Toyota Tundra 2019 : un mastodonte docile comme une auto

Points forts
  • Insonorisation de l’habitacle
  • Roulement doux et comportement prévisible
  • Confort devant et derrière
  • Finition soignée
Points faibles
  • Consommation élevée (5,7 L)
  • Embarquement compliqué sans marche-pied
  • Pas de marche pour faciliter l’embarquement dans la caisse
  • Système de verrouillage séparé pour la caisse
Évaluation complète

La camionnette Toyota Tundra n’est certes pas la plus vendue au pays. En revanche, elle brille par l’agrément de conduite qu’elle procure et sa construction soignée. Et ce n’est pas le choix des variantes qui manque!

Depuis dix ans, Toyota tente avec la Tundra de se tailler une place dans le monde des camionnettes, un marché lucratif qui est largement dominé par les marques étatsuniennes : Ford, Ram, Chevrolet et GMC. Pour convaincre les acheteurs de ce type de véhicules, qui sont souvent très conservateurs, le constructeur nippon a multiplié les coups d’éclat. En 2012, une Tundra a remorqué la navette spatiale Endeavour. Puis, en 2016, Toyota a fièrement présenté la première Tundra qui avait franchi le cap du million de milles.

Mais encore, dès 2004, cette camionnette avait fait irruption dans le sacro-saint univers du stock-car américain en devenant la première japonaise à participer au championnat Craftsman Truck Series (appelé aujourd’hui Gander Outdoors Truck Series). Elle a remporté le titre du constructeur pour la première fois deux ans plus tard, un exploit répété à neuf reprises depuis ! Et c’est sans compter le fait qu’elle est assemblée depuis 2008 à l’usine Toyota de San Antonio, au Texas, l’État américain qui est le royaume de la camionnette.

Malgré des ventes qui restent environ 10 fois moins importantes que celles de ses rivales étatsuniennes, peu à peu la Tundra gagne du terrain. Le modèle actuel, qui remonte à 2014, affiche d’ailleurs une allure plus convaincante, à la fois très sculptée et costaude, qui a donné un second élan au modèle de deuxième génération lancé à Detroit, en 2007.

Photo: Toyota

Des variantes à n'en plus finir

Si vous cherchez un modèle d’entrée de gamme peu coûteux (en apparence du moins), vous n’en trouverez pas dans le catalogue de cette camionnette. Vous savez, je pense à ces modèles « tous nus » qu’on réserve aux employés subalternes des grands chantiers; des véhicules comme cette camionnette F-150 dégarnie pour laquelle Ford fait miroiter un prix de base de 26 837 $.

Non. Chez Toyota, on ne trouve rien de comparable. Même la version d’entrée de gamme, la Tundra LB Double Cab à deux roues motrices et caisse de 8,1 pi, qui affiche un prix de départ plus substantiel (41 939 $), a droit à une dotation attrayante incluant même un écran tactile de 6,1 po et une chaîne audio à 6 haut-parleurs, l’ensemble Remorquage et l’ensemble de dispositifs d’aide à la conduite Toyota Safety Sense TSS-P de série. Voilà un privilège que s’offre un constructeur qui travaille à convaincre des acheteurs qui ont parfois une vision étroite.

Par contre, des modèles bien équipés, ça on en retrouve une floppée ! D’ailleurs les prix de base annoncés par le constructeur sont parfois trompeurs puisqu’ils se gonflent rapidement lorsqu’on opte pour l’un ou l’autre des nombreux ensembles optionnels (comme c’est le cas aussi chez Ford, GM et FCA).

Prenez, par exemple, la camionnette Tundra TRD Pro 4x4 à cabine Crewmax dont nous avons fait l’essai. Il s’agit d’une variante de la SR5 Crewmax 4x4. Or, cette dernière est offerte à partir de 48 314 $, mais en ajoutant l’ensemble TRD Pro, le prix bondit à 66 214 $ ! Précisons toutefois que les pages du site internet de Toyota Canada sont limpides. Il n’y a ni cachette, ni de surprise. Le consommateur s’y retrouve aisément et peut très facilement comparer les versions et leurs prix, ce qui n’est pas commun aux tous les sites des constructeurs...

Photo: Toyota

Deux moteurs

Comme pour ses rivales américaines, la Tundra peut recevoir un puissant groupe motopropulseur qui, de surcroît, est reconnu pour sa fiabilité. Il s’agit du V8 i-Force de 5,7 L. Ce moteur de 381 ch produit 401 lb-pi, un couple appréciable lorsque le véhicule remorque une lourde charge (pouvant atteindre 4 535 kg ou 10 000 lb pour certaines versions) ou qu’il circule sur une piste hors route exigeante.

Ce V8 est d’ailleurs très fougueux et il faut s’en méfier un brin ! L’excellente insonorisation de l’habitacle et la douceur de roulement, même d’une version TRD Pro 4x4 (conçue pour la conduite hors route), nous font oublier l’indicateur de vitesse. Et hop ! Nous voilà qui roulons à 120 ou 130 km/h, sans nous en rendre compte ! Heureusement, un régulateur de vitesse adaptatif fait partie de la dotation de série de ce mastodonte qui avoisine les 2,5 t... et qui est gourmand. La consommation moyenne de 16,3 L/100 km annoncée par le constructeur, pour une Tundra 4x4 dotée de ce moteur, en témoigne.

Ce V8 est jumelé à une boîte de vitesses automatique à 6 rapports dont la souplesse et la douceur d’opération sont exemplaires. Un mode séquentiel et une programmation judicieuse permettent, en outre, de profiter du frein moteur lorsque les circonstances le permettent, et ce sans causer de heurts irritants aux occupants du véhicule.

Précisons enfin que toutes les versions munies de ce moteur disposent également d’un réservoir de 144 L, d’un convertisseur de couple verrouillable, d’un système de contrôle de freins de remorque et de l’ensemble Remorquage. Les modèles à quatre roues motrices ont aussi un différentiel arrière à glissement limité automatique, un régulateur de traction actif et un système de contrôle de stabilisation de remorque. Bref, l’essentiel est là !

Pour certaines versions, le constructeur offre un V8 i-Force de 4,6 L au rendement écoénergétique moins important. Ce moteur de 310 ch produit 327 lb-pi de couple et il est également jumelé à une boîte à 6 rapports. Selon le constructeur, il pourrait réaliser une consommation moyenne de 14,9 L/100. Force est d’admettre qu’à ce chapitre Ford fait mieux avec plusieurs des moteurs offerts pour sa camionnette F-150.

Photo: Toyota

Personnalisation à souhait

La Tundra se distingue toutefois par sa conduite très agréable. Plutôt légère, la direction bénéficie d’un rayon de braquage réduit qui facilite les manoeuvres dans les espaces réduits. Même la suspension d’une Tundra TRD Pro préserve une généreuse dose de confort de roulement.

Très spacieuse, surtout avec la cabine Crewmax, cette camionnette peut accueillir 5 ou 6 personnes selon la version. La cabine Double Cab peut être jumelée, là aussi selon la version, à une caisse de 6,5 pi ayant une charge utile de 680 à 740 kg (1 500-1 633 kg) ou à une caisse de 8,1 pi dont la charge utile va de 726 à 775 kg (1 601-1 709 lb). La cabine Crewmax, par ailleurs, ne peut être jumelée qu’à la caisse courte de 5,5 pi dont la charge varie de 696 à 711 kg (1 535-1 568 lb). Bref, c’est n’est pas le choix qui manque pour l’acheteur d’une camionnette ouvert au changement.

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