Hummer H2 / H3, la fin ou le début?

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

La mode, disait Jean Cocteau, c’est ce qui se démode! Pour être « in », fallait avoir son Hummer. Puis, en moins de deux ans, la mode a chaviré et aujourd’hui, rien n’a l’air plus « out » qu’un Hummer! Il y a quelques mois, General Motors a vendu sa marque déchue à Tengzhong, une entreprise chinoise. Mais, au moment d’écrire ces lignes, le gouvernement chinois n’avait pas encore approuvé cette transaction, désirant désormais se tourner davantage vers des véhicules moins énergivores. Quand tu es trop pollueur pour les Chinois, c’est signe que ça va mal…
À l’été 2007, Martin Walsh, le directeur général de Hummer, me confiait que ce qui faisait le plus mal à l’image de Hummer n’était pas le produit lui-même, mais plutôt ce que les gens en faisaient. « Un Hummer, disait-il, ce n’est pas fait pour un centre-ville. » Mais c’est pourtant là qu’il se retrouvait la plupart du temps! La même journée, Walsh disait aussi que d’ici deux ans environ tous les Hummer recevraient un moteur diesel, biodiesel ou à l’essence E85 (mélange de 85 % d’éthanol et de 15% d’essence). La récession en aura décidé autrement…

H2

Le plus gros Hummer, le H2, possède des lignes directement dérivées du Humvee, le véhicule de l’armée américaine qui avait volé la vedette lors de la Guerre du Golfe en 1990. Dans sa version civile, le Humvee s’appelait H1. Le H2 en est une version un peu édulcorée… mais toujours très imposante! En 2008, pour revigorer un peu les ventes de son mastodonte, GM lui donnait un nouvel habitacle et un V8 de 6,2 litres en remplacement du 6,0 litres, moins puissant. Ce qui, finalement, n’a fait qu’accélérer la chute du H2.

Il y a deux ans, nous avons eu la chance de participer à une randonnée hors route avec les gens de Hummer. Et quand on dit hors route, on veut dire hors route. En fait, nous avions été dans le Rock Garden au Nouveau-Mexique, une piste qui reprend, sur une longueur moindre, le niveau de difficulté du Rubicon Trail, bien connu des amateurs de 4x4. Dans sa configuration normale, avec pneus de route, le H2 impressionne par ses qualités de grimpeur. Comme l’affirmait alors un ingénieur de Hummer, à peine 5 % de ses propriétaires exploiteront ses capacités. Cependant, sa largeur et son empattement plus long le rendent un peu moins maniable dans certaines conditions où le H3, son petit frère, s’avère plus à l’aise. Quoiqu’il en soit, son comportement routier surprend. Le véhicule est confortable et affiche une belle douceur de roulement. Cependant, oubliez les prestations sportives!

Si la carrosserie possède des dimensions extrêmes, l’habitacle, à l’inverse, se veut très petit. La faute appartient à la très large console ainsi qu’à la ligne de caisse très élevée combinée à un toit bas, ce qui donne une impression de confinement. Le H2 est offert en versions VUS (SUV) et camionnette (SUT).

H3

Le plus populaire et le plus petit des Hummer, le H3, ne connait pas beaucoup plus de succès que son grand frère H2. Ce qui ne l’empêche pas de montrer des aptitudes hors route aussi élevées que celles d’un Jeep Wrangler tout en étant beaucoup plus confortable en utilisation quotidienne. Sans aucun doute venons-nous de frustrer les mordus de Jeep… à qui il faut toutefois accorder que le Hummer se débrouillerait un peu moins bien dans la boue épaisse. Contrairement au H2 qui possède un rouage 4x4, le H3 propose un rouage intégral. Si, pour vous, intégrale réfère aux VUS de ville que sont, par exemple, les Honda CR-V ou Ford Escape, vous pourriez tomber en bas de votre chaise en voyant un H3 se sortir d’impasses! Il faut mentionner que, tout comme le H2, le H3 est offert en modèles VUS et camionnette. Mais pour pouvoir offrir une boite de chargement digne de ce nom, les ingénieurs de Hummer ont dû allonger son empattement de 566 mm (22,3 pouces), ce qui diminue ses capacités en hors route.

Avec son V8 de 5,3 litres, le H3 offre des performances très honorables en plus de pouvoir remorquer 2721 kilos (6000 livres). Comme on peut s’y attendre, c’est un peu moins que le H2, qui lui, peut tirer jusqu’à 3720 kilos (8200 livres). Un autre moteur est proposé. Il s’agit d’un cinq cylindres en ligne de 3,7 litres que le H3 partage avec le Chevrolet Colorado, duquel il est dérivé. Si vous voulez mon avis (et même si vous ne le voulez pas!) ce moteur s’avère tout à fait convenable dans la plupart des situations, puisqu’il peut remorquer autant que le 5,3 tout en consommant environ deux litres de moins tous les cent kilomètres. Par contre, il est moins raffiné.
Peu importe le moteur, la transmission est une automatique à quatre rapports. Et comme GM n’a plus, ou si peu, d’intérêts dans Hummer, ne vous attendez pas à voir une six rapports de sitôt dans le H3. À moins que ses nouveaux, et pour l’instant hypothétiques propriétaires ne se décident à lui donner des moyens de survivre. Le 3,7 litres peut aussi être associé à une manuelle à cinq rapports, aussi rare que vous savez quoi…

Malgré tout le mal qu’on pourrait en dire, un Hummer peut rendre de grands services à quiconque doit passer à des endroits impraticables tout en désirant profiter d’un grand confort. Si vous en voulez un, les concessionnaires seront sans doute des plus empressés à négocier! Tout comme les gens voulant se débarrasser de leur Hummer usagé. Dans la tourmente actuelle, on est en droit de se demander si le nom Hummer n’appartient pas déjà au passé, son avenir étant tellement sombre…

Feu vert

Hors route indéniable
Confort surprenant
Capacités de remorquage élevées
Comportement routier sain
Style inimitable

Feu rouge

Réputation de style Norbourg
Consommation honteuse
Dimensions extrêmes (H2)
Visibilité problématique
Valeur de revente nulle

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