Buick Regal 2019: une tasse de Chine et un soupçon d’Allemagne

La Buick Regal est sans aucun doute l’une des berlines compactes les plus surprenantes de l’industrie automobile actuelle.

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2019

Avec un nom qui remonte à plus de cinquante ans, Buick a la difficile tâche de rajeunir l’image de son modèle emblématique. Depuis quelque temps, la marque américaine, qui vit un succès de vente assez remarquable sur le marché chinois, a entièrement repensé sa gamme de produits afin d’offrir des véhicules plus dynamiques à une clientèle exigeante. La Regal Sportback, berline compacte de la marque aux triples boucliers, s’accroche à des racines européennes dans l’espoir de demeurer pertinente.

Les berlines sont en train de mourir. Ça, on le sait. Même si les constructeurs conçoivent désormais des autos quatre portes hautement sophistiquées, performantes et spacieuses, la triste réalité est que les consommateurs nord-américains s’en fichent et continuent de prêcher pour leurs utilitaires tant adorés.

Une auto qui fait tout bien
Pourtant, sur papier, la Regal Sportback a tout pour plaire. Elle possède une transmission intégrale à vectorisation du couple et dispose d’un coffre à hayon fournissant presque autant d’espace de chargement que celui d’un Mazda CX-5 (1 719 litres avec la banquette arrière rabaissée). Son prix de vente est accessible et la cote de fiabilité des produits Buick en général figure parmi l’une des meilleures de l’industrie.

En fait, sur presque tous les points, il n’y a pas véritablement d’arguments négatifs allant contre cette bagnole, à part qu’elle éprouve de la difficulté à se faire respecter pour son manque de prestige vis-à-vis les autres marques de luxe. Sa plate-forme allemande, largement basée sur celle de l’Opel Insignia en Europe, lui confère une tenue de route agile, raffinée et étonnamment sportive. Un seul moteur l’anime, soit un quatre cylindres turbo de 2,0 litres génère 250 chevaux et un couple de 260 lb-pi pour le rouage à traction, et 295 lb-pi pour le rouage intégral. Sa boîte automatique à huit (pour le rouage à traction) ou neuf rapports (pour le rouage intégral) répond rapidement tout en enfilant les rapports en douceur, et l’ergonomie de son habitacle hautement silencieux est exemplaire.

Toutefois, la qualité de finition de certains des matériaux utilisés demeure quelque peu décevante pour une voiture de cette gamme de prix et le dégagement pour la tête des passagers arrière est un tantinet serré.

Déjà qu’une Buick visant une clientèle jeune et dynamique soit ironique, la GS est d’autant plus étrange avec ses énormes freins Brembo et ses sièges de course.

En fait, l’idée d’une Regal GS n’est pas nouvelle, elle date de plus de cinquante ans, mais pour la première fois depuis des lunes, Buick offre enfin une véritable berline sportive capable de se mesurer à des véhicules japonais et allemands du même calibre.

Sous le capot, on a remplacé le quatre cylindres turbo par un V6 atmosphérique de 3,6 litres qui développe 310 chevaux et un couple de 286 lb-pi. Pour la GS, le rouage intégral vient de série, tout comme une suspension adaptative. Seule la boîte automatique à neuf rapports est proposée.

Nous avons conduit la GS entre autres sur la route 4, en Colombie-Britannique, entre Nanaimo et Tofino. C’est une des routes les plus sinueuses et dangereuses du pays et la Regal GS s’est montrée à la hauteur. Sa puissance de freinage, sa suspension tout à fait au point et son châssis dynamique permettent à son conducteur de la pousser à ses limites, procurant un plaisir de conduite assez remarquable.

Cependant, le doux et sonore moteur V6 manque de couple à bas régime et ne livre pas sa puissance avec enthousiasme. Cela empêche à la GS de réaliser des accélérations véritablement fulgurantes et sa boîte automatique, bien qu’excellente, ne dispose pas de palettes au volant.

Buick IntelliLink exemplaire
Fidèle aux produits GM, le système multimédia IntelliLink de Buick figure parmi l’un des plus simples et conviviaux de l’industrie. Son interface est claire, ses menus sont attrayants, faciles à comprendre et son écran tactile répond bien. De plus, les commandes les plus importantes, comme le contrôle du volume et la navigation entre les pistes sonores s’opèrent via des boutons physiques. Le système est compatible Android Auto et Apple CarPlay et incorpore une borne Wi-Fi (frais de données en sus) ainsi que les modes de conduite pour adolescent Teen Driver et Valet, de série.

La Buick Regal Sportback 2019 est une berline très réussie. De plus, elle s’en prend directement à l’Acura TLX, l’Infiniti Q50 et même à la Kia Stinger GT en déclinaison GS. Avec un rapport qualité-prix si alléchant, un comportement routier si épatant et une cote de fiabilité aussi solide, il n’y a aucune raison de ne pas la préférer à ses concurrentes.

Feu vert

  • Tenue de route sportive
  • Boîte automatique douce et raffinée
  • Déclinaison GS intéressante
  • Coffre spacieux

Feu rouge

  • Qualité de certains matériaux d’habitacle bon marché
  • Absence de palettes au volant pour la GS
  • Dégagement pour la tête des passagers arrière un peu serré Moteur V6 manque de couple à bas régime

Partager sur Facebook

Plus sur le sujet

EssaisBuick Envision 2019 : haut de gamme sans le luxe
Si Buick connaît du succès sur le marché chinois, elle se cherche une identité en Amérique du Nord depuis un bon moment. Ironique, puisqu’il s’agit de l’une des plus vieilles marques domestiques toujours en affaires. Qu’est-ce que Buick, de toute façon? Peut-elle être considérée comme une marque populaire, ou bien …
ActualitéTop 10 : les modèles qui tirent leur nom du passé
Tout comme la mode ou les habitudes de société, les constructeurs utilisent les cycles de popularité pour faire resurgir des voitures portant le nom de références d’autrefois avec une empreinte forte dans nos mémoires…Ce palmarès révèle des nouveaux modèles inspirés de légendes automobiles du passé de par leurs noms et …
guideauto.tvEn studio : la Buick Regal se métamorphosera-t-elle en Chrysler?
La Buick Regal vendue au Canada n’est pas une authentique voiture américaine développée aux États-Unis... Il s'agit plutôt d'une voiture européenne, plus précisément une Opel Insignia adaptée pour le marché nord-américain. Cependant, en 2017, GM s’est départi de sa division Opel Vauxhall et l’a vendu à PSA (le groupe Peugeot-Citroën) …

À lire aussi

Et encore plus

Commentaires