Cadillac XT4, un modèle qui arrive à point

Points forts
  • Silhouette singulière
  • Sièges avant très confortables
  • Suspension souple et confortable
  • Moteur performant
Points faibles
  • Places arrière peu spacieuses
  • Hauteur libre du coffre avec la tablette cache-bagages
  • Consommation élevée
  • Visibilité arrière réduite
Évaluation complète

Avec son apparence unique, une dotation attrayante et une motorisation performante, le Cadillac XT4, premier VUS compact de la marque, joue les trouble-fête dans un créneau largement dominé par les marques allemandes.

Vous recherchez quelque chose de différent au rayon des utilitaires de luxe compacts ? Un véhicule qui se distingue des favoris issus de la Sainte Trinité allemande ? La marque Cadillac a peut-être le véhicule qu’il vous faut. Il s’appelle XT4.

Pour les dirigeants de General Motors, le XT4 n’est rien de moins que le fer de lance de la renaissance de Cadillac. Une renaissance qui passe incontestablement par la multiplication des véhicules utilitaires, un point faible de la marque jusqu’ici.

Avant l’arrivée de ce petit véhicule, une première pour Cadillac, l’offre de la marque centenaire se bornait à deux VUS : le XT5, le modèle le plus vendu de Cadillac dont les débuts remontent au Salon de Los Angeles de 2015, et l’Escalade, un mastodonte fastueux proche des Chevrolet Tahoe et Suburban qui, malgré un succès commercial soutenu, ne change guère depuis son introduction, en 1998.

Photo: Cadillac

Or, dans ce créneau, la diversité est le nerf de la guerre. Le succès des trois constructeurs germaniques, qui dominent largement les ventes, en dépend clairement. La gamme « X » de BMW réunit 11 utilitaires, alors que Mercedes-Benz en offre 8, sans compter ses variantes de haute performance AMG, et Audi 6 en incluant ses modèles sport SQ.

Cadillac a donc amorcé un virage essentiel avec le XT4 (acronyme inspiré de l’expression « Crossover Touring ») et ça ne s’arrête pas là. En janvier dernier, au moment de dévoiler le XT6 2020 et de montrer les premières images d’un futur VUS électrique (voir encadré), le président de Cadillac, Steve Carlisle, a promis une nouveauté tous les six mois d’ici 2021.

Populaire auprès des acheteurs

Or, bien qu’il soit encore nouveau (il est en vente que depuis octobre dernier), le XT4 a réussi à se tailler une place enviable dans son créneau. Au terme du premier trimestre de 2019, il s’est hissé à une place du top 5 derrière (dans l’ordre) les VUS allemands Mercedes-Benz GLC, Audi Q5 et le duo BMW X3/X4 suivis, avec un certain écart, des japonais Lexus NX et Acura RDX.

Assemblé au Kansas, à l’usine GM de Fairfax, le XT4 utilise une plateforme servant également à la Chevrolet Malibu et la Buick Regal. Il est proposé uniquement avec un moteur suralimenté, un 4-cylindres de 2,0 L à injection directe et turbocompresseur qu’il partage avec la berline Cadillac CT6. Fort de ses 237 ch, il livre un couple généreux à bas régime : 258 lb-pi à partir de 1 500 tr/min. Jumelé à une boîte de vitesses automatique à 9 rapports bien appariée, ce moteur s’avère nerveux comme en témoignent un temps d’accélération de 0 à 100 km/h inférieur à 8 s et des reprises soutenues à vitesse moyenne.

Photo: Cadillac

Ce groupe motopropulseur autorise le remorquage de charges atteignant 1 587 kg, une capacité comparable à celle plusieurs modèles rivaux d’égale puissance. Cette capacité de remorquage est toutefois liée à l’ensemble de remorquage (655 $), une option disponible pour toutes les versions. Sinon, elle se limiterait à 1 134 kg.

Par ailleurs, malgré des systèmes de cylindrée variable et d’arrêt-démarrage au ralenti, ce moteur de 2,0 L ne remportera pas la palme de l’écoperformance. Ressources Naturelles Canada attribue une cote moyenne de 8,9 L/100 km à la version d’entrée de gamme Luxe, qui n’a que deux roues motrices (avant), et 9,7 L/100 km aux versions munies de la transmission intégrale (une option pour la version Luxe). Mais dans notre cas, un essai réalisé avec volant d’un XT4 à quatre roues motrices au plus froid de l’hiver s’est soldé par une moyenne peu envieuse de 12,4 L/100 km.

Allure unique à Cadillac

Arborant une silhouette singulière, le XT4 n’est pas sans rappeler le XT5 avec ses formes en arêtes et ses porte-à-faux courts. Toutes les versions sont munies de phares à DEL et de roues en alliage de 18 po. Des roues de 20 po sont offertes en option pour les versions Haut de gamme et Sport, les plus cossues. Certes très belles, elles sont aussi plus onéreuses à chausser de pneus d’hiver.

Curieusement, l’intérieur projette une image moins spectaculaire que l’extérieur. Contrairement au design adopté par Lexus pour l’habitacle de son NX 300, que certains qualifieront d’audacieux, voire excentrique, le XT4, lui, adopte un style plus réservé. Disons qu’il est classique avec cet écran tactile de 8 po encastré au cœur du tableau de bord, qui surplombe deux rangées interminables de commutateurs difficiles à distinguer les uns des autres. La finition est soignée et l’apparence tout de même élégante. Dans la version Sport, on peut même s’offrir des garnitures de fibre de carbone ou de bois pour rehausser le coup d’œil. Les systèmes CarPlay d’Apple et Android Auto, par contre, sont de série.

Photo: Cadillac

La dotation du XT4 comporte, par ailleurs, certains accessoires exigeant une période plus ou moins courte d’adaptation comme, par exemple, le levier de vitesses électronique. On l’utilise en appuyant sur un bouton, tout en lui donnant une légère impulsion longitudinale. C’est très différent d’un levier traditionnel, qui se déplace sur une grille linéaire ou en escalier. Il en va de même pour le rétroviseur intérieur à écran digital, conçu pour afficher les images captées par la caméra arrière. Inscrit parmi les accessoires de l’ensemble optionnel « Visibilité améliorée » (1 795 $), réservé aux versions Haut de gamme et Sport, cet appareil donne une perspective inhabituelle (distorsionnée diront certains) sur ce qui se passe derrière le véhicule. C’est comme regarder derrière à l’aide d’un miroir convexe. Ça ne fait pas l’unanimité.

Avec un volume utile comparable à celui de ses rivaux, le coffre transformable du XT4 lui donne un côté pratique apprécié. Il faut toutefois se faire au hayon électrique (« mains libres ») optionnel, qui se referme particulièrement vite. La hauteur libre du coffre se révèle aussi très limitée, lorsqu’on utilise la tablette cache-bagages ; un problème commun à certains modèles de cette catégorie, comme le Lexus NX 300, pour lequel cet irritant est plus gênant encore.

L’environnement feutré que procure cet utilitaire est mis en valeur par une insonorisation efficace. Peut-être trop efficace, puisqu’elle permet d’entendre certains bruits de caisse parasites provenant du toit ouvrant à doubles panneaux vitrés, une option proposée pour les versions Haut de gamme et Sport (1 795 $).

Mais cela n’empêche pas le XT4 de faire bonne figure dans ce créneau où les modèles se multiplient à un rythme effarant. Il constitue une alternative attrayante aux modèles les plus populaires, surtout pour l’acheteur qui souhaite se distinguer de la masse.

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