Mercedes-AMG GT 2020 : performances orageuses

Points forts
  • Ligne exceptionnelle
  • Performances de haut niveau
  • Qualité d'habillage / finition
  • Tenue de route incroyable
Points faibles
  • Visibilité
  • Système multimédia complexe
  • Carrément inadaptée aux routes du Québec
Évaluation complète

Le printemps tarde à arriver chez nous, ce qui nous fait évidemment apprécier chaque rayon de soleil qui ose se pointer le bout du nez. Hélas, comme le hasard fait parfois mal les choses, il a fallu que nos premières journées nous donnant l’espoir d’un printemps me soient enlevées. Pourquoi? Parce que je prenais l’avion en direction de Stuttgart, pour aller conduire la nouvelle gamme des coupés et roadsters GT de Mercedes-AMG. Bon… je ne m’en suis pas plaint… bien au contraire! J’allais avoir la chance de découvrir des voitures exceptionnelles dans un environnement qui s’y prête. Parce que l’autobahn… ce n’est pas la 20! Or, ma seule déception était de constater à mon arrivée que les moments passés au volant de ces bolides allaient avoir lieu sous une pluie torrentielle, et à une température inférieure à celle du Québec. Zut!

À l’assaut de la 911

Mercedes-Benz est clair. Il vise avec l’AMG GT à créer un engouement à long terme, qui pourrait devenir un jour aussi fort et légendaire que celui que connaît aujourd’hui la Porsche 911. Sachant cela, pas surprenant que l’on multiplie ainsi les versions de ce bolide diabolique qui, pour 2020, entame déjà sa cinquième année d’existence.

Photo: Antoine Joubert

Entendons-nous, l’AMG GT n’a pas encore la faveur des amateurs, qui chérissent davantage la Porsche 911. À preuve, il se vendait l’an dernier en Amérique du Nord un peu plus de 11 000 de ces Porsche, alors que seulement 1 751 AMG GT trouvaient preneur. Essentiellement, du six pour un en faveur de Porsche.

Pas moins de cinq versions de la GT seront offertes pour 2020. Et cela exclut bien sûr la berline du même nom, proposant notamment un modèle hybride. En clair, Mercedes-Benz souhaite rejoindre la plus grande clientèle possible, afin que l’écart de popularité avec sa principale rivale germanique soit rétréci.

Photo: Antoine Joubert

GT R…

Un tirage au sort m’aura permis de débuter la séance d’essais au volant de la plus radicale (ou presque) des AMG GT. Au volant de la GT R, peinte d’un vert baptisé « Magno Enfer », couleur disponible au coût de 9 500 $. Cette affriolante bagnole était aussi équipée d’un ensemble de garnitures extérieures en carbone (6 000 $) et de jantes au fini noir mat, ajoutant un petit 1 500 $ en supplément. Essentiellement, une voiture d’un peu plus de 200 000 $, même si les prix n’ont pas été officiellement dévoilés pour 2020.

Difficile de passer inaperçu à son volant. Il suffit de mettre la voiture en marche pour qu’elle dévoile sa superbe : la sonorité littéralement violente du système d’échappement attire immédiatement l’attention. Et si ce n’est pas encore assez, il est possible de la modifier pour la rendre moins restrictive. Certainement pas la meilleure façon de développer de bonnes relations avec son voisinage!

Les sièges sport, fermes et enveloppants, vous confirment dès le moment de l’assise que l’expérience ne sera pas des plus confortables. Que l’on se trouve à bord d’une voiture sport d’exception s’adressant aux puristes. Et si la chose n’est pas claire, il suffit de jeter un œil dans le rétroviseur. On y aperçoit un gigantesque aileron qui vient essentiellement réduire de moitié la visibilité. Mais bon, considérant que cette voiture peut rouler à un peu plus de 300 km/h, vaut mieux regarder devant!

Photo: Antoine Joubert

Un parcours de plus de 200 kilomètres m’a permis de constater qu’en dépit de sa vocation athlétique, l’AMG GT R est capable de belles prouesses. Sa suspension adaptative, ses quatre roues directionnelles et ses différents modes de conduite permettent de composer facilement avec plusieurs situations.

Remarquez, je n’ai pu conduire sur des routes aussi esquintées que celles de notre métropole, mais il existe bel et bien un monde entre le mode de conduite le plus docile et l’extrême. Cela dit, la puissance est magistrale. En tout temps. Les 577 chevaux issus du V8 de 4,0 litres biturbo sont tous bien vivants, s’exprimant avec la fougue d’un pur-sang. Même les passages de vitesse qui ne s’effectuent qu’en quelques millisecondes intimident, sans doute en raison des coups de canon ressentis, et qui se font vivement entendre chaque fois que l’on passe au rapport supérieur.

Photo: Antoine Joubert

Presque caricaturale

Reprendre le volant de l’AMG GT m’a aussi rappelé à quel point cette voiture se situe aux limites de l’audace. Un pare-brise tronqué, un museau d’une longueur infinie et deux sièges pratiquement fixés à même l’essieu arrière. Un cocktail d’enfer pour obtenir des sensations dignes d’un sport extrême. Et parce qu’il s’agit de la version GT R, le tout est amplifié encore davantage en raison de la puissance, des éléments de suspension plus performants et d’une adhérence pneumatique quasi surréelle. Sans compter la ribambelle de béquilles électroniques vous permettant de vous découvrir des talents de pilote insoupçonnés!

Cela dit, l’AMG GT ne fait pas dans la dentelle. Puisque malgré toute la technologie qui s’y trouve, l’impression d’un violent muscle car est toujours palpable. Un peu à la façon d’une Corvette… le tout enrobé de cuirs plus nobles.

Photo: Antoine Joubert

Techno à gogo

L’AMG GT vous permet de calculer votre temps de piste, votre quart de mile et même votre 0-300 km/h! Parce que les gadgets électroniques à bord sont innombrables. Or, étant donné que Mercedes-Benz n’a jamais su faire les choses simplement, l’AMG GT troque cette année ses cadrans analogiques et ses boutons physiques pour une instrumentation et des touches numériques.

S’ajoute également à cela un nouveau pavé tactile que je qualifierais de dangereux, puisque cette voiture requiert toute l’attention de son conducteur, en tout temps. Bref, l’ergonomie demeure hélas le gros point faible de ce bolide qui, à la base, implique déjà l’acceptation de gros compromis de la part du conducteur. Car lorsque le levier de vitesses se situe au niveau de votre coude, c’est signe que la disposition des commandes n’est pas exactement parfaite!

Photo: Antoine Joubert

De la route à la piste

Après quelques heures passées à savourer la conduite, mais aussi à rager contre le système de navigation, le tracé de la journée m’amenait sur le prestigieux circuit d’Hockenheim (Hockenheimring) où j’allais pouvoir pousser la bête sans contrainte. Du moins, en théorie. Ouais… parce que mère Nature n’avait pas vu la chose de la même façon. Au point où les tours de circuit allaient être sérieusement compromis par la pluie.

Même le leader du groupe, Bernd Schneider (cinq fois champion du monde en DTM), admettrait avoir eu recours aux systèmes d’aide à la conduite pour tirer le meilleur de la voiture. Alors, imaginez ce qu’il en a été pour moi! Impossible d’exploiter les talents de la bête et surtout, de découvrir les réels effets des améliorations apportées à cette nouvelle Mercedes-AMG GT R PRO, qui avait spécialement été mise à notre disposition pour le circuit.

Une GT R PRO? Ça veut dire plusieurs innovations techniques visant à améliorer les prestations de l’AMG GT R, sans pour autant lui octroyer plus de puissance. En quelques mots, pensez à une suspension révisée et entièrement réglable, à des freins de composite/céramique, à des supports de moteur et transmission dont les réactions sont contrôlées électroniquement et à un différentiel à glissement limité qui, lui aussi, fait appel à l’électronique. Et le poids? Considérablement allégé. On ménage entre autres 3,6 kilos par siège et 2,3 kilos avec les barres stabilisatrices en fibre de carbone. Remarquez d’ailleurs l’utilisation accentuée de ce matériau, nécessaire aux volets latéraux, aux plaques de soubassement et aux becquets supplémentaires, qui contribuent à un appui encore plus impressionnant en virage. Du moins, en théorie!

Photo: Antoine Joubert

Du circuit, j’ai par la suite pris le volant d’un coupé GT C. Un modèle un tantinet moins performant (seulement 550 chevaux!), se démarquant par une touche luxueuse réellement épatante. Des sièges plus confortables décorés de coutures en diamant, un environnement feutré et quelques gadgets de luxe supplémentaires, allaient se trouver à bord. Ainsi, cette version illustre le summum en matière de raffinement dans la gamme AMG GT. Les prouesses routières ne sont évidemment pas en reste. Seulement, il m’apparaissait plus plausible de conduire cette voiture sans nécessairement avoir l’envie de se « garocher » sur un circuit.

Au terme d’une journée forte en émotions, mais quelque peu assombrie par la météo, il me fallait me poser la grande question : allais-je choisir l’AMG GT plutôt que la Porsche 911? Une AMG GT R PRO ou une 911 GT3 RS? Une Roadster AMG GT C ou un cabriolet 911 Turbo? Soudainement, j’ai simplement réalisé que le seul fait d’avoir le luxe de me poser la question était en soi une chance inouïe. Puis, j’ai tranché. Malgré tout… la 911.

Partager sur Facebook

Plus sur le sujet

Los AngelesUne mise à jour pour la Mercedes-AMG GT 2020
Au Salon de l’auto de Los Angeles , la division AMG de Mercedes-Benz a présenté son coupé GT revu et corrigé. Même si, du premier coup d’œil, on ne voit pas de changements significatifs. La GT arbore de nouveaux blocs optiques, un nouveau parechocs arrière et de nouvelles jantes en …
Premiers contactsMercedes-Benz CLA 2020 : on a resserré les boulons!
Pendant que les constructeurs américains éliminent plusieurs de leurs voitures pour ne se concentrer que sur les camions, Mercedes-Benz poursuit sa lancée en matière de multiplication des modèles. Par exemple, en plus de dévoiler au dernier Salon de New York la nouvelle mouture du camion GLS, on dévoilait aussi l’intention …
ActualitéFini les voitures Mercedes-AMG à propulsion?
Mercedes-Benz, qui a récemment annoncé que toutes les voitures AMG auront une version hybride rechargeable dans le futur, serait en train d’envisager un autre changement majeur pour sa division de performance : faut-il abandonner les systèmes à propulsion? « Nos clients nous ont donné la réponse et la plupart veulent …
ActualitéMoteur international de l’année 2019 : les gagnants
La compétition annuelle pour déterminer les meilleurs moteurs au monde vient de se terminer et les gagnants 2019 sont maintenant connus. Déjà sacré Meilleur moteur des 20 dernières années, le V8 biturbo de 3,9 litres de Ferrari a remporté le titre le plus convoité, celui du Moteur international de l’année, …
Commentaires