Chevrolet Aveo, Pontiac G3, Suzuki Swift+, le pain et le beurre passés date

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Ces temps-ci, les sous-compactes ont la cote. On recherche une voiture peu dispendieuse à l’achat, facile d’entretien et surtout, « pas dure su’l gaz ». Aussi, on la veut la plus sécuritaire possible. Le confort, la puissance et le raffinement sont souvent relégués loin dans les priorités des acheteurs, souvent jeunes ou ayant un budget automobile limité. Malheureusement, le trio de sous-compactes de General Motors et Suzuki répond à bien peu de ces critères.

Tout d’abord, précisons que ces trois modèles sont en tous points identiques, sauf que la Chevrolet et la Pontiac sont proposées en versions berline et hatchback cinq portes, tandis que la Suzuki, elle, ne vient qu’en livrée hatchback. Toutefois, elle est mieux équipée. Un bref retour sur l’historique de ce trio de voitures coréennes (Daewoo) nous apprend qu’à ses débuts, au printemps 2004, sa fiabilité était catastrophique (heureusement, ça s’est un peu replacé depuis) et que le moteur manquait nettement de vigueur. L’être humain, en général, aime bien souffrir pour mériter sa récompense. Dans le cas de l’Aveo (à partir d’ici, nous ne parlerons que de l’Aveo, question d’alléger le texte), dans le cas de l’Aveo, donc, l’humain souffrait et tout ce qu’il méritait, c’était une consommation trop élevée! Avec le temps et un minimum d’efforts, General Motors a réussi à doter le moteur de sa sous-compacte du calage variable des soupapes, ce qui avait amélioré la puissance (de 103 à 106 chevaux). Cette année, GM annonce une autre augmentation de la puissance (de 106 à 108 chevaux). À ce rythme, en 2015, l’Aveo aura la même puissance qu’une Honda Fit 2010!

Appelez la SPA!

Malgré ces successives augmentations hippiques, on ne parle toujours pas de performances relevées. Il est cependant possible d’effectuer le 0-100 km/h en douze secondes, ce qui n’est pas trop mal pour la catégorie. Le son de mort qui accompagne chaque accélération fait toutefois réfléchir sur la nécessité d’écraser l’accélérateur. On ne torture pas une voiture, comme ça, sans raison! De série, on retrouve une boite manuelle à cinq rapports imprécise, mais tout de même plus agréable à utiliser que l’automatique Aisin à quatre rapports qui semble toujours peiner.

Sur la route, l’Aveo affiche un comportement routier qui se rapproche de ce que Ferrari fait de mieux. Oups, je mélange toujours l’Aveo et la Corvette ZR1. On recommence. Sur la route, l’Aveo affiche assez rapidement ses limites. La faute est, en partie, attribuable aux pneus d’origine de qualité très, très ordinaire, mais aussi à la direction qui manque de précision. Les suspensions, indépendante à l’avant et semi-indépendante à l’arrière, ont gagné en rigidité au fil du temps tout en continuant d’offrir un bon confort. Mais dès que la voiture est le moindrement brusquée, leurs limites sont atteintes. Ceci dit, il est possible de rouler quelques heures au volant d’une Aveo sans devoir consulter un chiro. Au courant de l’été dernier, l’équipe du Guide de l’auto a conduit une Chevrolet Aveo5 dans le cadre d’un essai à long terme. Un des conducteurs, qui a déjà possédé une Geo Metro trois cylindres 1993, croyait revivre le passé… Mais, par-dessus tout, ce qui trouble le plus les propriétaires d’une Aveo, c’est sa consommation d’essence, pourtant bonne sur papier. Mais dans la vraie vie, on serait en droit de s’attendre à beaucoup mieux. Imaginez, une Honda Fit, plus puissante, mieux équilibrée et plus agréable à conduire fait mieux à ce chapitre. Elle coûte plus cher, c’est vrai. Le prix du modèle de base de l’Aveo (et quand on dit de base, c’est de base…) est, au moment d’écrire ces lignes, de 13 770 $. Heureusement, il y a un « ajustement » de 3250 $, ce qui l’amène sur le terrain de la Hyundai Accent.
Si la carrosserie est plutôt dynamique, il en va de même pour l’habitacle. Même si sur certaines versions on peut avoir la radio satellite et le OnStar, vous aurez compris que le luxe n’est pas de mise. Le tableau de bord est bien agencé, quoique triste dans les versions de base, et simple à utiliser. S’il fallait qu’il ne le soit pas avec si peu de boutons… Le volant se prend bien en main, la position de conduite est facile à trouver pour certains et atroce pour d’autres et la visibilité est très correcte. Les places arrière n’ont pas fait l’objet d’attentions particulières lors de l’élaboration de la voiture et ça se sent! Dans la berline, le dossier s’abaisse pour agrandir le coffre, mais à quoi bon puisque son ouverture est tellement petite qu’il faut se triturer les méninges afin de trouver comment y faire passer une épingle. J’exagère peut-être un peu… Quant au modèle à hayon, le seuil est élevé et le coffre, lorsque les dossiers sont relevés, est très petit. Les dossiers s’abaissent de façon 60/40 et il est aussi possible de relever l’assise d’un seul tenant, ce qui autorise un espace de chargement adéquat.

Appelez la sécurité!

Dans une si petite voiture, le mot « sécurité » prend tout son sens. Outre les deux coussins gonflables à l’avant et des prétendeurs de ceinture de sécurité, c’est le néant. À ce chapitre, la Suzuki se défend mieux en offrant de série des coussins latéraux intégrés aux sièges avant. Pour les obtenir dans les Chevrolet et Pontiac, il faut cocher le Groupe sécurité (près de 1000 $), qui donne en plus l’ABS.
Tant que General Motors vendait des Hummer et des Suburban à n’en plus finir, les petites voitures, moins payantes, étaient loin de ses préoccupations. Le fait d’offrir l’Aveo et la Wave était déjà un grand pas… Par ailleurs, on comprend mal comment Suzuki, qui a fait de la petite voiture sa marotte, s’attarde à vendre la Swift+. De son côté, GM, qui ne vend plus d’Hummer et presque plus de Suburban, se retrouve avec des sous-compactes qui ne font pas le poids. En temps de crise, ces voitures pourraient être son pain et son beurre…

Feu vert

Carrosseries esthétiques
Confort acceptable
Moteur plus puissant
Tableau de bord fonctionnel

Feu rouge

Consommation élevée
Accélérations pénibles
Transmissions dépassées
Qualité générale douteuse
Compétition bien préparée

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