Ferrari 612 Scaglietti, la grande GT

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Si la Ferrari 612 porte le nom de Scaglietti, c’est parce que le constructeur de Maranello a choisi de rendre hommage à Sergio Scaglietti, carrossier de la région de Modène, qui a conçu plusieurs carrosseries en aluminium pour les voitures de la marque au cheval cabré au cours des années cinquante et soixante. Véritable Gran Turismo, la 612 Scaglietti se distingue des autres modèles Ferrari par sa configuration de type 2+2.

Au premier coup d’œil, on ne peut qu’être séduit par l’élégance de cette voiture, dont les dimensions sont pourtant assez imposantes, en remarquant le parcours des lignes qui débute sous la calandre pour remonter sur les phares et se prolonger sur les ailes avant jusqu’à la partie arrière de la voiture. La 612 Scaglietti affiche également des flancs incurvés dont le design singulier remonte à la 375MM, un modèle exclusif commandé en 1954 par le réalisateur italien Roberto Rossellini qui en fit cadeau à l’actrice Ingrid Bergman.

Un V12 dérivé de l’Enzo

Pour les plus fortunés de la planète, ce n’est pas le choix qui manque lorsque vient le temps de rouler. Il faut croire qu’il existe un marché très lucratif dans le créneau des voitures GT haut de gamme, puisque Ferrari propose toujours la 612 Scaglietti afin de concurrencer directement les Aston Martin Vanquish, Mercedes-Benz CL version AMG ainsi que la Bentley Continental GT.

Pour se mériter une place sur la grille de départ de ce plateau relevé, il faut rencontrer plusieurs critères. La voiture se doit presque obligatoirement d’être un coupé avec un habitacle de configuration 2 + 2, et le moteur se doit d’être un 12 cylindres (en configuration V12 pour la Vanquish ou en configuration W12 pour la Continental GT) ou, à tout le moins, un V8 suralimenté (CL65 AMG).
Tout comme la F430, la 612 Scaglietti est construite avec une structure et une carrosserie qui fait un usage intensif d’aluminium afin de réduire son poids, et sa plate-forme sert aussi de point de départ à la conception de l’autre GT de Ferrari, soit la 599 GTB Fiorano qui, elle, ne compte que deux places. Afin de disposer d’une configuration de type 2+2 et de loger un V12 sous le capot avant, les ingénieurs de Ferrari ont développé une voiture dont l’empattement (la distance entre l’axe des roues avant et celui des roues arrière) est très long : 2 950 millimètres, soit une longueur égale à l’empattement des VUS de grande taille. Cet empattement allongé permet de localiser le moteur derrière l’axe des roues avant dans le but de disposer d’une meilleure répartition des masses. La 612 Scaglietti reçoit un V12 dérivé de celui de l’Enzo, dont la cylindrée a été réduite de 6,0 à 5,7 litres, qui est jumelé par un arbre de transmission à la boîte de vitesse, elle-même localisée sur le train arrière, question toujours d’assurer une répartition optimale des masses. Le résultat est probant puisque 85 % de la masse de la voiture se trouve localisée entre les trains avant et arrière, ce qui confère une agilité surprenante à la 612 Scaglietti malgré ses grandes dimensions.

L’épreuve du circuit

J’ai eu l’occasion de boucler quelques tours du circuit Mont Tremblant ainsi que de rouler sur les routes avoisinantes au volant de la 612 Scaglietti, et même s’il s’agit d’une voiture au gabarit imposant, elle m’a toujours donné l’impression d’être moins grande et moins lourde qu’elle ne l’est, ce qui est le propre des voitures sport qui sont très bien équilibrées. Sur le circuit, il suffisait de régler les amortisseurs à la calibration la plus ferme avant d’attaquer les virages où la voiture faisait montre d’un aplomb remarquable. Évidemment, j’ai pris soin d’allonger les distances de freinage par rapport aux tours bouclés avec la F430, mais la 612 Scaglietti m’a tout de même surpris par son endurance au freinage sur circuit, soit l’environnement qui représente la pire torture que l’on puisse infliger à une voiture.

Sur la route, le retour aux calibrations plus souples des amortisseurs permettait d’apprécier encore les qualités dynamiques tout en offrant une conduite moins agressive à ma passagère. Le rapport poids/puissance de la 612 Scaglietti (1 875 kilos – 532 chevaux) lui permet d’abattre la marque des 100 kilomètres/heure en 4,2 secondes, le quart de mille en 12,3 secondes et la vitesse maximale est de 320 kilomètres/heure, selon Ferrari.

L’habitacle de la 612 est assez spacieux pour accueillir 4 personnes et, ayant réglé le siège du conducteur à la position idéale pour moi (je mesure 5 pieds 10 pouces), j’ai pu m’installer assez confortablement dans le siège arrière gauche, bien que la manœuvre soit compliquée car la portière n’ouvre pas très large. De la même façon, j’ai pu constater que les sièges arrière sont presque aussi ajustés que ceux des places avant et offrent un excellent soutien latéral en virage. Dans cette voiture d’exception, on respire littéralement le cuir qui recouvre non seulement les sièges mais également plusieurs autres surfaces de l’habitacle.

Le prix est stratosphérique et les délais de livraison sont très longs, mais l’exclusivité est assurée par la production très limitée de la marque italienne. Cela dit, la 612 Scaglietti va devoir affronter une concurrence plus grande avec l’arrivée de la nouvelle Porsche Panamera et de l’Aston Martin Rapide, deux nouvelles GT à quatre portes.

Feu vert

Moteur fabuleux
Très bonne tenue de route
Configuration 2+2
Confort surprenant
Silhouette classique

Feu rouge

Prix stratosphérique
Diffusion limitée
Complexité de certaines commandes
Visibilité vers l’arrière

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