Hyundai Veracruz, en manque de prestige

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Si Hyundai fait les manchettes, ce n’est assurément pas grâce au Veracruz, un multisegment qui passe inaperçu… malgré sa taille! Il faut dire que les nouvelles Genesis, berline et coupé, la très abordable Accent, la réussie Sonata, la jolie Elantra Touring et le populaire Santa Fe attirent vers eux tous les feux de la rampe. Pourtant, le Veracruz possède beaucoup d’éléments jouant en sa faveur. Voyons-y de plus près…

Précisons tout d’abord que le Veracruz est le plus gros véhicule de Hyundai et qu’il est, depuis peu, distribué en Europe sous le nom iX55. Là-bas, il reçoit, entre autres, un V6 diesel. Ici, nous n’avons droit qu’au V6 de 3,8 litres, qui n’est pas piqué des vers non plus. Ce très moderne moteur offre des performances relevées, des accélérations linéaires et une douceur bienvenue. Il consomme de façon réaliste de l’essence régulière, un détail apprécié ces temps-ci. Il est associé à une transmission automatique à six rapports qui s’égrènent avec douceur et, à l’occasion, avec une certaine paresse. On retrouve aussi un mode manuel, dont on se lasse très rapidement et qui n’apporte rien à la conduite de tous les jours.

Le Veracruz se décline en trois versions : GL, GLS et Limited. Si la première est une traction (roues avant motrices), les autres reçoivent un rouage intégral plutôt bien ficelé. Fait plutôt rare pour un véhicule de cette catégorie, le différentiel central peut être verrouillé, ce qui permet d’affronter des situations délicates. Cependant, ce mode se désactive dès que la voiture atteint les 30 km/h. Dans des conditions routières normales, seules les roues avant sont entraînées. Combiné à une garde au sol assez élevée, ce mode « lock » améliore grandement l’adhérence, surtout lorsqu’il y a beaucoup de neige. En ce qui concerne les capacités de remorquage, le Veracruz peut tirer jusqu’à 1 588 kg (3 500 livres), à condition que la remorque soit munie de freins.

En tout confort?

Techniquement, donc, le Veracruz n’a rien à se reprocher, mais ce n’est pas là son point fort. Son point fort, c’est son habitacle. Vaste, douillet et bien fini, il accueille jusqu’à sept personnes en tout confort. En tout confort? Ça dépend de votre interprétation du nom « confort ». Personnellement, je n’ai jamais aimé les sièges avant aux dossiers trop plats et ceux de la deuxième rangée un peu trop durs. Quant à ceux de la troisième rangée, ils sont corrects (pour une troisième rangée), mais ils sont difficilement accessibles. Mentionnons aussi que les grandes personnes pourraient avoir de la difficulté à s’asseoir derrière le volant, puisque le siège n’offre pas beaucoup de recul. Si, pour vous, le confort se mesure en matière de finition, d’équipement de série et de silence de roulement, vous allez être servi! En effet, le Veracruz jouit d’une finition très haut de gamme, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. La qualité des matériaux et leur assemblage sont dignes de Lexus, ce qui n’est pas peu dire.

Le conducteur fait face à une instrumentation disposée de manière simple et efficace. Les jauges sont d’ailleurs beaucoup plus belles à regarder la nuit que le jour! Un des seuls reproches que je pourrais faire au Veracruz serait d’avoir un climatiseur qui souffle son air froid avec un peu trop d’enthousiasme, surtout en mode automatique. Notre véhicule d’essai, un Limited, possédait une console réfrigérée, bien appréciée pour garder les bouteilles d’eau à la bonne température lors d’un voyage en Estrie par une journée où le mercure cherchait de l’ombre. Même si l’équipement de base est très relevé, il est surprenant de noter qu’on ne retrouve pas de système GPS, même en option. Remarquez qu’une bonne carte routière et une conjointe demandant le chemin à la première hésitation font généralement l’affaire. Pour moi, en tout cas…

La banquette de la troisième rangée se replie dans le plancher de façon 50/50, un peu à la manière des fourgonnettes. Par contre, la deuxième rangée (60/40) ne fait que basculer vers l’avant. L’espace ainsi créé est certes énorme (2 458 litres), mais si la deuxième rangée de sièges pouvait s’incruster dans le plancher, à la Dodge Journey par exemple, l’affaire serait A+ comme on dit à Héma-Québec. Au moins, le plancher est relativement plat, son seuil de chargement est bas et une bande de caoutchouc sur le pare-chocs arrière permet d’éviter les égratignures. Sous le plancher, on retrouve d’utiles bacs de rangement, mais j’aurais aimé qu’ils puissent contenir un bidon de lave-glace.

Comportement placide

Jusqu’à présent, le Veracruz impressionne. Sur la route cependant, on déchante un peu. Oh! il se comporte bien, mais on ne peut aspirer à une conduite sportive, en grande partie à cause de la direction trop assistée et qui ne retourne aucune information sur le travail des roues. Les suspensions sont certainement axées vers le confort, mais il ne faut pas croire que le Veracruz s’écrase à la première courbe venue. Certes, on dénote un certain roulis, mais compte tenu du centre de gravité élevé et du gabarit du véhicule, le contraire aurait été surprenant. Si jamais le conducteur dépassait ne serait-ce qu’un tantinet les limites en courbes, les systèmes de contrôle de la traction et de la stabilité latérale interviendraient avec une poigne ferme. En cas de malheur, six coussins gonflables veillent à protéger les occupants.

Le Veracruz n’a certes pas le pedigree des Buick Enclave, Ford Edge, Mazda CX-7 ou Toyota Highlander, ses concurrents directs. Dans son intention de toujours progresser, Hyundai n’hésite pas à se départir de modèles moins populaires. Ainsi, la fourgonnette Entourage et la triste mais luxueuse berline Azera ne font plus partie du catalogue. Si la décision de conserver le Veracruz a été prise, c’est que ce modèle, bien que peu répandu, a encore sa place chez Hyundai.

Feu vert

Mécanique au point
Habitacle silencieux
Finition hors pair
Consommation correcte
Bon rapport équipement/prix

Feu rouge

Gabarit imposant
Direction déconnectée
Sièges avant plus ou moins confortables
Faible espace de rangement (derrière la 3e rangée)

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