Lincoln Nautilus 2019: Bon troisième…

Lincoln a choisi de développer un nouveau modèle à sept passagers qui reprend le nom Aviator. Autrement, on aurait pu lancer un rival du Lexus RX L, qui se serait sans doute appelé Nautilus Plus…

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2019

Nautilus. Nouvelle nomenclature venant prendre le relais de l’acronyme MKX, sous prétexte qu’il refléterait davantage les idées et l’attitude de la clientèle. Voilà ce que l’on indique dans les communiqués du constructeur, qui tente par tous les moyens de trouver une voie à cette marque de luxe en crise identitaire.

Or, que signifie Nautilus? En avez-vous la moindre idée? Eh bien, moi non plus, je ne savais pas. Et, en fouillant, j’ai découvert qu’il s’agissait…d’un mollusque! Oui, vous avez bien lu. Certes, un mollusque exotique avec une jolie coquille…mais un mollusque quand même. Et cela refléterait les idées de la clientèle? Pas surprenant qu’elle soit si peu nombreuse…

Il faut dire qu’au cours de la dernière décennie, Lincoln a annoncé presque une fois l’an l’étape de sa grande relance. Par exemple, lors du lancement de la MKZ, du MKC, de la Continental, et même lors du dévoilement de la division Black Label, une gamme de luxe appliquée à différents modèles chez nos voisins du Sud et qui oui, reprend le nom d’une vieille bière de chez nous. Or, nous savons tous que chaque fois, ce fut un coup d’épée dans l’eau. Il n’y a en fait que depuis quelques mois que les choses vont réellement bien pour Lincoln, soit depuis l’arrivée du nouveau Navigator. Parce qu’au moins, ça, c’est nouveau, même s’il ne s’agit pas d’un véhicule très politiquement correct.

Fierté d’Oakville
Ce n’est pas un secret, le Nautilus partage tous ses éléments mécaniques et structuraux avec le Ford Edge. Bien sûr, le lien était beaucoup plus facile à faire lorsque l’Edge et le MKX revêtaient la même robe (jusqu’en 2014), mais il n’en demeure pas moins que les bases sont aujourd’hui toujours les mêmes. S’agit-il d’un défaut? Non. D’un côté, la qualité d’assemblage de ces véhicules n’a jamais été un réel problème, signe d’un souci de qualité de la part des travailleurs ontariens, mais il faut aussi souligner que le Ford Edge est un véhicule à succès, très bien pensé.

De ce fait, on peut affirmer que le Nautilus repose sur des bases saines. Maintenant, il serait aussi logique de croire que si l’Edge trône au sommet des ventes de son segment, le MKX/Nautilus devrait faire pareil. Et pourtant, il n’en est rien. En effet, Cadillac écoule deux fois plus de XT5 au pays, alors que le Lexus RX vend trois fois plus. Est-ce que le comportement plus feutré du Lincoln déplairait à la clientèle? Est-ce que l’approche Lincoln serait un peu trop classique, ou trop peu sportive?

Chose certaine, le Nautilus se défend bien sur le plan mécanique. Lincoln possède d’ailleurs l’avantage d’un moteur plus performant, mais également plus agréable que ceux de la concurrence, avec son V6 biturbo de 2,7 litres. Ce dernier est reconduit sans changement pour 2019, faisant toutefois équipe avec une nouvelle boîte à huit rapports et un système arrêt/redémarrage, qui permettra d’optimiser notamment la consommation de carburant. Raffiné et aussi à l’aise en ville que sur l’autoroute, ce moteur fait nettement mieux que le V6 de 3,7 litres, que l’on élimine cette année au profit d’un quatre cylindres de 2,0 litres. Oui, celui-là même qui se cache sous le capot du Ford Edge. Une mécanique assurément plus intéressante, plus frugale, mais carrément moins puissante que le V6 de 2,7 litres.

Le souci du détail
Nous n’avons pu essayer le Nautilus avant de mettre sous presse
, mais les changements techniques ne sont que symboliques. Il est donc facile de se baser sur les impressions du MKX pour commenter son comportement, qui demeure plus ouaté et moins sportif que celui des rivaux. Les points faibles? La direction imprécise qui demande souvent une correction, et le fait que véhicule flotte davantage. Il faut dire que le poids élevé du véhicule combiné au mariage de jantes de 21 pouces engendre d’importants transferts de masse, que l’on ne ressent nullement sur un Cadillac XT5. Cela dit, le Nautilus est exempt de bruits de caisse, contrairement au Cadillac.

À bord, la présentation est riche. Plus noble que chez la concurrence. Les matériaux sont de belle facture et le souci du détail est palpable jusque dans les moindres racoins. Chapeau à Lincoln d’avoir développé des sièges desquels on ne souhaite plus se relever, pouvant être réglés en 22 positions! On accorde aussi une bonne note au volume intérieur plus généreux, à l’instrumentation plus simple à consulter et à l’excellente chaîne audio Revel à 19 haut-parleurs. Quant à la chirurgie plastique effectuée pour 2019, elle permet au véhicule de poursuivre sa carrière au sein d’une gamme en pleine transformation. En espérant qu’il s’agisse cette fois de la bonne formule. Or, du côté du Nautilus, les changements ne sont, à mon sens, pas suffisants pour effrayer ni Cadillac ni Lexus.

Feu vert

  • Présentation intérieure et qualité de finition
  • Moteur V6 biturbo puissant et agréable
  • Espace intérieur généreux
  • Changements esthétiques réussis

Feu rouge

  • Comportement trop feutré
  • Direction imprécise
  • Poids élevé
  • Image de la marque

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