Ma première auto: Chevrolet Malibu 1997

Les membres de l’équipe du Guide de l’auto fouillent dans leur mémoire et vous parlent de la première voiture qu'ils ont achetée. Voici celle de Frédéric Mercier, une Chevrolet Malibu 1997.

J’ai passé mon enfance à rêver au jour où je pourrais enfin conduire.

J’avais à peine 10 ans et je m’imaginais déjà au volant de ma première voiture. Je rêvassais aux plus beaux modèles que les années 90 avaient à m’offrir, me projetant à bord d’une Acura Integra, d’une Volkswagen Corrado ou même d’une Porsche 944. On a bien le droit de rêver, non?

À 15 ou 16 ans, j’ai commencé à travailler. Dans une épicerie, au département des viandes. Je n’avais pas vraiment besoin d’argent, au fond. Je vivais sur le bras de mes parents et mes dépenses se résumaient à une couple de CD de Blink-182 et aux quelques caisses de bières que j’achetais en cachette la fin de semaine.

Par contre, je voyais enfin la lumière au bout du tunnel. Très bientôt, j’allais pouvoir passer mon examen de conduite. Et au moment où ça allait arriver, je voulais être capable de me payer un char. Mon premier char. 

Faut croire que je m’étais bien préparé, parce que j’ai réussi l’examen haut la main. 94%, je m’en souviens encore. 

Je n’ai pas perdu de temps pour commencer à fouiller sur les sites d’annonces classées, en quête du bolide qui allait devenir mon destrier mécanique. Et rapidement, j’ai réalisé que ce n’était pas avec mes sept piastres de l’heure que j’allais pouvoir me payer la Porsche de mes rêves. De toute évidence, j’allais devoir revoir mes critères à la baisse.

Puis, après quelques semaines de recherches infructueuses, mon paternel est tombé sur ce qu’il qualifiait «d’une aubaine». Une Chevrolet Malibu 1997. Bleu poudre, avec un petit moteur à quatre cylindres. Le garage demandait 5000 $, mais mon père, fin négociateur, a réussi à le faire descendre à 3500 $. C’est ça, un salaire de commis d’épicerie!

Photo: Frédéric Mercier

Je me demande encore pourquoi, mais je l’ai fait. J’ai acheté une berline bleu poudre. Le genre de char qui fait habituellement le plaisir des grand-mamans, pas des kids de 17 ans en quête d’adrénaline. Et vous savez quoi? Ça ne m’a pas empêché de conduire la Malibu avec le sourire fendu jusqu’aux oreilles, fier comme un paon.

Parce que notre premier char, au fond, on s’en fout un peu de quoi il a l’air. Ce qui importe, c’est qu’on est enfin libre d’aller où on veut, quand on veut, sans téter un énième lift à ses parents. Et ma Malibu, bien que pas très rapide et dotée d'une couleur douteuse, me permettait cette indescriptible liberté.

Puis, avec le premier char viennent aussi les premières expériences.

Premiers roadtrips.
Premiers excès de vitesse.
Premiers tickets.
Premiers cinéparcs, avec tout ce que ça implique.

Tout ça, c’est avec ma Malibu de grand-maman que je l’ai vécu.

Je m’étais toujours promis que je garderais mon premier char jusqu’à ce qu’il me meure dans les mains, comme une promesse qu’on fait à un premier amour. Et ma fidèle Malibu, pratiquement intuable, était encore bien en vie à la fin de mon parcours universitaire. Faut le faire!

Fidèle à mon engagement, j’ai donc entamé ma carrière à bord d’un char de moins en moins bleu et de plus en plus rouillé. Jusqu’au jour où, pouvant enfin me le permettre, je me suis payé une Porsche 944. Celle-là même à laquelle je rêvais quand j’avais 10 ans.

La Malibu, elle, est devenue le premier char de mon petit frère. Tel un Maurice Richard des autoroutes, je lui ai tendu le flambeau, fier de le voir rouler dans cette vieille bagnole qui m’avait tant donné.

Quelques années plus tard, ma merveille bleue a finalement tiré sa révérence. Les réparations à effectuer étaient devenues tout simplement trop coûteuses pour que ça en vaille la peine. Au diable l’acharnement, valait mieux la laisser mourir dans la dignité.

Et quand mon frère est finalement allé porter ma bonne vielle Malibu à la cour à scrap pour son dernier repos, il y a une petite partie de moi qui s’est retrouvée au milieu du tas de ferraille.

Parce qu’un premier char, c’est pas mal plus que du métal. C’est une partie de notre vie, au fond.

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