Fiat 500L - Existe-t-elle vraiment?

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2020

Nous sommes à la mi-mai. Je dois rédiger un article sur la Fiat 500L. J’effectue donc mes recherches dans l’optique de ne rien oublier des nouveautés de ce modèle, que je sais assez peu répandu. Mais jamais je n’aurais pu croire qu’il était rare à ce point.

Si rare, que sur le site du manufacturier, en mai 2019, il est encore question de modèles 2018. Si rare qu’en téléphonant à cinq concessionnaires Fiat pour vérifier la disponibilité de cette bagnole, aucun d’entre eux n’en avait en stock. Ni 2019 ni 2018. Rien! Et pourtant, il semble qu’elle existe bel et bien. Du moins… en théorie!

Il faut dire qu’en observant les chiffres de ventes canadiens du modèle, il y a lieu de se poser la question. Parce que si, chez nos voisins du Sud, la question est claire, il en va autrement de ce côté-ci de la frontière. Et pour cause, seulement 13 Fiat 500L neuves ont trouvé preneur au Canada l’an dernier, contre 1 413 aux États-Unis. Et l’histoire ne dit pas s’il s’agissait en 2018 de modèles 2016 ou 2017 invendus. Alors, au Canada, les Fiat 500L 2018/2019 existent-elles vraiment? Pour répondre à cette question, la gens de FCA nous ont acheminé le communiqué de presse du modèle 2019, en mentionnant bien sûr que la voiture pouvait être commandée. Et…pour 2020? Au moment d’écrire, rien n’indiquait un abandon officiel. Bref, on nage en plein mystère.

Du bois mort

Une chose est certaine, les concessionnaires n’en ont pas. En fait, ils ne commandent pratiquement pas de Fiat. Qu’importe le modèle. Parce que lorsqu’il est question de Fiat, parler d’échec commercial est un euphémisme. Il suffit de penser à la centaine de concessionnaires Chrysler canadiens qui ont accepté de débourser des sommes colossales, pour construire des concessions ou aménager des locaux distincts. Tout ça, pour des ventes totales de 645 unités en 2018, ou six voitures par concession, pour quatre modèles offerts (124 Spider, 500, 500L, 500X)!

Et la 500L dans tout ça? En admettant qu’elle soit disponible ou que vous puissiez mettre la main sur l’une d’elles, voici ce qu’il faut retenir. D’abord, la voiture sera à vous et pour longtemps. Parce qu’il vous sera très difficile de vous en défaire, à moins de pratiquement la donner. Cette voiture est boudée du public, a mauvaise réputation et constitue l’unique monospace encore offert au Canada. En effet, depuis la disparition des Kia Rondo, Ford C-MAX et Mercedes-Benz de Classe B, ce type de véhicule est complètement disparu du marché nord-américain.

Déclinée en quatre versions (techniquement), la 500L se démarque par un habitacle spacieux et lumineux, surtout lorsqu’équipée du toit ouvrant panoramique. J’oserais d’ailleurs affirmer qu’il s’agit du véhicule neuf offrant la meilleure visibilité, toutes catégories confondues! Alors oui, le côté pratique de la 500L est évident. Et si vous n’êtes pas convaincu, sachez que le volume de chargement total est même supérieur à celui de VUS comme le Kia Sportage et le Mazda CX-5.

La version Sport arbore un look dynamique tandis que la Lounge joue la carte du luxe. Puis, il y a les versions Trekking et Urbana, ornées de bas de caisse et de pourtours d’aile, ainsi que d’un imposant bouclier avant. Si ces dernières donnent l’impression de pouvoir s’aventurer hors des sentiers battus, sachez qu’il n’en est rien : pas de rouage intégral, malgré les apparences.

On peut ou non apprécier le style de la 500L. Et même si l’habitacle n’est pas des plus riches, la finition demeure en général honnête. On déchante cependant rapidement au démarrage du véhicule, qui dévoile à ce moment un manque flagrant de raffinement. Ainsi, contrairement à la 500X qui a droit depuis peu à une nouvelle mécanique, la 500L conserve son quatre cylindres de 1,4 litre turbocompressé, rugueux et handicapé par une plage de puissance inégale. Jumelé à une boîte automatique à six rapports, il en résulte un rendement agaçant, voire désagréable, le tout pour une consommation de carburant qui n’impressionnera personne. À ce propos, prévoyez une moyenne d’environ 9 litres aux 100 km.

4,29% sur 96 mois!

La valeur résiduelle étant symbolique, il est évidemment impossible de louer la 500L. Il faut donc se tourner vers le financement. Or, au moment d’écrire ces lignes, le taux était à 4,29% pour un financement sur huit ans! Essentiellement, des paiements allant de 590 $ à près de 650 $ par mois (taxes incluses), pour un véhicule de 27 000 $ à 34 000 $ (transport inclus), exempt de tout rabais, et pour lequel on ne vous offrira que quelques milliers de dollars, dans quatre ou cinq ans.

Bref, un des pires achats automobiles que l’on puisse faire sur le plan financier. Maintenant, comme le véhicule n’est pas réellement plus convaincant que l’offre financière qui l’accompagne, mon conseil est de faire ce qu’a fait la quasi-totalité des acheteurs canadiens l’an dernier (sauf 13) : oublier la 500L.

Feu vert

  • Habitacle spacieux et polyvalent
  • Excellente visibilité
  • Présentation intérieure charmante

Feu rouge

  • Forte dépréciation
  • Prix et modalités de financement
  • Rendement mécanique
  • Disponibilité/intérêt des concessionnaires

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