Toyota Sequoia 2010, du gros calibre

Points forts
  • Nouveau moteur V8 plus économe
  • Excellent rouage intégral
  • Comportement hors route
  • Habitabilité
Points faibles
  • Dimensions encombrantes
  • Encombrant en ville
  • Consommation toujours élevée
  • Certains versions très onéreuses
Évaluation complète

De nos jours, la tendance est aux véhicules plus petits, moins énergivores et donc plus politiquement corrects. En révisant le Séquoia l’an dernier, il semble que Toyota fasse un pied de nez au politiquement correct. C’est une façon de voir les choses. Mais sur une note plus réaliste, le constructeur cible les personnes qui ont besoin d’un gros véhicule capable de transporter sept personnes et leurs bagages tout en pouvant remorquer une roulotte.

Je suis certain que plusieurs d’entre vous vont m’accuser d’être une personne voulant la disparition de la planète par la pollution, un vendu aux pétrolières et un amateur de grosses cylindrées. Vous pouvez pensez ce que vous voulez, mais il est important de souligner qu’il y a  des personnes qui ont besoin de ces véhicules que ce soit pour des raisons familiales ou professionnelles. Je suis d’accord qu’une personne seule vivant en milieu urbain et ne quittant jamais les limites de la ville n’a pas d’affaires à se procurer un tel mastodonte. Par contre, une famille de six allant participer à une compétition équestre et tractant la remorque à chevaux a raison d’utiliser un tel moyen de transport. Et la situation serait encore meilleure si ce chef de famille utilisait une voiture aux dimensions plus raisonnables le reste du temps.

 Voici donc quelques impressions de conduite pour les personnes susceptibles d’avoir besoin d’un tel véhicule.

Le confort en premier

Même si ce type de véhicule est conçu pour être un pur et dur capable d’affronter des conditions assez difficiles il ne faut pas négliger le confort et le Sequoia se tire assez bien d’affaires à ce chapitre. Tout d’abord, avec un empattement de 3100 millimètres, il est certain que tous les occupants peuvent prendre leurs aises. Les passagers de la seconde rangée ont tout l’espace voulu pour étendre leurs jambes tandis que la troisième rangée, à déploiement électrique s’il vous plait, est plus spacieuse que la moyenne. Par contre, ce siège dérobe beaucoup d’espace dans la soute à bagages. Il faut souligner au passage que le seuil de chargement de cette dernière est passablement haut. C’est le prix à payer pour obtenir une garde au sol de 242 millimètres.

Notre véhicule d’essai était pourvu de sièges en cuir, d’une camera de recul avec écran logé dans le rétroviseur intérieur, d’un volant gainé de cuir  réglable en profondeur et en hauteur tandis que des poignées de maintien à chaque portière facilitent la montée à bord ou permettent aux passagers de s’agripper en cas de manœuvres un peu plus agressives de la part du pilote. Et cette poignée n’est pas un luxe pour permettre  prendre place à bord car il faut lever la jambe assez haut. Une fois en place, on est confortable, mais le support latéral est assez faible pour les sièges avant.

Encore une fois, la finition est impeccable même si la présentation générale est assez drabbe merci. On a bien tenté d’égayer la planche de bord par des boutons aux accents d’aluminium, mais on aurait pu faire mieux. Certains vont me répondre qu’il s’agit d’un utilitaire et que les acheteurs préfèrent le pratique à l’esthétique et ils ont raison eux aussi. Par contre, sur les photos de presse, on distingue très bien les indications des cadrans, mais en réalité, ils sont presque indéchiffrables dans le jour.

Nouveau moteur

Jusqu’à cette année, le choix de la mécanique était très simple, on ignorait le moteur de base de 4,7 litres pour se tourner vers le moteur V8 de 5,7 litres plus puissant et ne consommant pas plus que le vétuste V8 de 4,7 litres couplé à une transmission automatique à cinq rapports.
Cette année, comme sur le camion Tundra, le moteur de base est dorénavant un moteur V8 de 4,6 litres de 310 chevaux associé à une transmission automatique à six rapports. On gagne ainsi 34 chevaux par rapport au 4,7 litres de l’an dernier tandis que la consommation est réduite en raison de cette boîte automatique plus moderne.

Si vous voulez vous acheter un Sequoia pour la tenue de route, mieux vaut chercher ailleurs. Comme tous les mastodontes de son espèce, c’est correct aux limites de vitesses affichées, mais il est impossible de renier les lois de la physique. En plus d’une masse de plus de deux tonnes, le centre de gravité est élevé ce qui devrait inciter les gens à la prudence. Quant à la suspension, elle est assez confortable surtout en raison de la présence d’essieux arrière indépendants. Mais chez General Motors on réussit à faire mieux en fait de tenue de route  sur le Chevrolet Suburban/ Yukon  avec un essieu rigide.

Notre but dans cet essai était de vérifier la valeur du nouveau moteur V8 de 4,6 litres tant en fait de performances que de consommation de carburant. À ce dernier chapitre nous avions observé une consommation de 16,7 litres au 100 km avec le moteur de 4,7 litres tandis que le nouveau moteur de 4,6 litres consomme en moyenne 16,2 litres aux 100 km. C’est déjà cela de gagné. De plus, la boîte automatique est plus efficace. Par contre, tout au long de cet essai, j’ai remarqué une vibration du moteur lorsque le régime moteur était d’environ 1600 tr/min. Les reprises sont dans la bonne moyenne tandis qu’il nous a fallu 8,9 secondes pour boucler le 0-100 km/h. Comme sur les versions précédentes, le rouage intégral est à contrôle électronique et il est d’une grande efficacité. Toyota a été l’une des premiers constructeurs à se tourner vers le tout électronique pour la gestion de la traction intégrale et sa compétence en la matière en est la preuve sur le Sequoia.

Malgré tout, ce gros Toyota a de la difficulté à s’affirmer sur le marché face aux véhicules de même catégorie proposés par les constructeurs nord-américains qui ont beaucoup d’expérience dans ce créneau et qui sont parfois plus efficaces et plus agréables à conduire. Par contre, pour plusieurs, la réputation de fiabilité de Toyota est l’argument déclencheur.

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