Dodge Dakota, la nécessité la pousse à être différente

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Chez Chrysler, les déboires sur le plan commercial et économique de ce constructeur expliquent la présence du Dakota sur notre marché et son caractère continuellement innovateur par la suite. Puisque Chrysler n’avait pas les ressources financières pour développer une camionnette compacte suite à l’interruption en approvisionnement des camionnettes compactes Mitsubishi vendues par Dodge dans les années 80, on a décidé de rapetisser le Ram et ainsi créer une nouvelle catégorie : la camionnette intermédiaire!  Non seulement on économisait, mais on innovait.

Il faut souligner qu’à cette époque, c’était en 1987, Chrysler était remis de sa première grande difficulté financière et tentait de contrer GM et Ford en se montrant plus innovateur. À cette époque, le marché des camionnettes compactes était l’affaire des Ford Ranger, Chevrolet S-10 et GMC Sonoma. Faute de moyens, il aurait été impensable de dépenser des millions pour aller se faire planter par la suite au chapitre des ventes. On a alors décidé de réduire le Ram et de lancer la première camionnette intermédiaire, une solution astucieuse qui ciblait les gens qui trouvaient les camionnettes compactes trop petites et les grosses trop…grosses. Cette fois, Chrysler dominait ce créneau car il était seul. Les innovations se sont poursuivies avec une version quatre portes appelée Quad Cab en 1999 qui créa également un précédent pour la catégorie qui a connu quelques ajouts de la part des concurrents au fil des années, notamment le Toyota Tacoma et le Nissan Frontier.

Statu quo
Je n’ai pas besoin de vous raconter par le menu détail les péripéties financières de Chrysler au cours des douze derniers mois, ils ont été amplement publicisés. En fait, la grande nouvelle c’est que la compagnie soit toujours en affaires. Avec de tels bouleversements, il ne fallait pas s’attendre à ce que le Dakota soit transformé du tout au tout. D’autant plus qu’il avait subi plusieurs modifications esthétiques  en 2008 alors  que le capot, la grille de calandre ainsi que les phares avaient été modifiés afin de corriger les erreurs de design du modèle 2005 qu’on  disait tout nouveau mais qui était à côté de la plaque. En passant, les seuls changements apportés aux modèles 2010 sont une nouvelle console centrale de série, des tissus de sièges antitaches et un siège arrière de série sur la version à cabine allongée.

La mécanique est inchangée depuis l’an dernier. Le moteur de base est donc un moteur V6 de 3,7 litres couplé à une transmission manuelle à six rapports tandis que l’automatique à quatre rapports est disponible en option. Ce moteur conviendra à vos besoins si vous n’avez pas l’intention de transporter de lourdes charges ou encore de tracter une remorque. Sa capacité de remorquage est de 3 850 livres- 1746 kg-  tandis que celle de la version à moteur V8 4,7 litres de 303 chevaux est de près de 7 050 livres ou 3 175 kg. Ce moteur ne peut être livré qu’avec une boîte automatique à cinq rapports. Un détail en passant, les deux moteurs ont quasiment la même consommation de carburant, ce qui explique pourquoi la plupart des gens optent pour le moteur V8 qui offre davantage de possibilités.

Comme les camionnettes de toutes les marques, il est possible de commander une variété de groupes d’options et d’équipement spécialisé. Pour plusieurs, le plus difficile  sera de décider entre la version à cabine allongée et sa caisse de 6 pieds 6 pouces (1981 mm) ou le modèle Crew Cab doté d’une boîte de chargement de 5,4 pouces (1625 mm). Dans l’une vous pouvez transporter davantage de matériel tandis que les passagers sont assez à l’étroit sur la banquette arrière dont le dossier est vraiment trop vertical. Avec le Crew Cab, les places arrière sont plus confortables, mais la boîte est plus courte. Soulignons au passage que depuis l’an dernier, la porte de retenue arrière peut être immobilisée à mi-course afin de favoriser le chargement d’objets un peu plus longs.

Vraiment confortable                                                                                                                                                                                             La plupart du temps, les camionnettes, et ce peu importe leur catégorie, nous gâtent par un habitacle qui s’inspire de plus en plus de celui d’un automobile. Puis, lorsqu’on roule sur des routes plus ou moins en mauvais état, tous les occupants sont secoués par les ruades du train arrière qui danse la sarabande à la moindre bosse, au moindre saut.

Le Dakota a fait des progrès en fait de confort et de finition de la cabine bien que les plastiques durs soient toujours omniprésents. Malgré tout, l’habitabilité est excellente et les sièges avant sont très confortables. La console centrale est de série sur tous les modèles cette année et sa capacité de rangement est supérieure à la moyenne. Le coussin du siège arrière se relève pour permettre de transporter des caisses ou des objets encombrants. Si vous optez pou le système Crate N’Go, vous pourrez déployer deux caisses de chargement repliables qui vous permettront de transporter de menus objets sans que ceux-ci se promènent partout dans la cabine.

Le Dakota nous impressionne par le confort de son habitacle et il nous surprend par celui de sa suspension. Les ingénieurs de Chrysler semblent avoir trouvé la bonne recette à ce chapitre alors que le comportement routier est correct pour une camionnette tandis qu’on peut négocier des routes en mauvais état sans être secoué outre mesure. Et ce même avec les versions à transmission 4X4.  Ce rouage d’entraînement pourrait être amélioré car il tarde parfois à s’enclencher et il est difficile de revenir en mode 2X4.

Le Dakota sous toutes ses moutures est loin d’être un modèle laissé pour contre. Bien au contraire, il est capable de subir la comparaison avec ses concurrentes et même de les surpasser en fait de rapport /qualité prix.  Certains parlent de sa consommation de carburant élevée, mais il ne faut pas croire que ses concurrents sont mieux nantis en la matière. D’autant plus qu’aucun autre dans cette catégorie ne propose une version à moteur V8.

Feu vert

Suspension confortable
Moteur V8 optionnel
Cabine spacieuse
Nombreuses options
Agile dans la circulation urbaine

Feu rouge

Freinage inégal
Trop de plastiques durs dans l’habitacle
Consommation élevée
Boîte automatique quatre rapports (V6)
Rouage 4X4 caractériel

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