Chevrolet Avalanche / cadillac Escalade EXT, un pied dans la tombe

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Comme le disait si judicieusement un de mes professeurs du secondaire : « Morin, continues de faire le clown et je te glisse une pelure de banane sous le pied qui n’est pas encore dans la tombe. » Et comme ce pied s’y trouvait quasiment en permanence, Morin se tenait coi pour un temps… Dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, Morin s’appelle à la fois Chevrolet Avalanche et Cadillac Escalade EXT et le professeur s’est transformé en gouvernement américain.

Dans le contexte actuel où General Motors doit tout faire pour assurer sa survie (se sortir de la faillite n’était qu’un pas dans la bonne direction), l’avenir du duo Avalanche/Escalade EXT est loin d’être assuré. Cependant, il ne faut pas non plus que GM tombe dans l’excès contraire et se défasse de tous ses véhicules à forte consommation pour ne se concentrer que sur les petites voitures et les hybrides. Il y a, et il y aura toujours, des gens ayant besoin de camionnettes grand format capables d’en prendre. Ceci étant dit, l’Avalanche et, à plus forte raison, le Cadillac Escalade EXT ont beau pouvoir travailler très fort, ils demeurent avant tout des véhicules favorisant le luxe et le style.

Car ceux qui désirent travailler très dur avec une camionnette se tournent généralement vers le Silverado, la camionnette pleine grandeur de Chevrolet. La boîte de l’Avalanche, par exemple, ne mesure que 63 pouces, ce qui n’est pas très impressionnant. Aussi, cette année, le boîtier de transfert du rouage 4x4 n’offre, de série, que la gamme haute (4 High). Pour obtenir un boîtier à deux gammes (4 High et 4 Low), il faut aller du côté des options.

Parlons moteurs

Cette année, on note la disparition du V8 de 6,0 litres qui animait l’Avalanche. La rumeur veut que les pétrolières auront de la difficulté à se remettre du choc… Par contre, le 5,3 litres revient, ce qui est loin de constituer une mauvaise nouvelle. Ses 310 chevaux et ses 335 livres-pied de couple suffisent à mouvoir le pick-up de belle façon, accompagnés d’une belle sonorité en accélération. Ce moteur peut fonctionner avec de l’essence E85, c'est-à-dire un mélange de 85 % d’éthanol et 15 % d’essence. C’est bien beau, mais vous aurez tout le loisir de tomber en panne sèche en cherchant une station-service qui offre ce type d’essence au Québec… Le Cadillac, lui, noblesse oblige, conserve le V8 6,2 litres des années passées. Son extraordinaire puissance et son couple tout aussi imposant lui assurent des performances relevées et de douloureuses visites à la pompe. Dans les deux cas, la transmission est une automatique à six rapports. Si l’Avalanche est proposé en versions propulsion et 4x4, l’Escalade EXT, pour sa part, profite d’un rouage intégral moins sophistiqué que celui de son petit frère. Par contre, je serais surpris que l’acheteur type d’un Escalade EXT ait souvent besoin d’un rouage 4x4 performant…

Sur la route, inutile de se conter des histoires. Ce duo de gros véhicules se comporte comme une camionnette pleine grandeur : la sportivité n’est pas son fort, les courbes prises un peu trop rapidement faisant allègrement pencher la caisse. Mais il ne faut pas oublier que malgré leur physique sportif, nous sommes au volant de camionnettes qui se comportent comme des camionnettes, c’est-à-dire comme des véhicules de plus de 2500 kilos. L’Escalade, avec sa suspension sophistiquée Magnaride, offre une tenue de route et un confort supérieurs à ceux de l’Avalanche.

Et la « fifth wheel »?

Une des raisons premières pour acquérir un Avalanche ou un Escalade EXT est le remorquage d’une roulotte. Si le Cadillac ne peut tirer plus de 3674 kilos ou, si vous préférez, 7500 livres (ce qui n’est tout de même pas rien), l’Avalanche deux roues motrices peut tracter jusqu’à 2569 kilos (8100 livres). Ce duo se caractérise par sa boîte de chargement particulière. Elle est petite, certes, mais il est possible de l’agrandir en abaissant une cloison appelée Midgate. Cette cloison sépare l’habitacle de la boîte, ce qui permet d’agrandir cette dernière. Pour ce faire, il faut déplacer la banquette arrière et ouvrir la cloison. Il est ainsi possible de transporter des objets mesurant jusqu’à 98 pouces. Ces opérations s’effectuent facilement, sauf qu’il n’est plus possible d’asseoir des passagers à l’arrière. La boîte est recouverte d’un plastique résistant et léger qui se manipule aisément. De plus, dans chaque paroi de la caisse, on retrouve des espaces de rangement pouvant être verrouillés fort pratiques.

L’Avalanche propose un habitacle vaste, confortable, bien fini et très bien équipé dans les modèles les plus huppés. Mais l’Escalade EXT se démarque par son niveau de luxe plus élevé, ses matériaux plus nobles et son insonorisation poussée. Après tout, on ne s’appelle pas Cadillac pour rien! Peu importe l’écusson sur la calandre, au demeurant fort réussie sur le Cadillac (mais c’est une opinion tout à fait subjective), le tableau de bord est bien agencé, facile à consulter et à opérer, et les sièges s’avèrent confortables. Par contre, celui du conducteur n’offre pas beaucoup de recul, ce qui pourrait indisposer les grandes personnes. Curieusement, malgré la grosseur du véhicule et les dimensions impressionnantes de la console centrale, on retrouve peu d’espaces de rangement et le coffre à gants n’est pas plus gros que celui d’une Mini!

Comme mentionné en début d’article, il serait surprenant que cet imposant duo continue sa carrière durant de nombreuses années. Cependant, si GM pouvait créer un moteur très puissant et pouvant tirer une remorque tout en consommant beaucoup moins, un peu à la manière de Ford avec son EcoBoost, je pourrais devoir revenir sur mes propos…

Feu vert

Esthétique sympathique
Puissance adéquate
Système Midgate ingénieux
Comportement routier sain
Opportunité d’aubaines

Feu rouge

Dimensions intimidantes
Consommation de paquebot
Portières lourdes
Direction surassistée
Matériaux peu relevés (Chevrolet)

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