Une ado de 16 ans pilote de course... sans permis de conduire!

Par Jadrino Huot

À l’âge de 16 ans, Marie-Soleil Labelle est en train de faire sa place sur les circuits de course automobile, et ce, sans même détenir un permis de conduire.

La Gatinoise se passionne pour la course automobile depuis l’âge de 12 ans. À ses débuts, en karting, elle se fait remarquer pour rallier les rangs d’une académie de pilotes. La jeune sensation saute ensuite les étapes pour aboutir cette année comme recrue sur le circuit de la Coupe Nissan Micra, une série de transition vers les catégories de voitures plus puissantes.

Pourtant, elle suit toujours ses cours théoriques et pratiques de conduite. Le permis n’est en effet pas nécessaire sur des circuits privés fermés, car ils comptent déjà sur une sécurité et un encadrement supérieurs à ceux des vieilles routes du Québec.

«Il s’agit pour moi d’une saison d’apprentissage. Je vois cette série comme un tremplin qui peut me permettre de poursuivre mon rêve, soit d’atteindre les plus hauts niveaux en course automobile», confie Marie-Soleil, rencontrée lors d’une course plus tôt ce mois-ci à Mirabel.

Gilles Villeneuve

Son audace et sa détermination inspirent bien des gens à s’associer à elle. Le Musée Gilles-Villeneuve, à Berthierville, qui la parraine, fait partie de la liste.

«Pour le musée, Marie-Soleil se veut un trait d’union entre les générations, une ambassadrice de premier plan pour faire connaître Gilles aux plus jeunes», de dire son directeur, Alain Bellehumeur.

«C’est spécial d’être associée à son idole. Je ne l’ai naturellement pas vu piloter de son vivant, mais sa rapidité et son intelligence en piste sont remarquables», affirme la jeune fille qui arbore le numéro 999 sur sa voiture (9+9+9 = 27) en l’honneur de Gilles Villeneuve. Celui-ci avait le 27 sur son bolide lors de sa dernière course, celle au cours de laquelle il est mort en 1982. Le numéro 27 n’était pas disponible pour Marie-Soleil cette année.

Potentiel

Les experts, tant ici qu’à l’étranger, sont unanimes: Marie-Soleil Labelle possède tous les atouts pour se rendre loin.

Elle a déjà été pointée comme une étoile montante par la Fédération internationale de l’automobile parmi les femmes au volant sur les circuits mondiaux.

Le promoteur de la Coupe Nissan Micra, Jacques Deshaies, ne tarit pas d’éloges envers la plus jeune recrue de l’histoire de la série.

«Le potentiel est là. Elle a une belle attitude et elle est très réceptive aux conseils. Je suis convaincu qu’elle sera une pilote de haut rang d’ici deux ou trois ans», prédit l’expert automobile bien connu.

Implication

L’adolescente de 16 ans pourrait se pavaner avec ses victoires accumulées par le passé ou s’asseoir sur ses lauriers, mais elle préfère redonner aux autres.

Elle s’est ainsi alliée pour une deuxième année consécutive à la Fondation Rêves d’enfants, recueillant jusqu’à maintenant plus de 10 000 $ pour l’organisme.

Elle s’est également associée à la police de Gatineau et à Auto Sport Québec pour sensibiliser les jeunes conducteurs au danger de la vitesse sur les routes.

Marie-Soleil Labelle souhaite poursuivre son chemin en course automobile jusqu’en Formule 1. Elle continuera ses études en parallèle et vise un diplôme en génie mécanique.

Elle participe ce week-end aux dernières courses de la saison 2020 de la Coupe Nissan Micra au Circuit Mont-Tremblant, dans les Laurentides.

Un père à la fois fier et anxieux

Les succès hâtifs de Marie-Soleil Labelle ne surprennent pas vraiment l’homme à la tête de son équipe, son père, Maxime.

Il ne peut toutefois qu’être anxieux de voir sa fille filer à 180 km/h sur une piste de course au milieu de pilotes expérimentés qui ont deux, voire trois fois son âge.

«Elle a toujours eu un esprit compétitif et voulu relever des défis qui sortent de l’ordinaire. Comme parent, on reste toujours inquiet. Quand tu vois une roue se détacher de sa voiture à cause d’un bris mécanique, il y a certes une petite panique. Je suis tout de même fier de la voir réaliser ses rêves.»

Marie-Soleil Labelle reçoit aussi l’appui de son école, le Collège Saint-Joseph, et de ses camarades de 5e secondaire.

«Mes amies me trouvent un peu folle, mais toutes m’encouragent à continuer», conclut-elle en riant.

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