Nissan Altima 2019 : intégralement renouvelée

Points forts n.d.
Points faibles n.d.
Évaluation complète

Pour 2019, Nissan propose une berline Altima offrant une esthétique repensée, mais aussi une motorisation très différente. En effet, pour la première fois de son histoire, cette voiture peut avoir quatre roues motrices!

Quel moyen peut-on utiliser pour rendre une automobile de taille intermédiaire plus désirable qu’un VUS ? On peut lui donner une silhouette racée, comme l’a fait Toyota pour sa Camry, l’intermédiaire la plus vendue au Canada. Nissan, pour sa part, a choisi une formule plus étoffée encore. Pour son Altima, le constructeur nippon ne s’est pas arrêté à ses nouvelles formes à la fois modernes et sportives. Il a muni sa berline d’un attribut peu commun dans son créneau : une transmission intégrale, une première pour cette voiture qui fait partie de notre faune automobile depuis 1992.

Bien sûr, on dénote d’autres modèles 2019 de grande diffusion pour lesquels on offre désormais quatre roues motrices. C’est le cas de la nouvelle Mazda3, mais aussi de la Prius, une initiative aussi louable qu’inattendue de la part de son constructeur. Cependant, contrairement à Mazda et à Toyota, qui proposent cet équipement en option pour ces deux voitures compactes, Nissan a plutôt choisi de faire de la transmission intégrale un équipement de série de l’Altima. Du coup, ce constructeur emboîte le pas à Subaru, qui fait de même pour sa berline intermédiaire, la Legacy, depuis son lancement... en 1989!

Silhouette accrocheuse

Au premier coup d’œil, l’Altima 2019 paraît plus substantielle que sa devancière. On peut même la confondre avec la Maxima, la grande berline de la marque, à cause des formes de sa partie avant et de cette moulure noire qui rattache l’arrière du toit aux flancs de la voiture ; des flancs de formes heureusement moins tourmentées que la Maxima.

Cette nouvelle carrosserie s’avère plus fluide que celle du modèle antérieur [de 5e génération], puisque le coefficient aérodynamique a chuté de 0,28 à 0,26. Par contre, ses dimensions restent très semblables. La nouvelle Altima ne mesure que 2,5 cm de plus en longueur et en largeur, alors que sa hauteur varie d’un ou deux centimètres tout au plus, selon la version. Ses porte-à-faux ont aussi été raccourcis, alors que l’empattement a gagné 5 cm.

La nouvelle architecture de cette voiture a permis d’abaisser le capot et l’auvent, mais aussi d’offrir des roues de 19 po plutôt que 18 pour les versions haut de gamme Platine et Edition One. Elles donnent naturellement beaucoup de caractère à cette nouvelle venue. En revanche, les pneus à flancs très fermes dont elles sont chaussées rendent le roulement moins confortable que les roues de 16 et 17 po servant respectivement aux versions S et SV, qui sont aussi plus abordables. C’est sans compter la somme importante qu’il faudra budgéter cet automne pour chausser ces grosses roues de 19 po de pneus d’hiver. Un pensez-y-bien...

Un seul moteur offert

Comme pour l’Altima 2018, Nissan propose pour cette voiture un moteur à 4 cylindres de 2,5 L, jumelé à une boîte automatique à variation continue. Ce moteur est une évolution de celui qui servait auparavant. D’ailleurs, le constructeur affirme qu’il est constitué à 80% de pièces nouvelles ou redessinées.

Ce 4 cylindres troque l’injection multipoint pour un système d’injection directe, mais il affiche des cotes très similaires. Il produit 182 ch et 178 lb-pi à des régimes comparables. Avec 3 ch et 1 lb-pi de plus, on ne sera pas surpris d’apprendre que ce moteur offre des performances très semblables à celui qu’il remplace. Il permet donc à l’Altima d’accélérer de 0 à 100 km/h en un peu plus de 8 secondes, un score très convenable pour une voiture destinée à une vocation familiale.

Sa consommation, par ailleurs, n’a guère changé, comme en témoignent les chiffres publiés par Ressources naturelles Canada (RNCan). L’ajout de la transmission intégrale, un système proche de celui du Nissan Rogue, l’a fait grimper de trois dixièmes de litre, de 7,6 à 7,9 l, si l’on se fie aux cotes de RNCan. Fait à noter, la moyenne de 9,6 l/100 km relevée au terme de notre essai, qui a été réalisé sur un circuit de ville et d’autoroute cet été, s’est révélée un peu moins élogieuse, certes.

Pour nos voisins étatsuniens, Nissan propose un autre moteur : le VC-Turbo qui a fait ses débuts sous le capot de l’Infiniti QX50 en 2018. Il s’agit d’un 4 cylindres suralimenté de 2,0 l à taux de compression variable, le premier moteur du genre au monde. Alimenté au carburant super, il produit 248 ch et 280 lb-pi. Chez nos voisins du sud, il remplace le V6 qui figurait au catalogue de l’ancienne Altima. Les dirigeants de Nissan Canada ont choisi de ne pas offrir le VC-Turbo pour deux raisons. D’abord, il ne peut être jumelé à la transmission intégrale qui, à leur avis, constitue un attribut plus désirable pour le marché canadien. De plus, très peu d’acheteurs optaient pour le V6 ici. Or, dans un marché comme le nôtre, où le volume de ventes de l’Altima est considérablement moins élevé (1336 exemplaires vendus durant les cinq premiers mois de l’année, comparativement à 92 229 aux États-Unis), à notre avis cette décision s’avère plus que justifiable.

Intérieur accueillant

L’intérieur très spacieux de cette berline a subi une refonte importante. Le nouveau tableau de bord délaisse le style massif qu’il avait auparavant pour un design plus simple et plat découpé en deux niveaux par une moulure grise. Une combinaison heureuse de matériaux, de garnitures et de surpiqûres le met en valeur de belle façon. D’ailleurs, dans cet environnement aéré, l’écran tactile de 8 po paraît flanqué bêtement au centre. Il détonne. Pour l’ergonomie, ça fonctionne, mais pour l’intégration et la subtilité, Mazda a fait beaucoup mieux pour sa Mazda6. Il en va de même quant à la qualité des matériaux, qui est un cran ou deux en deçà de ce qu’on observe dans la berline du constructeur de Hiroshima.

Il faut admettre, par contre, qu’on ne manque ni d’espace ni de confort à bord de cette voiture. Les sièges baquets, à l’avant, sont moulants à souhait et supportent bien le corps, alors que derrière, les passagers disposent d’amplement d’espace au niveau de la tête, des jambes et des pieds pour rendre les longs voyages agréables. À cela s’ajoute un coffre volumineux qui offre l’avantage d’être transformable, grâce aux dossiers rabattables (60/40) de série de la banquette arrière. En somme, voilà une nouvelle mouture plus étoffée de l’Altima qui, par l’agrément de conduite et le procure, se substituera agréablement aux utilitaires lourdauds, qui se révèlent souvent plus gourmands en carburant.

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