Nissan Murano, en manque de sportivité

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

On choisit un véhicule autant pour ses fonctionnalités que pour son look. Et dans bien des cas, c’est le look qui prime. Avouons-le tout de suite. Si le Nissan Murano n’affichait pas une carrosserie aussi typée, bien peu de gens auraient intérêt à se le procurer. Remarquez que ce qui est vrai pour le Murano l’est aussi pour la plupart des voitures. Lorsqu’il a été remanié, l’année dernière, les designers de Nissan devaient conserver et améliorer les attributs physiques du Murano, une opération très bien réussie!

Si les lignes extérieures du Murano sont dynamiques, celles de l’habitacle le sont tout autant. Auparavant, on était un peu déçu que le design du tableau de bord ne soit pas à la hauteur de celui de la carrosserie. Maintenant, c’est vivant tout en ne tombant pas dans le tape-à-l’œil. Le volant se prend bien en main, les jauges sont suffisamment grosses pour être facilement consultées et la plupart des boutons tombent sous la main et se manipulent relativement bien, même avec des gants d’hiver. Si le coffre à gants est de bonnes dimensions, il faut mentionner que les espaces de rangement sont pratiquement inexistants. D’ailleurs, les vide-poches dans les portières sont très, très petits, une tendance qui n’ira qu’en empirant puisque les normes de sécurité deviennent de plus en plus contraignantes pour les constructeurs.

Un habitacle fonctionnel

Les sièges avant sont confortables, mais y accéder est un peu ardu puisque le Murano est plutôt haut sur pattes. Une fois arrivé, par contre, le conducteur jouit d’une excellente visibilité… vers l’avant. Parce que vers les trois quarts arrière, c’est pénible, gracieuseté de piliers très esthétiques mais bien peu pratiques. Et durant l’hiver, l’essuie-glace gauche, celui devant le conducteur, laisse une large bande verticale non déblayée de deux ou trois pouces, ce qui réduit la visibilité. Les gens s’installant à l’arrière sont choyés puisque l’espace ne manque pas et que le moelleux des sièges invite aux longues randonnées. Sur un Murano LE essayé durant l’hiver, les sièges chauffants à l’arrière ont été fort appréciés. Les dossiers s’abaissent de façon 60/40 et forment un fond plat avec le plancher du coffre. Le hayon motorisé des versions les plus chères ouvre sur un grand espace de chargement dont le seuil est un peu trop haut à mon goût. Sous le plancher, on retrouve un système de rangement repliable. Avouons que même si ce n’est pas aussi grandiose que l’invention de la carte postale, c’est tout de même mieux que ce qu’offrent 95 % des autres constructeurs en matière de rangement dans le coffre.

Sur le plan de la mécanique, Nissan ne s’est pas trop forcé… Un seul moteur, une seule transmission, un seul rouage. Mais comme ces trois éléments se marient bien et travaillent de gaieté de cœur, on ne peut guère en vouloir à l’entreprise nipponne. Le moteur est un V6 de 3,5 litres utilisé, avec bonheur, à toutes les sauces chez Nissan. Il est puissant, discret et, grâce à sa technologie poussée, il ne consomme, selon les chiffres de Transport Canada, que 11,8 litres aux 100 km en ville. Un test hivernal a plutôt donné 14,6 litres aux 100 km, mais l’ordinateur de bord penchait toutefois pour 12,1. Alors choisissez! Et choisissez du super, soit dit en passant, le Murano ne s’abreuvant pas de liquide bas de gamme…

La CVT gagne ses lettres de noblesse

La transmission qu’on a accolée au V6 en est une de type à rapports continuellement variables (CVT). Alors qu’il y a à peine quelques années, j’avais plus de respect pour une Lada usagée que pour ce type de transmission, voilà que je « vire boutte pour boutte », comme disent ceux qui ont déjà perdu pied en haut d’un escalier. En effet, dans le Murano, son comportement est tout à fait correct et, sans doute grâce à l’insonorisation poussée, on ne sent pas les révolutions du moteur monter à n’en plus finir lors d’accélérations fermes. Elle parvient à maintenir le régime du moteur à des niveaux très acceptables. Par exemple, il ne « tourne » qu’à 1 800 tours/minute à 100 km/h et à 2 200 à 120 km/h. Cette transmission ne propose pas de mode manuel, ce qui n’a rien pour déplaire puisque la plupart des gens ne s’en servent que durant les premières journées de leur achat. Elle relaie la puissance aux quatre roues grâce à un rouage intégral dont le différentiel central peut être verrouillé. Comme le dégagement au sol est passablement élevé, on s’attend à des prouesses hors route relevées. Erreur. Le Murano n’a rien d’une chèvre des champs! Par contre, il se débrouille très bien lorsque les conditions routières se dégradent durant la blanche saison. Aux États-Unis, les acheteurs peuvent opter pour un Murano à roues avant motrices.

Sur la route, le Murano se veut beaucoup moins sportif que ses lignes le suggèrent. Certes, les performances du 3,5 litres ne sont pas à dédaigner, mais, malgré des suspensions parfois dures (surtout avec les pneus de 20 pouces qui vont coûter une fortune à changer), on sent qu’il est plus à l’aise sur l’autoroute que sur des routes secondaires sinueuses. Pourtant, il s’accroche avec ténacité au bitume. Si seulement la direction était plus directe et communicative…

Le Nissan Murano de nouvelle génération, si on en juge par la quantité rencontrée sur nos routes, semble apprécié des Québécois. Et pour plaire à un plus large public possible, plusieurs versions sont proposées, les plus huppées offrant le système de navigation, le système DVD à l’arrière mais aussi les pneus de 20 pouces qui, selon moi, ne valent pas le coût.

Feu vert

Style osé mais élégant
Mécanique au point
Consommation correcte
Habitacle silencieux
Coffre vaste

Feu rouge

Comportement peu sportif
Direction trop assistée
Suspensions un peu fermes
Visibilité trois quarts arrière pauvre
Intégrale de salon

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