Hyundai Elantra 2019: Japonaises et allemandes dans sa mire

La clé du succès de l'Elantra consiste à ne commettre aucun excès et à offrir l'un des meilleurs rapports équipement-prix de son segment.

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2019

Il fut une époque où l'on se moquait malicieusement des constructeurs sud-coréens, car on associait leurs produits à des véhicules sans saveur, servant essentiellement à se déplacer du point A au point B. Sauf que cette période appartient désormais au passé et bien malintentionné celui qui oserait ridiculiser Hyundai de nos jours.

Tous les modèles sont arrivés à maturité, tout particulièrement l'Elantra, qui livre, chaque année, une lutte serrée aux Honda Civic et Toyota Corolla pour remporter le titre de la voiture la plus vendue au pays. Cela dit, les succès de l'Elantra ne reposent plus seulement sur ses tarifs alléchants, mais également sur son look, son confort, sa conduite, sa fiabilité, ses motorisations et ses technologies.

Pour rivaliser avec la Honda Civic qui ne cesse de multiplier les configurations, l'Elantra mise sur une berline et une carrosserie cinq portes à hayon. Quant au coupé, qui a été commercialisé en 2013 et 2014, ce modèle a été abandonné au profit de la Hyundai Veloster, afin de ne pas cannibaliser les ventes. Somme toute, la mise en marché élaborée par Hyundai et sa division Kia semble porter fruit puisque chaque marque occupe des créneaux respectifs avec des véhicules qui ont une identité propre, et ce, sans empiéter nécessairement dans les plates-bandes de l'autre.

Une GTI sud-coréenne

Il paraît de plus en plus évident que l'Elantra ne courtise plus seulement les acheteurs de voitures japonaises, elle vise en outre les propriétaires de Volkswagen. Le dévoilement, l'an dernier, de l'Elantra GT démontre que Hyundai a dans son collimateur la Golf et sa variante GTI.

Apprêtée pour le marché européen, l'Elantra GT respecte le code stylistique des voitures sport de Hyundai en adoptant une calandre où loge une imposante grille noire, similaire à celle de la Sonata 2.0T et de la Veloster. Il va sans dire que l'Elantra GT propose une conduite plus dynamique que la génération précédente grâce à une plateforme 20% plus rigide et 28 kg plus légère. Les éléments suspenseurs gagnent aussi en solidité et la direction à assistance électrique est 10% plus directe. La motorisation de base est un quatre cylindres de 2,0 litres à injection directe, qui génère 162 chevaux. Au choix, ce moteur peut être arrimé à une boîte manuelle à six vitesses ou à une boîte automatique à six rapports avec mode manuel.

Pour donner la réplique à la Golf GTI, la version Sport de l'Elantra GT est animée par un quatre cylindres turbo de 1,6 litre qui produit 201 chevaux. Toujours en opposition à la GTI, qui jouit d'une boîte à double embrayage dont la réputation n'est plus à faire, l'Elantra GT Sport dispose d'une boîte à double embrayage à sept rapports. Pour économiser 1 500 $ à l'achat et extirper la puissance du moteur à l'ancienne méthode, une boîte manuelle à six rapports est aussi disponible.

Peu importe le choix du groupe motopropulseur et les nombreuses améliorations apportées, l'Elantra GT n'a pas la fougue ni l'agilité d'une Golf qui s'avère tout de même la référence de la catégorie. Néanmoins, cette Hyundai poivrée à l'européenne propose une tenue de route amusante, et ce, à moindre coût que la Golf. Souhaitons que la version « N » – signifiant Nürburgring – qui roule actuellement en Europe sera éventuellement vendue chez nous. Même si elle ne possède pas de rouage intégral, la N se rapproche de la Golf R grâce à son quatre cylindres turbo de 2,0 litres et 275 chevaux. Qu'à cela ne tienne, l'absence d'un rouage intégral ne paraît pas être un handicap puisque la Civic Type R n'en possède pas non plus.

En lisant notre boule de cristal, on peut penser que l'Elantra n'a pas dit son dernier mot face à la Civic et la Golf puisque Hyundai a accueilli récemment, dans sa gamme européenne, une fastback et une familiale (appelée SW) qui pourrait rivaliser respectivement avec la Civic Hatchback et la Golf SportWagen. Reste à savoir si les deux modèles seront vendus chez nous alors que les ventes de voitures sur le continent nord-américain ne cessent de diminuer au profit des véhicules utilitaires.

Et la berline dans tout ça?

Hyundai aura beau multiplier les configurations de l'Elantra, il n'en reste pas moins que les consommateurs s'intéressent avant tout à la berline. Au jeu des comparaisons, l'Elantra applique avec brio la politique du juste milieu en adoptant une carrosserie jazzée à la Civic, alors que la sobriété de l'habitacle nous fait penser à la Corolla. Côté mécanique, le quatre cylindres de 2,0 litres à cycle Atkinson développe 147 chevaux et il est possible de l’arrimer à une boîte manuelle ou automatique à six rapports.

Pour plus de pep sous le soulier et pour soutirer des ventes à la Civic Si, l'Elantra Sport berline est équipée d'un quatre cylindres turbo de 1,6 litre et 201 chevaux, d'une suspension plus ferme, de freins avant plus imposants, de jantes de 18 pouces et d'artifices de carrosserie distinctifs.

Feu vert

  • Nombreuses variantes
  • Confort de roulement
  • Tableau de bord ergonomique
  • Tenue de route (Sport)
  • Rapport équipement-prix

Feu rouge

  • Direction trop légère
  • Consommation à améliorer
  • Performances moyennes (2,0 L)
  • Châssis surévalué
  • Boîte manuelle imparfaite

Partager sur Facebook
Commentaires