Buick Regal 2019 : se transformera-t-elle en Chrysler?

Points forts
  • - Comportement routier remarquable
  • - Qualité de fabrication
  • - Voiture très spacieuse
  • - Personnalité intéressante (GS)
Points faibles
  • - Voiture condamnée
  • - Absence de la version familiale TourX au Canada
  • - Dépréciation considérable
  • - Version Avenir sans rouage intégral
Évaluation complète

Au moment de prendre la route au volant de la Buick Regal, FCA (Fiat-Chrysler) annonçait sa fusion avec PSA (Peugeot-Citroën), afin de créer le quatrième conglomérat automobile en importance à travers le monde. Une nouvelle rafraîchissante pour les deux constructeurs, certes, mais qui impactera sur l’avenir de notre sujet. Pourquoi ça?

Vous n’êtes peut-être pas sans savoir que la Regal, seule survivante chez les voitures Buick depuis l’abandon de la grande berline Lacrosse, n’est pas un authentique produit Buick. En fait, il s’agit d’une Opel Insignia destinée au marché européen, qui a été entièrement remaniée pour le millésime 2017, laquelle s’est retrouvée chez nous sous la bannière Buick.

Il en était de même pour l’ancienne génération de la Regal, qui avait été introduite en 2011. Or, la filiale européenne Opel, alors propriété de General Motors, était en 2017 en sérieuse difficulté financière. Puis, le marché étant aux VUS, ce n’était donc certainement pas la nouvelle Insignia qui allait permettre à Opel/Vauxhall de retrouver la voie de la rentabilité. Conséquemment, GM a signé une entente en mars 2017 pour la vente des divisions Opel/Vauxhall au groupe PSA.

Photo: Antoine Joubert

Peugeot-Citroën allait ainsi se retrouver propriétaire de ces bannières et donc responsable de la commercialisation de l’Opel/Vauxhall Insignia et de notre Buick Regal à travers le marché nord-américain. Puis, aujourd’hui, voilà que PSA s’associe à FCA dans l’optique de rentabiliser les coûts de développements et de faciliter la distribution de divers produits à travers la planète.

Comprenez donc par cela que la Buick Regal est presque condamnée, un peu comme ce fut le cas pour l’Eagle Premier, suite à la disparition de Renault en Amérique du Nord. Parce que les chances que l’on retrouve une future berline d’origine Opel vendue sous le giron de Dodge ou de Chrysler, ou même du côté de Peugeot, sont très minces.

Photo: Antoine Joubert

La Regal, une orpheline de choix

Ne soyez donc pas étonné si la Regal ne court pas les rues et si GM ne redouble pas d’efforts pour sa commercialisation. Attendez-vous même à ce que General Motors annonce sa disparition dans un avenir pas si lointain, ce qui le cas échéant officialiserait la mort des voitures Buick. Cela dit, pour l’acheteur en quête d’une berline efficace, distincte et surtout, sérieusement construite, la Regal mérite que l’on s’y attarde.

Premier avantage de cette voiture? Son coffre gigantesque. Plus spacieux que celui de bien des VUS qui se disent pratiques. D’ailleurs, la Regal possède plus de volume de chargement que l’utilitaire Envision, de même famille.

Photo: Antoine Joubert

Autre avantage? Son confort. Parce que l’habitacle est tout simplement bien pensé, bien ficelé et propice aux longues balades. Vous dire que la présentation déborde d’originalité serait mentir, puisque règne à bord une sobriété à l’image des lignes. En clair, c’est un intérieur élégant, mais un tantinet conservateur.

La Regal offre la possibilité de deux motorisations. Un quatre cylindres de 2,0 litres turbocompressé de 250 chevaux, qui la sert à merveille et qui peut être marié à la traction intégrale. La majorité des 715 unités ayant trouvé preneur au pays l’an dernier étaient d’ailleurs équipées de cette option mécanique, qui siège également sous le capot d’autres produits General Motors.

Photo: Antoine Joubert

Cela dit, vous pourriez aussi choisir l’option sport. Pour 45 000 $, une version GS (Gran Sport) plus audacieuse, plus athlétique sur le plan esthétique, qui se distingue par ses suspensions raffermies, sa direction à assistance variable et son puissant V6 de 310 chevaux emprunté notamment à l’utilitaire Enclave. Ici, Bose se charge de l’audio, Brembo des freins, alors que Recaro propose des sièges sport fournissant un excellent soutien. C’est au volant de cette mouture GS que j’ai parcouru plus de 1 000 kilomètres, appréciant son dynamisme, sa maniabilité et le couple généreux d’un moteur qui fait équipe avec une boîte très efficace.

Agrémentée de quelques options comme les dispositifs d’assistance à la conduite et le toit ouvrant, la version mise à l’essai frôlait les 50 000 $. Une facture salée, surtout en sachant que cette voiture subira une très forte dépréciation dès sa sortie du concessionnaire. Et pourtant, c’est un produit sous-estimé, sous le radar, voire même oublié, mais qui mérite que l’on s’y attarde.

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