Toyota RAV4, compact, mon œil!

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Le Toyota RAV4, lancé en 1996, a été l’un des premiers utilitaires compacts du marché. Vous vous rappelez ces courtes silhouettes deux portes décapotables d’à peine 120 chevaux? Eh! bien aujourd’hui, le RAV4 n’a plus rien de compact, sauf peut-être le nom. Et lorsque doté du V6 de 269 chevaux, il est définitivement le plus puissant de toute la catégorie. Mais il n’est pas pour autant le plus enivrant à conduire…

Chez les utilitaires compacts, seuls le Toyota RAV4 et le Mitsubishi Outlander ont osé la 3e banquette. Dans le RAV4, ces deux places additionnelles conviennent évidemment mieux aux enfants qu’aux adultes, mais au moins sont-elles offertes – bien qu’uniquement avec les variantes AWD V6. Autre privilège du RAV4 : il dispose du V6 le plus puissant du segment. Ce 3,5 litres, bien connu chez les Camry, Avalon, Highlander et alouette, développe ici un impressionnant 269 chevaux.

Toute cette puissance, aussi souple soit-elle, est-elle nécessaire? Peut-être pas : lorsqu’on écrase, un effet de couple substantiel se fait sentir au volant et le véhicule bondit, littéralement. Pas surprenant qu’il complète le 0-100 km/h en 6,7 secondes – soit deux secondes plus vite que pour l’Outlander. On s’inquiète de la consommation? Tut-tut-tut : notre essai d’une semaine (AWD) s’est terminé sur un très frugal 8,4 l/100 km. Toutefois, la boîte automatique jumelée à ce V6 ne permet pas le passage manuel des cinq rapports. Dommage, parce qu’avec tant de fougue sous le capot, les doigts cherchent des palettes au volant… qu’ils trouvent pourtant sur l’Outlander V6.

Le RAV4 s’offre, en motorisation de base, avec un quatre cylindres (2,5 litres) de 179 chevaux. C’est mieux que le 2,4 litres de 166 chevaux d’abord proposé et qui a tiré sa révérence l’an dernier. Même que n’eût été le nouveau Chevrolet Equinox, ce moteur aurait été le plus viril du lot. Mais si sa puissance est correcte et se module bien au bout du pied, elle est plutôt sèche et sans profondeur. Aussi, elle est transigée par une boîte automatique quatre rapports sans mode manuel – une antiquité, considérant l’automatique six rapports à mode manuel du Ford Escape. Aucune manuelle n’est proposée pour le RAV4, mais la consommation du « petit » moteur reste la plus basse du groupe, exception faite de l’Equinox (à traction).

Des bons points…

Autre bon point pour le RAV4 : vis-à-vis de la compétition, il est l’un des plus spacieux. Pas étonnant : sa silhouette est aussi l’une des plus longues. Chiffres pour chiffres, c’est lui qui propose le meilleur dégagement aux têtes et aux jambes, tant à l’avant qu’en seconde rangée – oups!, non, l’Outlander offre un peu plus aux jambes, à l’arrière. Reste que tout cet espace dans le RAV4 se partage au gré des besoins, merci à la banquette centrale qui, de série, s’avance, se recule et dont le dossier s’incline. Ne cherchez cependant pas un habitacle qui flashe : vrai que les contrôles sont accessibles et ergonomiques, mais l’ensemble est désespérément ennuyant. Les sièges avant sont confortables, sans plus. Le seul moment d’excitation à bord survient lorsque les images de recul sont retransmises dans le rétroviseur; c’est génial et, en plus, ça tombe sous les yeux.

Côté cargo, c’est encore le RAV4 qui remporte la manche avec plus de 2000 litres derrière les sièges avant, bien que talonné par le CR-V et l’Outlander. La banquette centrale se replie à plat d’une simple commande de relâche, facilement accessible à l’arrière. Je ne suis pas une fanatique de ce hayon qui s’ouvre de gauche à droite – peut-être pour son impression « Frigidaire »? Néanmoins, il peut être manipulé dans les stationnements les plus étroits, en plus de supporter la roue de secours, pour encore plus d’espace intérieur. Comme si on en manquait….

… mais peu d’excitation

Hors des sentiers battus, le RAV4 se démène bien lorsqu’équipé de sa traction intégrale qui peut, d’une commande au tableau, verrouiller le couple 55-45 entre les deux essieux. Les variantes V6 obtiennent en plus les contrôles de descente et de démarrage en pente. Le hic, c’est que le RAV4 arbore l’une des plus basses gardes au sol du segment : à 190 mm, ça ne passe pas partout sans accroc. La contrepartie? Le véhicule est mieux assis sur l’autoroute que la majorité. Ceci dit, malgré le piquant de son V6, il n’est pas l’utilitaire le plus enivrant à conduire (les Mitsu Outlander et Mazda CX-7 méritent plutôt ce titre). En effet, sa direction électrique manque d’âme et ne se précise pas assez à haute vitesse. Aussi, qui dit direction électrique dit généralement bon rayon de braquage, mais étonnement, celui du RAV4 est jusqu’à un mètre et demi plus large que d’autres. Oh!, un conseil « suspension » : privilégiez celle, plus ferme, des versions Sport; elle est définitivement plus intéressante, en dépit de ses réactions plus ou moins virulentes sur les cahots. Et elle est bien nécessaire pour maîtriser le V6...

Le RAV4, désormais « Made in Canada » parce que construit à la nouvelle usine ontarienne de Woodstock, n’a plus l’arrogance des prix dont il a fait preuve au lancement de sa 3e génération. L’arrivée de versions deux roues motrices en 2009 lui a permis de réduire sa facture et de mieux s’insérer dans le marché, et ce, même avec des variantes de base bien équipées. Par contre, certaines gâteries comme les sièges chauffants et les commandes audio au volant ne sont proposées que sur les variantes Limited, alors qu’elles sont de série pour l’Outlander. Le mot de la fin : comment se fait-il que Toyota, la championne des véhicules hybrides s’il en est une, n’offre toujours pas de motorisation électrique pour son RAV4? Pourtant, Ford en est à sa 2e génération d’Escape hybride…

Feu vert

Made in Canada
Possibilité de 7 places
Le plus puissant V6 de la catégorie
Consommation très frugale
Vaste habitacle
Prix compétitifs

Feu rouge

Boîtes automatiques sans mode manuel
Aucune boîte manuelle proposée
Effet de couple (V6)
Peu excitant à conduire
À quand une version hybride?

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