Kia Telluride 2020 : 5 000 km de bonnes manières

Points forts
  • Confort remarquable
  • Aménagement intérieur
  • Équipement complet
  • Mécanique efficace
Points faibles
  • Système de navigation inefficace
  • Légère vibration (110 km/h) - à surveiller
  • Suspension autonivellante (SX-Luxe seulement)
Évaluation complète

La quantité quasi incroyable de VUS intermédiaires à sept ou huit places est aujourd’hui telle qu’il est pratiquement impossible de mettre le doigt sur LE meilleur joueur du segment.

Uniquement cette année, pas moins de trois nouveautés débarquent sur le marché, incluant le Kia Telluride. L’an dernier, le Subaru Ascent et le Volkswagen Atlas venaient s’ajouter à la compétition. Alors, comment s’y retrouver et surtout, lequel choisir?

Proche cousin du Hyundai Palisade, le Telluride vient en quelque sorte reprendre le flambeau du Kia Borrego. Un VUS qui chez nous, n’a été commercialisé que pendant deux ans, mais qui a roulé sa bosse pendant une décennie du côté de la Corée du Sud. En Amérique du Nord, la hausse fulgurante du prix du pétrole au moment où Kia débarquait avec un Borrego à moteur V8 explique en partie la raison de son échec. Or, il faut aussi admettre que cet utilitaire n’avait rien d’impressionnant, ce pour quoi les acheteurs lui ont préféré le Sorento à sept places, certes plus petit, mais plus raisonnable.

En 2020, les acheteurs vont cependant faire de moins en moins de compromis. Et puisqu’un VUS du genre ne consomme aujourd’hui guère plus qu’une berline intermédiaire d’il y a 10 ans, et que le prix du carburant n’a pas réellement grimpé depuis, vous comprenez maintenant pourquoi ce créneau de véhicules est en hausse constante de popularité.

Road trip

Le Telluride a beau afficher un emblème coréen, ce véhicule a clairement été conçu par et pour les Américains. Un style angulaire et élégant, un habitacle multifonctionnel, un rouage intégral et une capacité de remorquage de 5 000 livres (2 268 kg), pour satisfaire l’acheteur nord-américain typique. Voilà donc pourquoi j’ai eu l’idée de le mettre à l’essai dans le cadre d’un périple de 5 000 kilomètres, qui allait me faire traverser deux provinces et sept États américains. Un périple de « boys », dans lequel nous allions visiter, pour le plaisir, pas moins de huit musées automobiles en sept jours.

Photo: Antoine Joubert

La version mise à l’essai du Telluride était un modèle SX, de milieu de gamme. Essentiellement, une version tout équipée, mais qui pour 3 000$ de plus, peut être agrémentée d’une suspension arrière autonivelante, de sièges capitaine à la deuxième rangée et de quelques petits détails d’équipement comme l’affichage tête haute et les essuie-glace automatiques.

Autrement, le véhicule a droit à une sellerie en cuir de belle facture, à une finition remarquable et à un équipement ultracomplet qui inclut le toit ouvrant panoramique, le hayon à ouverture intelligente et tous les systèmes d’assistance à la conduite. Le véhicule s’équipe même d’une conduite semi-autonome qui, franchement, s’avère plus efficace que la plupart des systèmes offerts par la concurrence japonaise.

Photo: Antoine Joubert

Spacieux, ultraconfortable et aménagé avec un souci du détail exceptionnel, le Telluride impressionne même par l’accès et l’espace accordé aux occupants de troisième rangée.

Évidemment, dans le cadre de notre périple, ce sont surtout les bagages qui ont pris place derrière, lesquels étaient beaucoup plus nombreux au retour qu’à l’aller.

Photo: Antoine Joubert

Car qui dit musée automobile, dit boutique souvenir! Or, l’espace est si généreux et le coffre, si bien découpé, qu’il fallait toujours placer les bagages de manière à ce qu’ils ne glissent pas. Comprenez ainsi qu’on y trouve de l’espace à revendre et que si ce n’est assez, il est bien sûr possible de rabattre à plat la banquette médiane en deux sections, ou encore de coulisser cette dernière vers l’avant.

Des irritants à bord? Je dirais… un seul. Essentiellement, un système de navigation à ce point stupide et inefficace qu’on souhaiterait obtenir un crédit du manufacturier et ne pas l’avoir. Après tout, le véhicule s’équipe des systèmes Apple CarPlay ou AndroidAuto, vous permettant aussi d’obtenir l’application Waze. Et puis, j’admets que le témoin sonore vous indiquant la présence d’un véhicule dans l’angle mort est un brin intrusif. Heureusement, ce dernier peut être désactivé.

Point faible sur la route?

Les Subaru Ascent et Mazda CX-9 possèdent un moteur quatre cylindres un peu plus grognon. Le Nissan Pathfinder propose une agaçante boîte CVT et une direction déconnectée.

Le Volkswagen Atlas donne une impression de lourdeur et le Chevrolet Traverse déçoit par son rouage intégral qu’il faut manuellement activer. On pourrait aussi parler de l’aménagement vieillissant du Dodge Durango ou de la mollesse des suspensions du Toyota Highlander.

Or, il me faut chercher très longtemps pour trouver un réel point faible au Kia Telluride en matière de comportement routier. Son moteur V6 est vif et nerveux, sa boîte automatique est efficace et sa grande stabilité routière n’a d’égale que la précision de sa direction qui, sans être sportive, est particulièrement communicative. J’ajouterais aussi que la suspension fait un boulot exceptionnel, n’ayant toutefois pas eu la chance de remorquer avec le véhicule.

À ce moment, il est clair que la suspension autonivelante (uniquement offerte sur la version SX-Luxe) aurait été appréciée. Et est-ce qu’avec une remorque de poids considérable, les freins auraient tenu le coup? Osons croire que oui, considérant une grosseur de disques de frein passablement plus grande que celle du Sorento V6 qui, ironiquement, n’est que 60 – 70 kg plus léger que notre sujet.

Stable, confortable et bien insonorisé, je n’ai pu noter qu’une très légère vibration autour de 110 km/h sur autoroute, ce qui me donnait initialement l’impression de pneus mal balancés. Or, l’essai d’un deuxième véhicule dans un tout autre contexte et qui présentait le même problème me laisse croire qu’il pourrait s’agir d’un vice de conception, qu’il faudra regarder de près chez Kia.

Photo: Antoine Joubert

Quant à la consommation d’essence, elle se situe désormais au niveau de la concurrence. Kia affiche une cote de 12,5 litres aux 100 km en ville et de 9,6 litres sur route. Pour notre part, nous avons obtenu une moyenne combinée de 10,0 litres aux 100 km, ce qui m’apparaît très bon considérant la charge qui se trouvait à bord et la vitesse de croisière adaptée au flot de la circulation, qui était souvent supérieure à la vitesse permise.

Alors, s’agit-il du meilleur de son segment? Pour répondre à cette question, il me faudra effectuer un essai plus approfondi du nouvel Explorer de Ford, et peut-être le remettre à l’essai dans un contexte de remorquage. Or, il m’apparaît évidemment que le Telluride déclasse désormais les Pathfinder et Highlander de ce monde, chatouillant même dangereusement le Honda Pilot.

Kia fait aussi la preuve qu’un bon V6 bien adapté constitue un avantage à un quatre cylindres turbocompressé, nécessitant de l’essence super, pour une consommation qui n’est aucunement inférieure. Quant à son proche cousin, le Hyundai Palisade, il ne perd des points qu’au chapitre esthétique, ce qui devient une question de goût personnel. N’oublions pas d’ailleurs en terminant que les Telluride et Palisade sont les seuls du segment à offrir une garantie de base de cinq ans, un point toujours considérable.

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