Lexus ES 2019: Quand les choses vont bien

La ES est de loin la meilleure berline avec rouage à traction jamais construite par Lexus.

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2019

Le duo de berlines intermédiaires chez Lexus est intriguant, surtout si l’on se concentre sur l’ES, celle qui a le mandat de prioriser le confort, le luxe et la fiabilité avant la conduite dynamique. Ironiquement, quoiqu’elle soit largement dérivée d’une Camry, elle semble néanmoins être celle que les consommateurs nord-américains préfèrent. Avec plus de 53 000 exemplaires vendus l’an dernier sur notre continent, sans compter sa popularité monstre dans le marché chinois, il va de soi que le segment des berlines se porte bien chez Lexus.

L’ES se voit donc entièrement repensée pour sa septième génération, arborant une toute nouvelle plate-forme, un look plus dynamique et des groupes motopropulseurs améliorés. Le résultat fait d'elle, sans contredit, la meilleure berline de luxe munie d’un rouage à traction jamais offerte par le constructeur.

Et voilà, une F SPORT

Oui, vous avez bien lu : « rouage à traction ». Hélas, la transmission intégrale n’est toujours pas offerte pour l’ES cette année. Il faudra se tourner du côté de la GS ou l’IS, ou de la panoplie de VUS à rouage intégral disponible chez le constructeur. Selon Lexus, les clients d’ES ne la réclament pas… du moins, en dehors du Québec. Rappelons-le, l’ES se vend bien, surtout aux États-Unis et en Chine, des endroits où les consommateurs n’ont pas réellement besoin d’une telle transmission.

On ajoute cependant la déclinaison F SPORT cette année, un ensemble d’abord esthétique qui embellit le design déjà très moderne de cette nouvelle ES afin d’attirer une clientèle plus jeune, chose que l’ES avait de la difficulté à accomplir par le passé.

L’ensemble inclut également de nouveaux amortisseurs adaptatifs mécaniques, un système breveté par Lexus qui, selon le constructeur, se montre plus fiable qu’un amortisseur à réglage électronique. Lors de notre essai de la bagnole, durant son dévoilement mondial à Nashville, nous avons été épatés par la réactivité de cette suspension, qui confie à l’ES une tenue de route étonnement dynamique malgré ses intentions de confort.

Et c’est là où l’ES impressionne davantage, par son habitacle douillet hautement insonorisé et sa qualité d’assemblage presque obsessif. Bien qu’elle repose sur la même plate-forme que celle de la Toyota Camry, la Toyota Avalon et le Toyota RAV4, plate-forme qu’on nomme GA-K chez Lexus, la division de luxe du constructeur nippon a accompli le merveilleux travail de dissocier la ES de ses cousines, lui confiant un caractère unique et une marque de prestige nettement supérieure.

Côté moteurs, l’ES 350 a toujours recours au bon vieux V6 atmosphérique de 3,5 litres, sauf que cette fois, il passe à 302 chevaux et à un couple de 267 lb-pi, une amélioration de 34 chevaux et de 19 lb-pi comparativement à sa devancière. L’ES 300h, l’hybride du duo, reçoit, elle aussi, une augmentation de 15 chevaux, pour un total de 215.

Derrière le volant, le V6 émet une sonorité agréable et, comme l’ensemble de la bagnole, il est d’une douceur remarquable, tout en octroyant à l’ES des accélérations intéressantes. La déclinaison hybride est tout aussi réussie et le transfert d’un moteur à l’autre ne se fait presque pas remarquer. La boîte automatique de la ES 350, bien qu’un peu lente à réagir, enfile les rapports en douceur.

Cependant, ne croyez pas que cette berline vous permettra d’accomplir des tours de pistes records. Certes, elle est compétente sur une route sinueuse, cette ES, et son châssis solide comme du rock fait d’elle une auto capable de bien marier confort et conduite dynamique. Toutefois, elle n’est pas une berline sportive et l’effet de couple se fait facilement ressentir lors d’accélérations vigoureuses.

Un système multimédia bipolaire

Hélas, on ne peut en dire autant au sujet du système multimédia qui se voit plus archaïque que ce qu’on retrouve dans certaines voitures d’entrée de gamme.

Même si son écran en haute définition est attrayant, l’interface demeure complexe, dépassée et peu intuitive. On manipule le système par un pavé tactile situé sur la console centrale, ce qui n’est pas des plus convivial, surtout lorsqu’on conduit. Il est facile de se laisser distraire par la petite souris qui semble constamment bondir d’un menu à l’autre! Nous sommes néanmoins ravis de voir apparaître Apple CarPlay cette année, mais Android Auto n’est toujours pas de la partie. Étrange…

À part ce fâcheux défaut, la Lexus ES est une berline intermédiaire de luxe franchement réussie. Comme les récents véhicules du constructeur, on ressent la valeur associée à son prix. Bien qu’elle puisse paraître comme une Camry « de luxe » au premier regard, l’ES réussit à se distinguer par un design unique, un habitacle hautement mis au point, et une cote de fiabilité établie depuis des lunes.

Feu vert

  • Apparence distinguée
  • Confortable et silencieuse
  • Finition intérieure soignée
  • Fiabilité éprouvée

Feu rouge

  • Absence d’un rouage intégral
  • Commandes du système multimédia à revoir
  • Groupe d’options dispendieux

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