façon…

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