Dodge Charger Hellcat Widebody 2020 : la survivante

Points forts
  • Gueule d’enfer
  • Puissance et sonorité exceptionnelles des V8
  • Tenue de route nettement meilleure
Points faibles
  • Décrochage arrière facile en virage (Hellcat)
  • Jante de volant trop épaisse et large
  • Endurance du freinage sur circuit (Hellcat)
Évaluation complète

SONOMA, Californie – Le groupe SRT chez Dodge, c’est comme AMG pour Mercedes-Benz ou la division M BMW. C’est une solide équipe d’ingénieurs, de techniciens et de pilotes qui sont devenus des marchands de performance sans compromis. En gros, une brigade de « hotrodders » doués avec des idées, des outils et des moyens. Et ça fonctionne.

Après s’être fait la main sur quelques variations plus musclées de la berline Charger et du coupé Challenger, SRT (pour Street and Racing Technology) a frappé un grand coup en créant les Hellcat. Propulsées par un V8 de 6,2 litres à surcompresseur qui crachait 707 chevaux et une montagne de couple, elles connurent un succès immédiat. Vous devinez que ça ne s’est pas arrêté là.

Suite démoniaque en long et en large

Les prochains bolides à sortir des ateliers de SRT furent la Dodge Challenger SRT Demon, une bête d’accélération dont le V8 pouvait produire jusqu’à 840 chevaux, puis la première Widebody. Les deux avaient en commun une carrosserie dont les extensions d’aile couvraient des roues plus costaudes et espacées, chaussées de pneus plus larges.

Ces modifications visaient plus de stabilité et de motricité en accélération pour la Demon et une meilleure tenue de route pour la Widebody. Sans parler d’un look plus méchant dans les deux cas. Objectifs largement atteints. Tellement que l’on eut bientôt droit à une version Widebody de la populaire Scat Pack 392, propulsée par le plus puissant V8 atmosphérique de la famille.

En consultant sa clientèle farouchement fidèle, le groupe SRT a découvert que les amateurs de Challenger étaient ravis mais que les inconditionnels de la Charger voulaient, eux aussi, des versions Widebody de leur berline préférée. Pas fou, c’est exactement ce qu’il s’est mis aussitôt à bricoler.

Photo: Dodge SRT

Deux saveurs populaires : épicé et très épicé

Dodge/SRT lance donc, pour 2020, le groupe Widebody intégré de série à la Charger SRT Hellcat et offert en option pour la Charger Scat Pack 392.

On va régler tout de suite la question des moteurs qui sont inchangés. Celui de la Hellcat est donc toujours un V8 de 6,2 litres à surcompresseur qui produit 707 chevaux à 6 000 tr/min et 650 lb-pi de couple à 4 800 tr/min. Et la Scat Pack 392 est toujours propulsée par un V8 atmosphérique de 6,4 litres (ou 392 pouces cubes) qui livre 485 chevaux à 6 100 tr/min et 475 lb-pi de couple à 4 100 tr/min.

Seule exception : le moteur de la version Daytona 50e anniversaire, dont seulement 501 exemplaires seront produits, comme pour la Charger Daytona 1969 à laquelle cette Hellcat très spéciale rend hommage. Son V8 compressé livre effectivement 717 chevaux parce que son régime maximal est de 6 100 tr/min et que l’on a retouché ses réglages en conséquence. Elle profite aussi de couleurs et livrées exclusives.

Photo: Dodge SRT

Les Hellcat et Scat Pack Widebody sont plus larges de 8,8 cm, à cause des extensions d’aile qui couvrent les pneus de taille 305/35ZR20, lesquels sont montés sur des roues d’alliage mesurant 20 pouces de diamètre et 11 pouces de largeur. Longues, basses et larges, elles ont l’air d’un croisement entre voitures NASCAR et bolides de la série DTM, ce qui n’est pas pour déplaire à leurs inconditionnels.

Leurs suspensions ont été modifiées, renforcées et raffermies pour exploiter l’adhérence et la motricité additionnelles. Les Widebody ont droit à des amortisseurs Bilstein « adaptatifs » en plus de barres antiroulis plus grosses et de ressorts plus fermes de 32% pour les Hellcat et de 27% pour les Scat Pack.

Elles partagent également des freins Brembo à disques de 390 mm de diamètre à l’avant et 350 mm à l’arrière, pincés par des étriers à six et quatre pistons, respectivement. Comme toutes les Charger, elles sont désormais dotées d’une servodirection électrique dont la fermeté est réglable, en lien avec les modes de conduite que l’on choisit sur le grand écran central. Un simple bouton serait infiniment plus pratique et sûr, quand on veut changer en roulant.

Photo: Dodge SRT

Promesses tenues

SRT nous assure que les Hellcat et Scat Pack ont gagné un ou deux dixièmes de seconde en accélération, qu’elles freinent plus court et s’accrochent mieux en virage, avec leurs pneus plus larges et leurs suspensions plus fermes. Elles auraient même bouclé un circuit de 3,2 km en 2,1 et 1,3 secondes de moins, respectivement. Aucune raison d’en douter, si l’on se fie à la douzaine de boucles complétées au volant d’un quatuor de Hellcat et Scat Pack – y compris une Daytona 50e anniversaire – autour du circuit Sonoma en Californie.

Sur ce ruban d’asphalte de 4,06 km, qui grimpe et qui descend, truffé de virages techniques et piégeux, les Widebody sont plus stables, plus précises et prennent moins de roulis en virage que la Charger Hellcat inscrite au match des autos sport du Guide de l’auto 2016 (édition 50e anniversaire!). On les apprécie d’autant plus en limitant le déferlement de couple – accompagné du sifflement aigu du compresseur – strictement aux lignes droites. Parce que l’arrière décroche au moindre coup d’accélérateur, en virage.

La Scat Pack 392 fut une belle surprise sur circuit, avec le train avant plus léger que lui offrent ses 66 kilos en moins et une répartition avant/arrière des masses plus favorable (55/45% contre 56/44). Sans compter les réactions et la poussée plus linéaires de son V8 atmosphérique, dont les « modestes » 485 chevaux dégagent un rugissement magnifique, pédale droite au plancher.

Photo: Dodge SRT

Comme un énorme chat

Entendons-nous, cependant : ni l’une, ni l’autre de ces voitures n’est conçue pour fréquenter assidûment les circuits routiers. À preuve, la pédale étonnamment dure et inerte des Hellcat Widebody après quelques gros freinages, alors que la Hellcat « régulière » avait impressionné à ce chapitre lors de notre match comparatif. Surtout que nos sorties étaient limitées à trois tours, dont seulement un rapide. Ceci expliquant peut-être cela.

Sur la route, par contre, la Hellcat Widebody était parfaitement à l’aise, malgré sa largeur. Y compris sur le serpentin étroit et ondulé de la légendaire route 1 qui longe la baie de Tomales. La grosse Charger l’a parcouru à belle allure, virant toujours à plat, ses larges pneus rivés au bitume, le muscle surabondant de son V8 modulé par l’accélérateur et les manettes qui contrôlent une boîte automatique à huit rapports d’une rapidité très correcte. On aimerait toutefois une jante de volant plus mince et moins large, tant qu’à y être.

Photo: FCA

Les Charger Hellcat et Scat Pack Widebody ne sont évidemment pas pour tout le monde et donneront sûrement de l’urticaire aux écolos convaincus. Or, si vous avez le goût d’un authentique muscle car à quatre portières, vous n’en trouverez qu’à une seule adresse. Pendant qu’ils sont toujours offerts en vente libre.

Profitez-en parce que ça ne durera pas, au prix de base de 59 945 $ pour la Scat Pack Widebody, 83 495 pour la SRT Hellcat Widebody et 88 490 $ pour une Daytona 50e anniversaire.

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