Jeep Compass 2019: L’entre-deux

La valeur de la marque Jeep est suffisamment forte pour assurer le maintien de modèles assez peu concurrentiels. La calandre à sept barres verticales a un effet persuasif.

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2019

Il y a un peu plus d’une décennie, la division Jeep présentait deux modèles destinés à répondre à la demande de plusieurs acheteurs, soit des véhicules en mesure d'être utilisés en conduite urbaine surtout, tout en étant à la hauteur de la réputation de la marque en conduite hors route. Malgré des critiques loin d’être dithyrambiques de la part des spécialistes, les Compass et Patriot ont connu une popularité initiale assez intéressante, mais qui allait s’effriter au fil des années. Il y a deux ans, la direction de FCA a décidé de passer à l’action en abandonnant le Patriot et en renouvelant le Compass.

Ce renouvellement est venu s’inscrire entre deux modèles dans la hiérarchie Jeep, soit le Renegade, le cadet de la famille, et le Cherokee, à la fois plus gros et costaud que le Compass. Les décideurs ont eu à effectuer plusieurs compromis afin de cibler une clientèle qui en veut un peu plus que le premier, mais sans nécessairement avoir les attributs du second.

Un air de famille

L’un des grands avantages des stylistes est de pouvoir utiliser à volonté l’incontournable grille de calandre à sept ouvertures verticales qui est la signature intemporelle de Jeep. Il a alors suffi de moderniser les lignes du modèle antérieur, et de lui octroyer une allure moins urbaine et plus agressive pour donner l’impression d’avoir affaire à un baroudeur.

L’habitacle est doté de matériaux d’assez bonne qualité pour la catégorie et la présentation de la planche de bord est simple et très efficace. La plupart des commandes sont à la portée de la main tandis que la position de conduite ne prête pas à la critique. Cependant, les espaces de rangement se font plutôt rares. Ce qui est curieux, puisque cette marque nous a habitués par le passé à beaucoup d’ingéniosité à ce chapitre. Heureusement, l’habitabilité est bonne et même les grandes personnes ne s’y sentiront pas à l’étroit. Il faut souligner que la présentation varie selon la déclinaison choisie, la version Sport étant la moins onéreuse et la Limited la mieux nantie.

Le système multimédia Uconnect se démarque toujours par sa facilité d’emploi et son efficacité. La possibilité de commander un écran de 8,4 pouces rend sa gestion encore plus agréable. Et si les sièges avant sont corrects dans la version de base, et plus confortables dans le Limited, les places arrière sont pitoyables toutes moutures confondues.

Comme il se doit de nos jours, les systèmes de sécurité ne font pas défaut. Au gré des déclinaisons et des options, on peut se procurer l’avertisseur de collision frontale, le système de surveillance des angles morts, la caméra de recul ainsi que l’alerte de franchissement de ligne.

Variété au menu

Comme dans la plupart des modèles Jeep, il existe une multiplicité de choix de boîtes de vitesses et de rouages d’entraînement. La seule chose qui demeure, c’est le moteur. Celui-ci est un quatre cylindres de 2,4 litres portant le ronflant nom de Tigershark, associé à une automatique à neuf rapports dans les versions luxueuses et à une boîte manuelle ou automatique à six rapports si vous optez pour le bas de la gamme.

Malgré son nom intimidant, ce quatre cylindres est passablement rugueux et accepte mal d’être poussé tandis que la boîte à neuf rapports déçoit par son manque d’homogénéité et des passages de vitesse parfois saccadés. Et ce neuvième rapport ne s’engage pas souvent. Si l’on pouvait trouver un groupe propulseur plus raffiné, ce serait un progrès.

Mais, pour respecter la réputation de la marque, les ingénieurs ont concocté différents rouages d’entraînement. Le Trailhawk cible une clientèle désirant rouler hors des sentiers. Il en résulte une garde au sol plus importante et une transmission intégrale sophistiquée. En effet, outre une capacité de remorquage de 907 kg (2 000 lb), le système Active Drive des versions 4x4 propose les modes Auto, Snow, Sand, Mud et Rock, ce dernier étant exclusif au Trailhawk. Celle-ci se démarque également par un rapport démultiplié et des pneus pour la conduite hors route. Ce qui en fait le Compass le plus polyvalent et le plus intéressant.

Le Compass est un modèle de compromis se situant entre une version quasiment citadine, le Renegade, et une autre variante plus robuste et plus onéreuse, le Cherokee. Malheureusement, ce trio n’est pas nécessairement à la hauteur de la concurrence. Le charisme de la marque Jeep compense aux yeux de plusieurs, mais on aurait pu faire mieux, même si en conduite journalière les défauts ne sont pas toujours apparents.

Feu vert

  • Silhouette réussie
  • Bonne habitabilité
  • Capacité hors route
  • Système multimédia convivial
  • Catalogue d’options étoffé

Feu rouge

  • Motorisation à revoir
  • Prix corsés
  • Places arrière inconfortables
  • Suspension sautillante
  • Insonorisation perfectible

Partager sur Facebook

Plus sur le sujet

Commentaires