Jaguar XK, fauves encore plus féroces

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Le lancement de la XK8 a marqué le retour de ce légendaire sigle au sein de la gamme Jaguar et propulsé la renaissance de cette noble marque britannique, grâce aux capitaux de Ford, il y a quatorze ans. Loin de s’enfoncer dans le maelström économique actuel, cette année, Jaguar relance la série XK en lui offrant entre autres de nouveaux V8 plus puissants, elle qui est maintenant financée et soutenue solidement par le conglomérat indien Tata Motors. Les sceptiques et les cyniques sourient moins.

La première de ces XK modernes était une « grand tourisme » svelte, moderne, solide et performante, grâce à son V8 AJ, le premier moteur de ce type qu’ait conçu et fabriqué Jaguar en 75 ans d’histoire à l’époque. Cette première XK eut également le grand mérite de reléguer à tout jamais le désolant XJS aux oubliettes. Poursuivant le développement de la série XK au fil des ans, Jaguar a lancé des versions entièrement redessinées du coupé et de la décapotable pour 2007. Plus longues, plus larges et plus hautes, ces nouvelles XK étaient pourtant plus légères (de près de cent kilos dans le cas de la décapotable) grâce à leur nouvelle structure d’aluminium. Tenue de route et stabilité ont profité elles aussi de cette réduction de la masse combinée à un empattement plus long de 16,4 cm qui améliorait du même coup l’habitabilité. Jaguar passe cette année à la prochaine étape en renouvelant surtout la motorisation des XK et XKR.

Surtout pour la puissance, en fait

Les moteurs sont effectivement au cœur de cette refonte en milieu de cycle. Jaguar lance d’ailleurs simultanément les quatre modèles de la série XK, tous propulsés par la troisième génération du V8 de type AJ dont la cylindrée passe à 5,0 litres. Ce moteur profite évidemment des derniers raffinements techniques mais le principal est l’adoption de l’injection directe. Les Jaguar XK coupé et décapotable sont équipées du V8 atmosphérique dont la puissance est de 385 chevaux à 6 500 tr/min et le couple maxi de 380 lb-pi à 6 500 tr/min. Les nouvelles XKR ont droit à la version suralimentée par compresseur du même groupe, qui produit 510 chevaux à 6 000 tr/min et un couple maxi de 461 lb-pi qui s'étale de 2 500 à 5 500 tr/min. Les deux moteurs sont jumelés exclusivement à une boîte de vitesse automatique ZRF à 6 rapports. Les XKR tirent également parti d’un différentiel autobloquant électronique, une première pour cette série. Jaguar promet des chronos respectifs de 5,5 et 5,6 secondes pour le sprint 0-100 km/h aux XK coupé et décapotable, tandis que les XKR devraient atteindre cette vitesse en 4,8 secondes. À titre de comparaison, un coupé XKR doté du V8 compressé de 4,2 litres et 420 chevaux avait bouclé le 0-100 km/h en 5,1 secondes lors des essais annuels de l’AJAC pour 2008.

Les ingénieurs ont nul doute déployé tous les efforts possibles pour améliorer le rendement et l’efficacité de ces moteurs autant que leur puissance, mais il est difficile de déjouer les lois de la physique avec un gain de cylindrée de près de 20 %. La consommation de ces deux moteurs augmente ainsi à des degrés variables par rapport à leurs devanciers. Les XK s’en tirent un peu mieux. Leur cote de consommation en ville est de 13,8 L/100 km, en hausse de 0,7 L/100 km, mais la cote sur route est inchangée à 8,0 L/100 km pour les deux modèles. Leur cote combinée est de 13,4 L/100 km contre 12,8 L/100 km pour les anciennes. Les nouvelles XKR, d’autre part, devraient ingurgiter 15,6 L/100 km en ville, contre 13,7 L/100 km pour le modèle antérieur, mais leur consommation sur la route est cotée à 8,6 L/100 km, soit un peu moins que les 8,8 L/100 km des précédentes. Quoi qu’il en soit, leur nouvelle cote combinée est de 14,9 L/100 km contre 14,1 L/100 km pour les XKR de l’an dernier.

Pour le plaisir des autres sens

Mais la consommation n’est évidemment pas un grand souci pour l’acheteur type de ces voitures qui sera davantage intéressé par les retouches apportées à l’esthétique, à l’équipement et aux trains roulants de ces voitures. La calandre des nouvelles XK et XKR a effectivement été redessinée et leurs nouveaux blocs optiques arrière à DEL surplombent un bouclier inférieur redessiné. Dans l’habitacle, on remarquera sans doute en premier le sélecteur de vitesse électronique télescopique dont la XF a eu la primeur l’an dernier. La nouvelle sellerie en cuir à grain plus doux sautera moins aux yeux que leurs coutures de couleur contrastante, tout comme les sièges qui peuvent vous réchauffer ou vous rafraîchir le séant tout en étant réglables en 12 points, le volant dont la jante gainée de cuir peut également vous réchauffer les mains par les froids matins d’hiver, et une puissante chaîne audio Bowers & Wilkins de 525 watts qui vous chauffera les tympans si vous y allez un peu fort sur le volume. Ah, la vie de grand luxe !

À vrai dire, le plus intéressant avec ces nouvelles Jaguar revigorées est de constater le très faible écart de prix qui sépare les XK des XKR. Il n’est effectivement que de 10 500 $ entre le coupé XK et XKR, au prix suggéré actuel, et de 10 800 $ entre les versions décapotables. C’est vraiment très peu si l’on considère l’avantage de puissance, l’équipement plus complet et la plus grande exclusivité des versions XKR, sans tenir compte des préférences d’ordre purement esthétique. Quand on peut et veut s’offrir une voiture de luxe de ce prix-là, les XKR sentent l’aubaine (relative), surtout pour les amateurs et passionnés de conduite. Ces versions sont invariablement plus sportives, plus racées et plus intéressantes à conduire, en plus de leur avantage de performance et du simple plaisir qu’on trouve à se laisser emplir les oreilles par la sonorité unique des V8 compressés de Jaguar.

Feu vert

Silhouettes toujours magnifiques
Nouveaux moteurs plus puissants
Versions XKR particulièrement attrayantes
Choix de modèles complet

Feu rouge

Nouveaux moteurs plus gloutons
Conduite hivernale très délicate
Places arrière ridicules
Fiabilité à démontrer de nouveau

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