Tesla, Mercedes et Ford dénoncent en justice les taxes de Trump contre Pékin

De grands groupes automobiles mondiaux, comme Tesla, Ford, Mercedes et Volvo, ont lancé séparément des poursuites en justice contre le gouvernement Trump pour demander l’arrêt immédiat de l’imposition de tarifs douaniers supplémentaires sur des pièces et produits importés de Chine.

Dans des plaintes distinctes déposées dès la mi-septembre, et consultées mercredi par l’AFP, devant le Tribunal International du Commerce à New York, ces géants du secteur automobile affirment que ces droits de douane, imposés sur une liste de produits dans le cadre du bras de fer commercial entre Washington et Pékin, sont «illégaux».

Ils demandent par conséquent leur «annulation» et souhaitent récupérer toute somme déjà perçue par les services douaniers américains depuis l’entrée en vigueur de nouvelles taxes.

«Washington a mené une guerre commerciale sans précédent, démesurée et sans limites affectant des importations de Chine d’une valeur de plus de 500 milliards de dollars», dénonce Mercedes, dans sa plainte datant du 17 septembre.

Le constructeur automobile allemand, via sa filiale américaine qui dispose de sites de production en Alabama (sud), affirme que la loi américaine n’autorise pas l’administration Trump à mener une guerre commerciale «illimitée», usant de «tous les moyens» pour parvenir à ses fins.

«Arbitraires» et «capricieux»

L’offensive des groupes automobiles américains et européens survient quelques jours seulement après que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) eut jugé illégale une première tranche de droits de douane imposés par les États-Unis sur quelque 250 milliards de dollars de biens chinois.

La Chine est le premier marché automobile mondial et le principal relais de croissance pour de nombreux constructeurs automobiles, et notamment pour Tesla, qui compte surfer sur les objectifs ambitieux du pays en matière de réduction des émissions de CO2.

Le constructeur de véhicules électriques haut de gamme, dirigé par le fantasque milliardaire Elon Musk, conteste nommément, dans sa plainte de 17 pages déposée le 21 septembre, les mesures imposées par le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer.

Il estime que les droits supplémentaires de 25% imposés par l’administration Trump sur de nombreuses pièces détachées importées par Tesla comme des écrans de terminaux utilisés dans ses voitures sont «arbitraires, capricieux et un abus de pouvoir».

Le groupe, qui s’est acquitté de ces droits à l’importation, réclame d’être «remboursé avec intérêt».

Contactés par l’AFP, les services de M. Lighthizer n’ont pas donné suite.

Les taxes douanières punitives imposées par Washington sur les marchandises venant de Chine sont en fait payées par les importateurs aux États-Unis, ce qui, selon l’objectif du gouvernement américain, réduit ces importations chinoises et à terme, l’abyssal déficit commercial des États-Unis avec la Chine.

Ces tarifs punitifs ont marqué le début d’une guerre commerciale entre les deux géants économiques et constitué l’une des marques de fabrique de la présidence Trump, qui a accusé la Chine de pratiques commerciales malhonnêtes, de vol de propriété intellectuelle, et de vouloir utiliser la technologie pour étendre son emprise sur certaines régions du monde ou pour renforcer la répression en Chine, notamment contre les musulmans ouïghours.

Washington et Pékin ont ensuite conclu un accord commercial, en grande partie au point mort. Des tarifs douaniers supplémentaires de 25% restent ainsi appliqués sur l’équivalent de 250 milliards de dollars de marchandises chinoises.

Avec ces surtaxes, qui ont fait l’objet de représailles du même ordre par la Chine, Washington espère par ailleurs réduire son déficit commercial.

En juillet, le déficit commercial américain pour les seuls achats de biens (sans compter les services) avec la Chine était de 28,3 milliards de dollars.

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