Mercedes-Benz Classe E coupé, pour le style et le confort

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Le coupé de Classe E est le frère élégant, racé et sportif de la nouvelle berline qui porte le même préfixe, inscrite au cœur de la gamme de Mercedes-Benz. Par sa silhouette longue et profilée, ce coupé E de cinquième génération vise l’acheteur qui recherche un alliage de style, de performance et de tenue de route auréolé du prestige que confère la grande étoile à trois pointes fixée au centre de sa calandre. Un cocktail où technologie, confort et sécurité ont finalement préséance sur le pur plaisir de conduire.

Cette nouvelle série marque le retour des coupés au sein de la Classe E après douze années de coupés CLK. Comme la nouvelle berline, le coupé partage certaines composantes de la Classe C, dont la suspension, mais ne s’éloigne guère des valeurs qui forment le noyau de la Classe E depuis plus de six décennies, soit le luxe, la solidité, la sécurité et la promesse d’une grande longévité. Le premier coupé de Classe E était toutefois apparu en 1968. Deux versions du coupé existent pour l’instant.

Les E 350 et E 550 se distinguent essentiellement par leur moteur, à l’instar des CLK auxquels ils succèdent. Ils sont d’ailleurs équipés des mêmes moteurs, soit un V6 de 3,5 litres pour le premier et un V8 de 5,5 litres pour le second. Contrairement aux berlines, le constructeur ne compte pas offrir le rouage intégral sur les coupés et considère qu’une version AMG n’est pas nécessaire avec les performances de la version E 550 Sport. C’est ce que nous verrons. Une version décapotable sera par contre lancée au printemps 2010.

Une demi-taille au-dessus

Le nouveau coupé de Classe E est plus long de 45 mm et plus large 46 mm que le coupé CLK auquel il succède, mais il est également plus bas de 73 mm et roule sur un empattement plus long de 45 mm, ce qui accentue sa longue silhouette de coupé. Les modèles européens ont un coefficient de traînée (Cx) record de 0,24 qui grimpe à 0,28 pour les versions nord-américaines dont les pneus sont plus larges. Malgré sa plus grande taille et l’ajout de nouveaux systèmes et composants, les E 350 et E 550 sont respectivement plus lourds que leurs devanciers de 44 et 28 kilos. Ils n’ont par ailleurs aucun panneau de carrosserie en commun avec les berlines, mais partagent le renflement arqué de leurs ailes arrière qui évoque le modèle Ponton 1953 considéré comme l’aïeul de la Classe E.

Les nouveaux coupés ont quatre glaces latérales et aucun montant central ne vient gâcher leur profil de hardtop classique lorsqu’elles sont abaissées. Les deux sont coiffés du grand toit ouvrant Panorama en verre, mais le E 550 se démarque du E 350 par ses roues de 18 pouces en plus d’un becquet avant, d’un tablier arrière et de bas de caisse plus sculptés. Il est également équipé de freins à disque perforé et ses embouts d’échappement chromés sont trapézoïdaux plutôt qu’ovales. Les nouveaux coupés ont aussi une kyrielle de systèmes de sécurité dont l’ABS et l’antidérapage les plus récents, le système PreSafe et neuf coussins gonflables.

Le système Attention Assist qui détecte la somnolence du conducteur peut être combiné à celui qui garde la voiture dans sa voie et à des phares au xénon qui pivotent dans le sens des virages et dont l’éclat et le faisceau s’ajustent pour ne pas aveugler les voitures en croisement. Il y a aussi le Distronic Plus qui maintient automatiquement l’écart avec le véhicule qu’on suit et peut stopper l’auto complètement et la faire redémarrer ensuite. Il est jumelé au dispositif Pre-Safe Brake qui peut freiner l’auto à fond pour atténuer la violence d’une collision et à un autre qui mesure un espace de stationnement mais vous laisse le soin de garer le coupé vous-même.

Bien que l’habitacle des coupés soit plus sportif que celui des sages nouvelles berlines de Classe E, on y retrouve les mêmes boiseries classiques en noyer. Aucune trace des moulures en aluminium ou fibre de carbone qu’on peut observer ailleurs. Les E 350 et E 550 se distinguent malgré tout par leur volant sport à trois rayons, leurs sièges sport plus sculptés et un sélecteur de vitesse électronique à la console. Les sièges avant de série offrent des réglages sur 10 points, un support lombaire ajustable et trois mémoires de positions. À l’arrière, ce sont virtuellement des sièges baquets dont l’appuie-tête est toutefois assez haut pour bloquer le coup d’œil vers l’arrière pour le conducteur. Les deux coupés partagent aussi la plus récente version de l’interface Comand qui contrôle la plupart des systèmes. Avec sa grande molette d’aluminium montée sur la console centrale et son écran de 7 pouces installé haut sur le tableau de bord, ce système s’est amélioré mais certaines de ses fonctions demeurent inutilement complexes et fragmentées.

Performants et relativement sportifs

Le coupé E 350 est équipé d’un V6 à double arbre à cames en tête de 3,5 litres qui produit 268 chevaux à 6 000 tr/min et 258 lb-pi de couple sur une plage de régime qui s’étend de 2 400 à 5 000 tr/min pour un sprint vers 100 km/h de 6,4 secondes. Le moteur du E 550 est un V8 de 5,5 litres, également à DACT, qui livre 382 chevaux à 6 000 tr/min et 391 lb-pi de couple de 2 800 à 4 800 tr/min. Le constructeur promet un 0-100 km/h de 5,6 secondes. Les deux moteurs sont jumelés à une boîte automatique traditionnelle à 7 rapports qui verrouille le convertisseur de couple sur chacun d’eux pour réduire la consommation. Cette boîte à contrôle électronique peut aussi sauter quelques-uns de ses rapports en rétrogradant, pour des dépassements encore plus rapides et donc plus sûrs.

Dans le E 350, un bouton permet de passer du mode Confort au mode Sport, ce qui permet des démarrages sur le premier rapport et des passages de vitesse à plus haut régime. Dans le E 550, le bouton porte la lettre M. En le pressant, on obtient du coup des changements de vitesse plus rapides, un accélérateur plus vif et des tarages de suspension plus fermes. À tout moment, on peut changer de vitesse avec les manettes au volant ou en appuyant de côté sur le sélecteur à la console.

La suspension des nouveaux coupés E est du même type que celle de la Classe C actuelle. Le E 350 possède des amortisseurs dont le tarage est à variation mécanique tandis que ce réglage se fait par électronique pour le E 550 de concert avec la courbe de réponse de son accélérateur. Les coupés sont dotés de quatre freins à disque avec ABS, répartition électronique et le freinage d’urgence assisté qui se charge même de préappliquer les freins et de les faire sécher si la chaussée est mouillée.

À la conduite, le E 350 n’est pas très sportif et sa direction est exagérément vive en amorce de braquage. D’autre part, le coupé E 550 que j’ai conduit était stable et solide en virage, mais n’offrait pas la tenue de route précise et linéaire à laquelle nous ont habitués les créations récentes de la division AMG chez Mercedes-Benz. Je crois qu’une version E 63 AMG complèterait à merveille cette série.

Les nouveaux coupés de Classe E sont chics, raffinés, confortables et truffés des plus récents systèmes de sécurité et de commodité dont Mercedes raffole d’équiper ses voitures. Cela dit, la plus grande surprise, avec ces nouveaux modèles plus évolués, plus modernes et mieux équipés que jamais, c’est qu’ils sont actuellement vendus à des prix très compétitifs, surtout si l’on considère les anciennes pratiques de la marque à cet égard. Ces deux modèles tout neufs sont effectivement nettement moins chers que leurs devanciers. Les options peuvent évidemment gonfler la note mais chose certaine, les coupés de Classe E sont parfaitement dans le coup comme voitures de luxe. Comme coupés sport, par contre, il faudrait plus d’AMG dans leur ADN !

Feu vert

Silhouette élégante et classique
Habitacle luxueux et confortable
Roulement silencieux
Accélérations solides
Grand coffre pour un coupé

Feu rouge

Pas de versions 4Matic ou AMG
Direction nerveuse en amorce (E 350)
Sensible au vent oblique
Interface Comand encore frustrante
Les appuie-tête arrière bloquent la vue

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